‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 238 sur 437 · Tome III · texte numérisé non relu

Tome III

356 NOTICE

quelques passages des Sosies , que ce grand

peintre a plus qu imites.

Dans la scène U du premier acte Mercure répond à toutes les questions de Sosie , qui ^ étonne ^ ajoute en à parte , conune chez Molière :

Je suis sans repartie après cette merveille S'il n'étoit par hasard cache dans la bouteille.

Quand Amphitryon , en ouwant le second acte 9 demande a Sosie quel est celui qui la chasse de la maison :

AMPHITRYON

£t qui t'en a chasse.

SOSIE

Moi , ne ¥ous dis*je pas 7 Moi, que j'ai rencontré ; moi , qui suis sur la porte ; Moi, qui me suis moi-même ajusté de la sorte; Moi , qui me suis chargé d'une grêle de coups : Ce moi qui m'a parlé , ce'moi qui suis chez tous.

' Mercure sous la figure de Sosie défend à Amphitryon Fentrëe de sa propre maison :

AMPAlTRYOïr.

Sosie?.

MERCURE

E& bien ! c'est moi. Crois-tu que je l'oublie ? Achevé; que veux-tu?

AMPHITRTOV.

Traître , ce que je veux?

Que ne ?eux-tu donc point? réponds-moi si tu peux.

Il pense s'adresser à quelqu'hôtellerie , ,

De la façon qu'il frappe , et qu'il parle et qu'il crie^

Eh bien ! m'as-tu , stupide , assez considéré ?

Si l'on mangeoit des yeux , iV m'àuroit dévoré.

AMPHITRYON

Quel orage de coups va pleuvoir sur ta tête I Moi-même j'ai pitié des maux que je t'apprête.

Indépendamment de scènes entières , Molière s est encore empare des mots heureux qu'il a puises dans Rotrou.

Allons , mais que les coups , s'il se peut , n'en soient plus.

Point , point d'Amphitryon oii l'on ne dîne point.

Cet honneur, ce me semble , est un triste avantage ; • On appelle cela lui sucrer le breuvage , etc.

Ces imitations seroient encore plus remarquables si la pièce de Molière eût été écrite en grands vers comme celle de Rotrou. Peut-être même Molière n'a-t-il écrit son Amphitryon en vers libres qu afin de pouvoir s'emparer plus facilement des idées de son prédécesseur sans se faire accuser de plagiat.

Rotrou 5 à l'exemple de Plante , suivi aussi par Molière, a fait précéder sa pièce d'un prologue dont l'idée est toute à lui , et dans lequel Junon vient exhaler sa jalousie contre Jupiter, et lui prédire un rival dans le fruit qui résultera de son intrigue avec Alcmène.

Cette comédie de Rotrou, fort remarquable, a passé pour un des chefs-d'œuvre de son auteur, jusqu'à ce que celui de Molière l'eût fait tomber dans l'oubli : elle eut un très-grand succès.

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ACTEURS

JUNON , faisant le prologue.

JUPITER, sons la ressemblance d' Amphitryon, MERCURE f sous la ressemblance de Sosie. AMPHITRYON, mari d'Alcmëne.

ALGMENE , femme d'Amphitryon.

GÊPHALIE , suivante d'Alcmëne.

SOSIE, valet d' Amphitryon.

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