ACTE I, SCÈNE IL
D'aller voir cette yille à nulle autre seconde , Oïl te Tibre à pas lents fait promener son onde. Dès demain, Lindamor, sitôt que le soleil Fera sur l'orient briller son teint vermeil , Partons pour ce voyage , ayant pris de mon père , Sur cette intention , l'aveu que j'en espère.
LINDAMOR.
Quoi! sans voir Théodose?
D. ANTOIITE.
Et sans que de ma part On l'en aille avertir, qu'après notre départ: Autrement y ne crois pas qu'un discours, plein de charmes, Secondé de sanglots, de soupirs, et de larmes, Vu l'état déplorable oii je la vais laisser, Ne blâmât ce dessein, ou ne le fît cesser.
LINDAMOK.
Quant à Léocadie, au point où sont les choses. Elle peut méditer sur ces "métamorphoses , Et, refaisant accord avec sa chasteté.
Souffrir encore un temps cette incommodité.
B. ANTOINE
Sa seule occasion m'oblige à ce voyage;
Je crains que de nouveau sa beauté né m'engage;
En effet, quel serois-je après ce que je fus,
Ses imporl;unités m'obligeant au refus ,
Et quelle bienséance après cette poursuite,
Quand elb me suivroit , me permettroit la fuite ?
Même un mot de ma main qu'elle exigea de moi
Pour me promettre, tout l'assure de ma foi.
Mais ma flamme cessant, que son attente cesse,
Son honneur conservé dégage ma promesse: Qui ne demande plus se réserve le sien, Et j'acquitte-ma dette en ne recevant rien.
(Ils sortent]