ACTE III
DIANE, ARDÉNIE.
DIANE
Admire les beautés don,t Ht terre est pourvue; Ypis de combiiaKi de fleurs elle encbaate ia vue; Cette diversité qu'elle présente ajux yeux Peut dis|>uj:e;r du prix avec cette des cim^. Que ne vient avec nops méditer Daraïde , Sur les bords émailiés de ce cristal bujnidie?
ARDijC;¥.
Connoissant son humeur, je m'étonne comment Elle peut mépriser ce divertissement.
Elle est seule en la tour; et je suis peu sepséfs^ Ou quelque, inquiétude occu,pe sa pea;isée.
Qui la peut trav<!9?ser?
AaD;ÉNI£.
Je ne le puis savoir; Mais je vous dirai bi^n ce que j'en ai pu voir. L'allant çntret^ir ce matin ^ je l'ai v.ue Les yeux mouillés^ de pleurs sur son lit éteu^uev
4o AGÉSILA.N DE COLCHOS,
£t^ sans porter sa voix aux endroits d'alentour , y S'écrier quelquefois : O bel astre d'amour! A ces mots vers le ciel seà belles mains haussées Sembloient muettement exprimer ses pensées. Moi, pour la laisser libre et ne la fâcher pas^ Pleine d'étonnement j'ai rebroussé mes pas.
DIAITE.
Quel est ton sentiment ?
ARPENIE.
Mais le votre?
DIANE
Qu'elle aime.
Mais qui ?
ARDIÉNIE.
Que savons-nous? c'est peut-être vous-même. Ne remarquez-vous pas l'honneur qu'elle vous rend, Les discours qu'elle tient, et le soin qu'elle prend? Jamais un serviteur a-t-il pour une dame Témoigné plus de zèle et montré plus de flamme?
DIANE
Mais quel seroit le fruit de cette passion?
ARDENIE.
Le bien d'avoir suivi son inclination , Et le plaisir d'aimer la beauté dans l'extrême Qu'elle ne peut trouver que dans son sexe même. Eu effet, la nature a d'un pinceau si doux Tiré les moindres traits que l'on remarque en vous^ Et , voulant à plaisir composer ce visage , A si bien réussi dans ce parfait ouvrage, . Qu'il faut qu'également les dieux et les mortels Confessent que jamais ils n'en ont vu de tels :