ACTE V, SGÈNE II
Que c'est tëmérité que de voir vos attraits , Que je mourrai coupable en mourant de leurs traits : . Mon sort est au-dessous de la mort où j'aspire , Je devais éviter ce glorieux martyre ; J'ai pris trop de licence, et des rois seulement Sont dignes de mourir d'un si noble totrmeht.
Je me rends , je suis prise , et tant de modestie
Vous donne de mon cœur la meilleure prtie ;
Je vais fermer l'oreille aux vœux de 'Dioaîs ;
Toute raison est foible et tous respects bannis.
Espérez du remède à l'ardeur qui vous presse,
Et que ces doux baisers vous signent ma promesse^ . '
(£iles s^embrassent.)
DiOKis, a paru 0 dieux! que résoudrai-je en cette extrémité? N'avez-vous point de traits pour l'infidélité? II possède mon bien , il Tembrasse^ il la baise, Et je ne punis pas ce tyran de mon aise! C'-est trop délibérer»
àmIëlië.
Dieux I quelqu'un vient icîl
DIOKIS.
Ne vous contiraignez point*
Est-ce toi, mon souci?
Dïoms.
Que les baisers ^ontdoux sous ce divin feuillage! Que vous y recevez un agréable hommage! Que la fraîcheur de lombre accroît vos voluptés , £t dans un bon plaisir tient vos sen$ enchantés ! Tome II L q,%
Qu est-cè que tu me dis?
noifis.
Continuez, madame, Ces doucep prmutés à Tardeur qui J'enflamme ; Je ne publîrai ooint vos amoureux soupirs , Et rien n'en pariera que la voix des Zéphyrs.
En ce lieu frais 6t doux mon importune envi« Obligeoit cet amant au récit de sa vie,
CLORIS
J'entretenois madame , et ses chastes beautés Ne se disposoient point à d'autres privautés : Nous n'avons ni prévu ni craint cette venue , Et ce bras rfei^ondta de nôtre retenue.
DIONIS
Je ne crois que mes yeux : mais qu'elle ouvre les siens
Sur celui qui lui plaît, et m'ôte mes liens;
Que ce divin objet dédaigne ma franchise ,
Et qu'il se laisse prendre à sa dernière prise :
Je m'accuserai seul : un bien peut être ôté
Lorsque qui Ta reçu ne Va pas mente.
Sa beauté mlionoroit de trop de técoinpeûié ,
Et l'on peut révoquer une injuste sentence.
Eh bien! je l'aVoûrai, cet infidèle cœur
S'est affranchi des lois dé son premier vainqueur:
J'aime cet étt-anger; de secrètes jJuîssattcés'
Lui donnent mes désirs et -forccht hies défenses.
Que d'un commun dessein teë vàèttx sdittit refroidis;