ACTE V, SCÈNE IV
Dioiris.
Oui , iqpiis I4 mettre en peine C'est être criminel et mériter sa haine.
BRAJÏTE.
Ne me refusez point ce divertissement ;
Je me charge de tout , feignez bien seulement.
Les m^mes; AMELIE, CLORIS.
AMÉLIE, a Chris.
Tu veux de mon amour une preuve inutile ; Un favorable hymen peut t'en procurer mille ; Nous, devons avancer cette heureuse, union ^ Si tu joins ton avis à mon opinion.
CLORIS^ '
Ce suprême bonheur est le seul où j'aspire : L'affaire est d'importance , et- différée empire.
Tous respects à mes yeux se sont évanouis.
ÉRANTs, h Amélie.
Si bien
AMELIE, h Cloris.
Dieux! parlons bas.
jÉRAunrjE. • .
Je vous ai bien ouïs.
Mais ne contraignez poîijt yotris ardeur aiijpii^reusejj Dionis est beureu?^ si vpqs êtes heui^'euse ;
Un plus beau nœud succède i son premier lien^ ^
Et votre changement autorise le sien.
* niovris.
Madame , que le ciel s'oppose à mon envie
Si j'avois proposé de changer de ma vie,
Et si je ne voyois d'un œil indifférent
Cette divine Erante à qui mon cœur se rend.
Vos rigueurs ont trouvé ma constance invincible :
Mais vous m'offensez plus volage qu'insensible;
Et je redoutois moins, lorsque je fus atteint,
De constantes froideurs qu'ua brasier qui s'éteint.
Je n'ai point murmuré ; le respect qui me reste
M'a fait souffrir sans plainte un tort si manifeste:
Mais ne vous blâmant point je vous peux imiter;
Un de -ces deux effets ne se peut éviter;
Je change coinme vous , et sans peur qu'on m'accuse;
On a droit de reprendre un présent qu'on refuse;
Je ne m'oppose point à vos prospérités ;
Une autre a bien voulu ce que vous rejetez :
A mes chastes desseins Lisidan cède Erante ,
De qui l'affection m'est as^ez apparente.
Eh bien! vivez content.
■•ÉJlAlfTE. ■
Enfin j'ai le secours Que je n'espérois pas à mes chastes aj^iours. Dieux! la rare faveur et l'extrême assistance Que ma fidélité doit à votre: inconstance 1
AM]éLIE.
Dionis vaut beaucoup, riiais un plus beau vainqueur A la gloire , ma sœur , de' lui ravir mon cœur ;