‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 50 sur 437 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ARDÉNIE, DARINEL.

Ecoute , Darinel quelle triste nouvelle , Excite en ton esprit cette douleur cruelle.

DARIXEL.

Il se pass^ un mystère où je ne comprends rien; On fait un homme mort qui se porte fort bien. Cette feinte est un jeu dont j'ignore la cause; Florisel endormi dessus un lit repose.

O dieux! que me dis-tu?

J>ARIN£L.

Je suis mon maître ; adieu.

Quel dessein a conduit Florisel en ce lieu? Contente mon désir^.

PAAINEL.

Il s*est , par un naufrage, Parmi ses gens péris, trouvé sur le rivage; Et comme nous partions, nous l'avons reconnu: Sur la foi de mon maître il est ici venu ; Et je crois qu'un combat doit aux yeux de la reine Exercer leur valeur et contenter sa haine.

XKDÈNIE.

Viens , faisons mort eticor celui qui ne l'est point ;

Il faut tromper Diane, accorde-moi ce point :

Elle aime Agésilati; quoiqu'elle dissimule,

Je j:'econnois assez le feu dont elle brûle.

Mais, pour mieux l'éprouver, annonce- lui sa mort;

Nous verrons quel effet produira ce rapport ;

Dis-lui qu'ayant au. ciel poussé de longues plaintes,

Qui prouvoient de son cœnr les mortelles atteintes ,

Et blâmaiit la rigueur dont elle l'a traité

Dedans le sein de l'onde il s'est pçécipité.

Alors tu connaîtras si son amour la touche ,

Tu verrai que ses yeux déiïientironlf sa bouche.

Elle traitoit taâtôi un si parfait amant

Avec trop de mépris et trop indignement :

Il faut savoir au vrai combien elle est atteinte.

DARIITEL.

Laissez-moi seulement conduire cette feinte.

( Ârdcnie et Dariûel sortent. )

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