LE PÈRE D'AMÉLIE, L\ NOURRICE
LE PÈBE.
O sort injurieux! des ennuis si cuisans
M'étaient donc réservés pour la fin de mes ans!
li n'étoit rien d'égal au repos de ma vie ;
Mes biens étoient plus grands que n'étoit mon envie;
Les plus chéris du sort parloient de mes plaisirs,
Et je ne trouvois plus d'ennuis à mes, désirs :
Faut-il qu'en ce bonheur une fille indiscrète
S'oppose aveuglément au bien que je souhaite?
Cet esprit libertin, tout respect étouffant^
Rit des avis d'un père , et suit ceux d'un enfant.
N'as-tu rien découvert d'une telle entreprise?
Toi qui tenois sa vie en ta garde commise,
Qui ressens en effet ou feins trop de douleur.
N'as-tu pu divertir sa perte et mon malheur?
Connoissant son esprit , ta longue expérience
Te devoit conseiller un peu de défiance ;
Tu voyois les ardeurs qu'elle a pour Dionis,
Et tu pouvois prévoir mes tourmens infinis.