‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 223 sur 437 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les MiftMEs; ÉRASTE, avec deux valets;

ensuite LISIDAN.

:ÉRAST£ , voyant Amélie.

Enfin la proie est notre.

AMELIE.

O malheur de mes jours!

Dionis, on m'enlève. Au voleur! au secours!

CLORis , tirant son epee.

Ce bras divertira leur criminelle envie : Votre perte dépend de celle de ma vie. Traîtres, adressez-moi vos injustes efforts. Ou ce fer se fait vo^e au travers de vos corps.

1ER AS TE, meitant Amélie entre les mains d/s

ses valets.

Il te faut contenter. O dieux ! en ce visage Je vois de ma Ctoris une brillante image.

( Il kisse tomber son épëe. \ GLORIS.

Hélas! qu'aî-je aperçu?

ÉRASTE

Je meurs d'ëtonnement.

(Il s'évanouit. ) CLORIS.

Je perds la voix et l'âme en ce ravissement.

(Elle s'éYaaouU. )

AM lÉLiE , au miUeu deux*

Dieux! qu'est-ce que je vois? Cet amant infidèle, Sans doute est le sujet des pleurs de cette belle. Rendez Téclat , madame , à ces charmans appas ; Qu'Eraste vous entende , et qu'il ne meure pas.

CLORIS

Hélas! Éraste est mort, et cette image vaine S'offre à moi seulement pour accroître ma peine : Je baiserai pourtant ce portrait de mon bien. O dieux! Je vois beaucoup, et si je ne vois rien: Si je eroyois mes yeux, voilà sa même bouche, Je vois soa même poil , c'est sa main que je touche , Je connois cet anneau qui fut mien autrefois , Et quand il a parlé j'ai reconnu sa voix. O divine douceur dont mon âme est ravie! Ai-je songé sa mort, ou loûrai-je sa vie? . Réponds uYi mot, Éraste.

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