ACTE I, SCÈNE IV
Si ton pied pour le moin^ ne suivoit qu'une route, Où ma main t'atteignant pût écl^ircir poii dpute I Mais tes pas confondus se dérobent aux pii^ns : Je t'atteirydrai pourtant. Parb eiiSa 9 j^ t? tiens.
n. sAircHE.
Que te dirai-je^ hélas! fille, non plus ma fille, Mais roppr9bre et l'horreur de toute ma famille! Que veux-tu que je die en l'état où je suis, Et quel discours te peut exprimer mes ennuis?
LioGADI£.
O cruelle disgrâce! ô fille infortunée!
Pourquoi ne suis-je morte , où pourquoi suis-je née ?
Rentre, rentre , lascive , et que ta passion , Me commette le soin de ta réception.
Heureux de ton bonheur, et joyeux de ta joie, Jusque dedans ton sein je conduirai ta proie. Va, rentre, il ira bien, cet objet de tes vœux. Porter jusqu'à ton lit les baisers que tu veux.
LÉOGADIE.
Evitons sa fureur.
(Elle sort») D. SANCHE.
Tranchez, mes destinées.
Tranchez le triste cours de mes vieilles années. En si juste sujet d'invoquer le trépas , Aimer encor le jour seroit ne s'aimer pas. Vous qu'on peint à nos yeux si dures et si Gères, Des trames des mortels immortelles ouvrières, Avec quelles bontés épargnez-vous mes ans, S'ils sont même importuns à mes propres enfans!
Quelle flamme, quel fer, quel poison, quelle peste, Au prix de cet afFront, pouvoit m'étre funeste? Qu'aî-je vu, malheureux ? que ne m'ont fait les dieux Naître pour mon repos insensible ou saiisyeux? Je m'étois bien douté qu'enfin tant de visites De l'honnête entretien passeroient; les limites,, Et qu'un monstre funeste à sa pudicité L'abordoit sous l'habit de la civilité.
O soupçon ,, dont l'effet trop certain me délivre, Pourquoi m'as-tu , cruel , conseillé de la suivre ? Que ne me laissois-tu dans mon lit endormi? Le malheur ignoré n'est malheur qu'à demi; L'oubli seul doit guérir une doute importune ; Vouloir trop s'éclaircir, irrite la fortune; L'aveugle ne veut pas qu'on l'importune ainsi , Et souvent trop chercher fait tr(^ trouver aussi.
FIN DU PREMIER ACTE