ACTE III, SCÈNE I. . i^j
Et fais charger de fers les maios qui te captivent; Que l'horreur d'un cachot épouvaaUble ^ affreux , - Te venge du mépris qu elle fait de tes vceux^ Fais de ce même pas accomplir ton davie^ £t De revois jam2|i$ ces tyrans de ta vie.
RiiRifAirTi:.
Sire, avant que d'entrer en ce funeste lieu. Qu'an baiser nous sépare et signe notre adieu. Quoi ! vous tenez encor mon ardeur incertaine , Et sonder votre amour c'est gagner votre haine? Ouvrez, ouvrez ce sein, ce coup me sera doux: Yojez-y de quel feu mon cœur brûle pour vous; Et si vous n'êtes pas satisfait de ses peines j Augmentez mes tourmens et redoublez mes chaînes.
FÉLisMoirn.
Reine de mes déairs, doux charmes de mes sens, Quel plaisir est égal au transport que je sens ? Quels pleurs et quels soupirs sont dignes de ma grâce ^ Et pour la mériter que veux-tu que je fasse ?
(II Fembrasse. )
0 d'un triste combat heureux événement ,
Où chacun de nous perd et gagne également!
Tels ne furent jamais les baisers de l'Aurore
Trouvant son favori sur le rivage maure ;
Ni tels ceux de Vénus embrassant ce chasseur
Qui naquit d'un inceste et fut fils de sa sœur.
Hermante , par quel sort , résistant à tes charmes ,
A de nouveaux vainqueurs ai-jé rendu les armefst^
Que ce/atal hymen soit maudit mille fais;
J'en abhorre le joug , j'en déteste, les lois.
Toute religion et toute crainte est' vaine ;
Toi seule es mon épouse , et toi seule es ma reine.
i3o L'INNOCENTE INFIDÉLITÉ,