ACTE I, SCÈNE IL
Nous la trouverons seule au- pied de la fontaine ;
Elle me Ta promis avec beaucoup de peine :
Qu'il entre, a-t-elle dit, car tu peux tout sur moi.
DIONIS
Que je te suis tenu !
DORISE
Venez , je l'aperçois.
DIO»IS
Ne faisons point de bruit.
DORISE
Comment ?
Dioiris. i.
Elle repose; Un sommeil gracieux tient sa paupière close ; Tois comme en tous ces lieux les zéphyrs sont (achés , £t murmurent de voir ces deux astres cachés :
Vois-tu comme, privé de leur douce lumière.
Ce jardin Test aussi de sa beauté première ?
Yoi^-tu comme ces fleurs ont perdu leurs appas ,
Parce que leurs soleils ne les regardent pas ?
Vois l'herbe sans vigueur! Mais, que j'ai d'imprudence!
Je sais mal , au besoin , observer le silence.
Retirons*nous sans bruit.
DORISE
Retirons.
xuÉLiiE^Jèignant de dormir.
Dionis !
Dioiris.
0 dieux ! j'ai trop parlé.
^^o AMÉLIE,
Quand serons-nous unis?
J*ai perdu , ïÀon souci , toute ma défiance , Et je ne doute plus de ton impatience.
Elle repose encore^
t)ioiris.
O dieux! qu'ai-je entendu?
AMELIEé
Le ciel t'accordera le bonheur qui t'est dû ; Les astres à l'envi nous combleront de joie; Leur bonté nous prépare une trame de soie : Nos vœux s'accompliront, et jamais deux amans Ne furent plus heureux après moins de tourmens»
DIONIS
O discours favorable!
I>ORISEk
Écoutons»
Dioiris.
O Dorise!
Qu'en cet heureux moment le ciel me favorise , Si ce divin sommeil n'est une illussion , S'il lui dicte ces mots à mon occasion I
noRisÊ.
J'en conjure le ciel.
Donne un mot de réponse Au favorable arrêt que ma voix te prononce. Quoi! tu ne réponds rien aux vœux que je te fais? Point de remercîmens après tant de souhaits ? Tu montrois tant de crainte, et tu vois l'espérance