‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 364 sur 437 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ORANTÉE, LE COMTE; Gardes.

LE GOMTË«

iSeigheur, au nom du roi, j'arrête votre altesse,

OAANTJÉE.

Raillez-vous ?

LE COMTE

J'obéis , et j'en ai charge expresse,

CRANTEE.

Comte! f

Seigneur!

556 LAUI^E PERSÉCUTÉE,

ORANTÉE.

Passez , que de semblables jeux Ne soient à leur auteur des plaisirs hasardeux : Songee à votre tête.

£E COMTE

En cas de raillerie, Je pourrois justement craindre votre furie , Et je craindrois encor pour ma témérité Si je vous arrêtois de mon autorité :

Mais le roi m obligeant à cette violence , Accusez sa rigueur^ non pas mon insolence; Son ordre est un bouclier à la main qui le sert y Et ce même bouclier tient ma tête à couvert

ORAir TÉ£.

Eh ! comte , d'où lui naît cette aveugle colère Qui lui fait dépouiller tout sentiment de père , Et le veut obliger à punir en son fils Ce qu'il pardonneroit même à ses ennemis? Qu'il expose mon crime à l'exacte censure Du plus sévère esprit qui soit en la nature ; Que mon pire ennemi rende ce jugement , Loin de me condamner il plaindra mon tourment : Aimer est mon forfait, et mon juge est mon père. Quel forfait est plus doux? quel juge plus sévère? Jamais de ce beau feu ne fut-il enflammé, Et puis-je être son fils s'il n'a jamais aimé?

LE COMTE

Aimer est un beau crime , et surtout excusable ; Mais l'inégalité rend le choix méprisable. Il souhaite à vos vœux plus de proportion; Il condamne Tobjet , non pas la passion.

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