ACTE I, SCÈNE L
Car cette Laure enfin que j'ai tant abaissée , Passe tous les efforts de l'humaine pensée; J'ai fait un monstre affreux d'une divinité : Mais le roi nous oblige à cette lâcheté.
CRANTÉE.
Tu ne pouvois pas mieux qu'avec les mêmes armes , |
Ni plus tôt réparer le tort fait à ses charmes :
Tu m'obliges autant que tu m*as offensé ,
Et tu relèves mieux que tu n'as abaissé.
Allons, ta complaisance à ton dessein me range,
Et ma prison sera le fruit de ta louange.
LE COMTE
Quel importun devoir m'est enjoint aujourd'hui !
CRANTÉE.
Ya, comte, je me rends; c'est assez, je te suis.
LE GCMTE.
Attendant votre paix, ces gardes que je laisse En votre appartement suivront donc votre altesse.
CRANTÉE.
Allons.
LE GCMTE.
Croyez , seigneur, que la bonté du roi Révoquera bientôt cette sévère loi.
(Ils sortent.)
56o LAURE PERSÉCUTÉE,