ACTE I, SCÈNE II. xi
Qu'à mon tour ye la baise. O charmes infihis ! Telle ne fut jamais Vénus pour Adonis.
AGÉSlh/LN.
O dieux! quun prompt effet
BRVNIÊO.
Qoelle pitié cruelle Redonne à mon esprit, sa dépouille mortelle ; Et quelle charité vous fait mal à propos Me rendre à la douleur et troubler mon* repos ?
▲GÉSILAN.
Mais qui vpus rend plutôt à vc^uâ-même contraire? Si vous fuyez le jour^ quel objet peut vou^ pliiire ? Ranimez , ranimez ce courage abattu Qui lais8(e à votre mal céder voOre vertu. Quelle ^ue soit pour nous l'humeur de ia fortuné, La vie aux ^ens de cœur n'est ja^mais impsortusie. Contez-nous eu deux mots par quelle adversité /
Le ciel vous a réduit à cette extrémité.
BRUNEO, -penché sur les genoux dCAgésUcm.
Je veux vous obéir, au moins si ma faiblesse Encor assez de voix et de vigueur me laisse. Voyez , brave guerrier , en cet écu fatal , Sous les traits d'un portrait la cause de mon mal.
AGÉSILAN
O rare et divine merveille!
Telle n'est la mare d'Amour Quand à l'univers qui sommeille Elle vien£ annoncer le jour.
Telle ne vient , ni si brillante , Au son du cor et de la voix
i4 AGÉSILAN DE COLCHÔS,
Du jeune chasseur qui Tenchante , L'illustre courrière des mois.
Et telle n'est au ciel Pâmante De cet homicide innocent^ Que la mort de Procris tourmente Autant jque l'amour qu'il ressent.
BRUNEO.
S'il vous est agréable, apprenez en deux mots Quelle est cette beauté fatale à nion repos. Sidonie est un nom connu de tout )e monde : Au printemps de ses jours elle étoit sans seconde ;
{ Sa beauté fut l'aimant des princes d'alentour , Qui jadis tous en foule abordoient en sa cour. La Guindaye est une île à son pouvoir soumise ^ Où cent rois chaque jour apportaient leur franchise. Mais un seul rendit sien , à la honte de tous , L'objet de tant d'amans et de tant de jaloux : Florisel (c'est son nom) , sous les fausses promesses D'un futur hyménée, attira ses caresses; Toutes les privautés que l'on peut commencer, Et tout ce qu'une amante a moyen d'avancer, Tout ce que peut permettre une ardeur infinie , Le jeune Florisel l'obtint de Sidonie.
]\|[ais elle apprit bientôt,. à sa confusion. Qu'il nuit d'être prodigue en cette occasion ; Qu'à tort avant l'hymen la fille s'abandonne , Et perd ce qu'elle a pris, alors qu'elle se donne.
. Souvent de là rigueur dépend la sûreté; Le captif que l'on plaint songe à sa liberté. Tel , comblé des faveurs d'une amante indiscrète , Cet infidèle enfin pratique sa retraite,