‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc] (volume 4)Chapitre 83 sur 437 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

ÉVANDRE , PARTHÉNIE ; ensuite FÉLISMOND.

On le plaint comme vous , et sans un charme étrange Jamais si promptement un ^esprit ne se change : Ainsi que son esprit son corps est altéré; Ses gestes sont confus , son œil est égaré , Il pleure et la poursuit avecque tant d'instance , Que vous le plaindrez même alors qu'il vous offense; Il accuse le ciel, et, tous respects bannis. Déteste le lien dont vous êtes unis.

PARTHIÊNIE.

L'amour ne dure pas étant si violente :

J'obtiendrai quelque jour ce que possède Hermante.

Laissons un libre cours à ses jeunes désirs^

Sx fermons pour un temps les yeux à ses plaisirs :

Un jour les dieux, touchés de mon amour extrême,

Pour me le rendre enfin le rendront à soi-même ;

£t je tiens pour effet de ton affection

Que tes soins contre moi servent sa passion.

ÉVANDRE

Ah! commandez plutôt que de cette sorcière Cette main à vos yeux soit Igi juste meurtrière; Coupons racine aux maux dont ces sales amours Troublent votre repos et menacent vos jours : L'honneur et les respects dus à la loi divine , £t le bien de l'état dépend de sa ruine :

Page 1