ACTE I, SCÈNE I
e monarque commun des dieux et des mortels .firanchit peu de cœurs du droit de ses autels ; . Ëiut que tout défèrç. à son pouvoir suprême ; le droit est appuyé sur son exemple même ; h 6(H-même on l'a vu lui-même triomphant , ^t Psyché fut l'objet des vœux de cet enfant.
CLÉANTE
/^oyez comme l'amour apprend de belles choses. fous avez lu cela dans les Métamorphoses ; ^is ce siècle n'est plus.
FLORIMONDE
Traître , ris de mes pleurs , ^oins la confusion à mes autres douleurs ; î^orte plus loin encor les efforts de ta haine , Et m'arrache ce cœur de la main qui l'enchaîne ; ûe ma mort seulement récompense mes soins ; En m'étant plus cruel tu me le seras moins. U prise de mon cœur satisfait mon envie , )uand tu ne le prendras qu'aux dépens de ma vie.
CLÉANTE
iiâfflez moins de froideur que de stupidité ^ indigne vainqueur de votre liberté, ^ore par quel sort ma raison a des forces ^ ne cèdent , madame , à vos moindres amorces. 'ai de ma propre main tâché de me blesser ; 'ai voulu sur mon cœur votre image tracer , 'ai cent fois médité sur votre amour extrême , ît j'ai fait des efforts pour m'affoiblir moi-même. 'lais inutilement , et ce cœur glorieux St de vous et de moi reste victorieux, ^lais qui suis -je, madame? et fusse -je estimable, T031E V. ^-I
4ao FLORIMONDE,
FLORIMONDE
Non, non, en le perdant je perds aussi l'en vie De reconnoître plus un tyran de ma vie , Un dieu qui n'a point d'yeux, et que l'aveuglement Rend un indigne auteur du bien et du tourment. J'aimerai cet émail dont la vive peinture Fait par tant de couleurs estimer la nature; Je prêtersd l'oreille à ces chantres des airs Dont la nature, seule accorde les concerts ; J'aimerai de rêver au bord de ces fontaines Que frisent les zéphyrs de leurs fraîches haleines; J'aimerai l'entretien, le Cours, le son des luths; Enfin, j'aimerai tout quand je n'aimerai plus.
THJÊASTE.
On résout aisément, mais que l'effet est rare, En un objet si doux, d'un dessein si barbare! Et qu'il est malaisé qu'avecque tant d'appas Vous fassiez tant d'amans , et que vous n'aimiez pas !
FLORIMONDE
Le nombre est bien petit des esprits que je blesse ; J'ai trop à mes dépens reconnu ma foiblesse. Et ne présume pas de vaincre sans dessein , En ayant un si fort où mon travail est vain. Je n'ai rien de commun avec vos inhumaines ; Je ne prépare point ni de prix ni de peines ; J'ai de ce que je vaux un trop sain sentiment. Ecoutez toutefois cet avertissement :
Qu'aucun ne me témoigne une ardeur violente , S'il n'est prêt à souffirir des fautes de Cléante; 11 n'est mépris égal au dédaiù rigoureux Dont je me vengerois dessus ce malheureux.