Tome III
8a AGÉSILAN DE COLCHOS,
' Peut-être que seà yeux , ces vainqueurs si barbares , De quelques pleurs au moins ne seront pas avares : Des vainqueurs quelquefois ont pleuré des vaincus: Je dois mourir pour lui, si pour lui je vécus; Prouvons tout ce que peut un amour dans l'extrême. Et recouvrons l'honneur en nous perdant nous-^méme : Souffrez
Madame , ô dieux que délibérez-* vous?
Tournez conti'e mon sein , tournez votre courroux : De votre désespoir je suis la seule cause; C'est moi qui cet objet à vos regards expose;^ C'est moi seule qui 6s renaître vos soucis ^ Que l'absence et le temps- vous avoient adoticis; Seule je dois mourir.
SiDONïE.
O défense importune !
Laisse achever ma vie ou change ma fortune : Un coup m'affranchira des rigueurs de sa loi. Un coup m'ôte le jour.
FLORiSEL, s^é^feillant.
Dieux ! qu'est-ce que je vois ?
Que fait la reine? 6 ciel ! quelle funeste envie Arme son propre bras contre sa propre vie? Aidons à détourner ce dessein furieux.
SIDÛKIE.
Agréable ennemi , doux charme de mes yeux, Invincible vainqueur des plus nobles franchises , Pourquoi veux-tu sauver celle que tu méprises? Qui te fait, Florisel, détourner mon trépas? Laisse prendre à la Mort ce que tu ne veux pas :