ACTE II, SCÈNE III. SgS
Et que ce bon nocher pût introduire au monde L'art de ramer sur terre aussi-bien que sur l'onde?
AMPHITRYON
Tu nous brouilles encore en cette occasion , Et veux entretenir cette confusion.
SOSIE
C'est irriter les fous que de les contredire : La folie est un mal que le remède empire.
AMPHITRYON, à ^/c/wè/2e.
A quoi dois-je imputer un si mauvais accueil? A ton extravagance, ou bien à ton orgueil? Est-ce là cet abord de respect et de flamme Que doit à son époux une pudique femme ? Sont-ce là ces transports d'amour et de devoir Qu'en ces occasions tu m'as toujours fait voir?
ALGMilNE.
Hier, à votre arrivée, avec quelle allégresse Vous vins-je recevoir et vous fis-je caresse ! Je craignis justement que ma civilité Ne passât du devoir à l'importunité.
CEPHALIE.
S'il en étoit besoin, j'en rendrois témoignage.
AMPHITRYON, CL Sosie.
Nous sommes tous deux fous, si l'une et l'autre est sage.
SOSIE
Mais peut-être tous quatre , et c'est mon sentiment.
AMPHITRVpN.
Alcmène, est-ce folie ou divertissement?
Que t'est-il arrivé? quelle douleur te presse? Ce fâcheux accident naît-il de ta grossesse?
ALCMÈIfE.
Je parle sainement.
AMPHITRYON
Moi , je vins hier ici ?
Tu Toses soutenir ?
▲ LCMÈNE.
Vous, et Sosie aussi.
SOSIE
Oui , mais je n'entrai pas.
Sa manière est extrême!
SOSIE
Et j^ ï^'y vis que moi , qui m'en chassai moi-même.
AMPHITRYON
Ecoute, ^Icmène, et crois ce fidèle rapport: Nos vaisseaux cette nuit se sont rendus au port, Oïl j'ai pris le repas, où j'ai la nuit passée, Oïl l'espoir de ta vue a flatté ma pensée , D'oïl nous sommes partis ce matin seulement, Et d'où nous arrivons en ce même moment.
ALCMÈNE
Faites à vos discours trahir votre mémoire , Croyez ce qui n'est pas si' vous le voulez croire , Et divertissez-vous à me mettre en souci ; Mais dès hier arrivés, vous mangeâtes ici. D'où vous n'êtes partis qu'au réveil de l'aurore.
AMPHITRYON
Je ne me connois plus^ moi-même je m'ignore.
ALGMÈNE.
De quoi puis-je tenir , sinon de votre voix , L'agréable récit du fruit de vos exploits,