ACTE III, SCÈNE IV
Mais de quoi des dirétiens j'ai reconnu le Dieu , £t dit à vos auteb un étemel adieu.
Je l'ai dit, je le dis, et trop tard pour ma gloire, Puisqu'enfin je n'ai cru qu'étant forcé de croire; Qu'après les avoir vus, d'un visage serein, Pousser des chants aux cieux dans des taureaux d'airain ; D'un souffle , d'un regard jeter vos dieux par terre , Et l'argile et le bois s'en briser comme verre. Je les ai combattus : ces effets m'ont vaincu ; J'ai reconnu par eux l'erreur où j'ai vécu ; J'ai vu la vérité, je la suis, je l'embrasse; El si César prétend par force , par menace , Par offres, par conseil, ou par allèchement, Et toi ni par soupirs ni par embrassemens , Ébranler une foi si ferme et si constante , Tous deux vous vous flattez d'une inutile attente. Reprends sur ta franchise un empire absolu ; Que le nœud qui nous joint demeure résolu ; Veuve dès à présent, par ma mort prononcée , Sur un plus digne objet adresse ta pensée; Ta jeunesse, tes biens, ta vertu, ta beauté. Te feront mieux trouver que ce qui t'est ôté. Adieu : pourquoi, cruelle à de si belles choses. Noyés- tu de tes pleurs ces œillets et ces roses? Bientôt, bientôt le sort, qui t'ôte ton époux. Te fera respirer sous un hymen plus doux. I Que fais-tu ? tu me suis ! Quoi ! tu m'aimes encore ?
PNOfeJkSt ^^ ^^^ ^^^^^ l'effet pouvoit éclore !
, Maf'SWar, c'est le seul nom dont je te puis nommer. Que sous de douces lois nous nous pourrions aimer! Tu sauroîs que la mort par qui l'âme est ravie Est la fin de la mort plutôt que de la vie ;
Qu'il n'est aniour ni vie en ce terr^tre lieu, Et qu'on ne peut s'aimer ni vivre qu'avec Dieu.
N ATA LIE V embrassant,
Oh ! d'un Dieu tout-puissant merveilles souveraines ! Liaisse-moi , cher époux , prendre part en tes chaînes ; Et, si ni notre hymen ni ma chaste amitié Ne m'ont assez acquis le nom de ta moitié , Permets que l'alliance enfin s'en accomplisse, £t que Christ de ces fers aujourd'hui nous unisse ; Crois qu'ils seront pour moi d'indissolubles nœuds Dont l'étreinte en toi seul saura borner mes vœux.
ADRIEN
O ciel! 6 Natalie, ah! douce et sainte flamme, Je rallume mes feux et reconnois ma femme. Puisqu'au chemin du ciel tu veux suivre mes pas , Sois mienne, chère épouse, au delà du trépas; Que mes vœux, que ta foi...^Mais, tire^moi de peine : Ne me flatté-je point d'une créance vaine? D'où te vient le beau feu qui t'échauffe le sein? Et quand as-tu conçu ce généreux dessein ? Par quel heureux motif....
NATALIE
Je te vais satisfaire :
Il me fut inspiré presque aux flancs de ma ijpère ; Et presque en même instant le ciel versa sur moi La lumière du jour et celle de la foi. 'IUmV^'''
Il fit qu'avec le lait, pendante à la mamelle, v*^ Je suçai des chrétiens la créance et le zMè; Et ce zèle avec moi crut jusqu'à l'heureux jour Que mes yeux sans dessein m'acquirent ton amour.