SCÈNE V
Les MiftMEs; ÉRASTE, avec deux valets;
ensuite LISIDAN.
:ÉRAST£ , voyant Amélie.
Enfin la proie est notre.
AMELIE.
O malheur de mes jours!
Dionis, on m'enlève. Au voleur! au secours!
CLORis , tirant son epee.
Ce bras divertira leur criminelle envie : Votre perte dépend de celle de ma vie. Traîtres, adressez-moi vos injustes efforts. Ou ce fer se fait vo^e au travers de vos corps.
1ER AS TE, meitant Amélie entre les mains d/s
ses valets.
Il te faut contenter. O dieux ! en ce visage Je vois de ma Ctoris une brillante image.
( Il kisse tomber son épëe. \ GLORIS.
Hélas! qu'aî-je aperçu?
ÉRASTE
Je meurs d'ëtonnement.
(Il s'évanouit. ) CLORIS.
Je perds la voix et l'âme en ce ravissement.
(Elle s'éYaaouU. )
AM lÉLiE , au miUeu deux*
Dieux! qu'est-ce que je vois? Cet amant infidèle, Sans doute est le sujet des pleurs de cette belle. Rendez Téclat , madame , à ces charmans appas ; Qu'Eraste vous entende , et qu'il ne meure pas.
CLORIS
Hélas! Éraste est mort, et cette image vaine S'offre à moi seulement pour accroître ma peine : Je baiserai pourtant ce portrait de mon bien. O dieux! Je vois beaucoup, et si je ne vois rien: Si je eroyois mes yeux, voilà sa même bouche, Je vois soa même poil , c'est sa main que je touche , Je connois cet anneau qui fut mien autrefois , Et quand il a parlé j'ai reconnu sa voix. O divine douceur dont mon âme est ravie! Ai-je songé sa mort, ou loûrai-je sa vie? . Réponds uYi mot, Éraste.