‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 25 sur 437 · ACTE Itl, SCÈNE I. 4i · texte numérisé non relu

ACTE Itl, SCÈNE I. 4i

Youscharmez tout le monde, et plût au ciel qu'au temple On portât pour nos dieux Toeil dont on vous contemple! Combien seroîent chéris leurs mystères sacrés , £t combien leurs autels seroîent plus révérés!

DIANE

Si ton intention est de me rendre vaine,

Tu le peux , ma cousine, avec fort peu de peine:

Encore un mot , encore un compliment pareil ,

Et tu mettras Diane au-dessus du soleil ;

Je croirai que tout cède à mon mérite extrême ,

Et je m'estimerai seule égale à moi-même.

Tu ne vois qu'un défaut où tout est si charmant,

Cest que je ne te puis rendre ton compliment,

Que je ne puis parler comme je le désire ,

Et que m'ayant tout dit je n'ai plus rien à dire.

Mais changeons de discours : ne confesses-tu pas

Qu a tes yeux Daralde a de charmans appas ?

Qu elle porte un regard , rie , ou discoure , ou chante ,

Est-il oreilles, yeux, ni cœur qu'elle n'enchante?

Combien vaut un esprit rare comme le sien !

Combien sa belle humeur, combien son entretien!

Moi, sans vous la nommer ni rare ni divine, h voudrois que l'amant que le ciel me destine , Si je mérite assez pour en espérer un , Eût tout, hormis le sexe, avec elle commun : Elle n^a rien en soi qui ne me satisfasse , Et ne fait action ni pas qui n'ait sa grâce.

DIANE

Voilà tout exprimer , mais en termes si doux , Que je te vois déjà d'un œil un peu jaloux : U me fâche déjà d'avoir une rivale.

Pour la cramdre , il faudroit qu'elle vous fût égale. Quelque si forte ardeur qui m'embrasât le sein , Que pdurrois-je espérer où vous avez dessein ^ , Et qui vous peut aimer sans vous être fidèle ?

Un duel , en tous cas , finiroit la querelle.

ARJDÉIÎIE.

Un duel de baisers ?

DIANE

Et je l'entends ainsi.

Mais tu sais le dessein qui m'amenoit ici , De donner un moment au bord de ces fontaines, Que frisent les zéphyrs de leurs fraîches haleines. Oîi vas-tu cependant?

ARDIËNIE.

Parmi ces belles fleurs , Vous choisir un bouquet de diverses couleurs,, Mais de roses surtout et dont l'odeur soit rare ; Car de vous en faire ^n à dessein qu'il vous pare , On sait que vous pouvez en porter seulement Pour la honte des fleurs , non pour vojtre, ornement.

DIANE

Fais, tu m'obligeras.

(Elle se couche près de la fontaine. )

, A R D £ N I £ , cueillant ,desfieurs»

Cueillons les moins éclpsqs ; Commençons par l'œillet^ ajoutons-y les roses. Que cet-émail est rare , et que l'œil enchanté S'égare doucement dans sa diversité !

Mais, ô beaux ornemens dont la terre est parée y

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