ACTE in, SCÈNfe II. 4ti
ALCHÈNE.
Quel pardon n'obtiendroit un si beau repentir? Mon cœur en est touché jusc[uà le ressentir. D'une et d^autre façon j'ai beaucoup d'innocenoe; Je prends part au supplice, et j'ai reçu l'oflense.
JTJPltÈïl.
La glace brûlera quand ce cœur généreux Aura pu concevoir un dessein rigoureux; Alors qu'un souveraiil de si noble naissance Pourra cruellement user de sa puissance; Que ce sein, le palais des Grâces et d'Amour, Aura pu d'un tyran devenir le séjour.
Aussi , certes , à voir ce miracle visible , On est bien insensé si l'on est insensible : Pour moi| si^ souverain des dieux et des mortels, Je voyois cet objet au pied de mes autels , M'en laissant adoref je croirots faire un crime ; Je voudrois de son dieu devenir sa victime ; Et je croirois du pqx de la terre et des cieux N'acheter pas assez un regard de ses yeux. Juge combien l'espoir d'obtenir davantage Mettroit donc d'artifice et de soins eu usage ; Et si ni ton époux , ni ta fidélité , Aux vœux d'un tel rival soustrairoient ta beauté.
ALCMÈITE.
Cet éloge affecté, cette ardeur sitôt née. Sortent à mon avis des lois de Thyménée ; Un pareil compliment ne vous est pas commun.
JUPITER
Je ne l'achève pas puisqu'il t'est importun : Il témoigne en effet un peu de jalousie,
/|i2 LES SOSIES,
(ACéphalie.)
Mais qui ne te nuit poiîit. Vous , appelez Sosie ; Qu'il amène les chefs du reste dés soldats , S'ils sont encore au port , prendre ici le repas.
(A part.)
Ainsi de h, maison sans soupçon je le chasse , Oii Mercure aussitôt occupera sa place:
( Cëphalie sort.)