LÉOCADIE, THÉODOSE
THÉODOSE
Le sort seroit-il bien à mes vœux si propice Que vous m^obligeassiez à quelque bon ofBce? Belle rivale , hélas ! de quelle passion Vous me verriez portée à cette humble action ! J'ai raison, grâce aux dieux, de louer ma fortune. Mais en quelque façon mon bonheur m'importune , Parce que je connois qu'il vous est importun': Il me seroit plus doux s'il vous étoit commun.
l]£ocaDi£, a part.
Chétive que je suis, mon malheur est extrême ^ Jusques à m'obliger à ma rivale même ! La subtile qu'elle est, en m'ôtant mon amtot, Ote encore la justice à mon ressentiment.
THIÎODOSE.
Certes c'est aujourd'hui , si jamais aiventure A dû faire éprouver ce que peut la nature, Que je dois admirer son extrême pouvoir; Et pour le bien sentir il ne faut que vous voir : Cette grande artisane a dans certains visages Mis de secrets moyens de gagner les courages , A qui par dessein même on ne peut résister, Et c'est une faveur que vous pouvez vanter. A peine je vous vois que cette loi secrète A vos perfections me rend humble sujette , ^