SCÈNE II
ARDÉNIE, DARINEL.
Ecoute , Darinel quelle triste nouvelle , Excite en ton esprit cette douleur cruelle.
DARIXEL.
Il se pass^ un mystère où je ne comprends rien; On fait un homme mort qui se porte fort bien. Cette feinte est un jeu dont j'ignore la cause; Florisel endormi dessus un lit repose.
O dieux! que me dis-tu?
J>ARIN£L.
Je suis mon maître ; adieu.
Quel dessein a conduit Florisel en ce lieu? Contente mon désir^.
PAAINEL.
Il s*est , par un naufrage, Parmi ses gens péris, trouvé sur le rivage; Et comme nous partions, nous l'avons reconnu: Sur la foi de mon maître il est ici venu ; Et je crois qu'un combat doit aux yeux de la reine Exercer leur valeur et contenter sa haine.
XKDÈNIE.
Viens , faisons mort eticor celui qui ne l'est point ;
Il faut tromper Diane, accorde-moi ce point :
Elle aime Agésilati; quoiqu'elle dissimule,
Je j:'econnois assez le feu dont elle brûle.
Mais, pour mieux l'éprouver, annonce- lui sa mort;
Nous verrons quel effet produira ce rapport ;
Dis-lui qu'ayant au. ciel poussé de longues plaintes,
Qui prouvoient de son cœnr les mortelles atteintes ,
Et blâmaiit la rigueur dont elle l'a traité
Dedans le sein de l'onde il s'est pçécipité.
Alors tu connaîtras si son amour la touche ,
Tu verrai que ses yeux déiïientironlf sa bouche.
Elle traitoit taâtôi un si parfait amant
Avec trop de mépris et trop indignement :
Il faut savoir au vrai combien elle est atteinte.
DARIITEL.
Laissez-moi seulement conduire cette feinte.
( Ârdcnie et Dariûel sortent. )