SCÈNE III
LÉOCADIË seule ^ en habit de nuit.
Astres, globes roulans sur la voûte céleste,
Suivez plus lentement le chemin qui vous reste.
Du surplus de mes nuits accourcissez mes jours;
Antoine ne vient point , et vous courez toujours.
Même, comme à dessein d*empêcher sa venue.
Vos rayons peu courtois ne passent pas la nue,
Et la nuit semble exprès opposer à ses pas
Une ombre que le jour ne dissiperait pas.
O nuiti de tant d'amour fidèle confidente.
Toi qui luis quand tu veux de tant de feux ardente,
Toi qui , quand il te plaît , sais si courtoisement
Eclairer et couvrir les larcins d'un amant.
Des secrets de mon âme unique secrétaire ,
Déesse du repos , pourquoi m'es-tu contraire ?
Laisse briller les feux à l'Olympe attachés.
Et fais, cruelle, au moins grâce aux premiers péchés.
Tu n'éclaireras pas l'incestueux martyre
De Caune et de Biblis, de Myrrhe et de Cynire;
Tu favoriseras des feux presque innocens.
Et qu'Hymen est tout prêt de permettre à nos sens.
Par ce consentement Antoine me prépare
A tromper la rigueur d'un père trop avare ,
Qui choque nos amours par son autorité^