ACTE IV, SCÈNE III
jet invincible esprit , ce cœur si généreux ! [^uoi ! ce ferme propos de mépriser mes flammes , Ce refus orgueilleux des libertés des âmes , Ce dédain qui rendit tant de vœux superflus, Et cette indifférence enfin ne dure plus ?
CLliAlfTE.
^ignore, ayant paru si long -temps indomptable,
Gomment je puis sentir un trait si redoutable.
La loi de mon malheur m'ordonnoit ces mépris ;
Ni prières ni feux ne touchoient mes esprits ;
Et ce cœur insensible , en sa froideur extrême ,
Auroit vu sans pitié soupirer l'Amour même.
Mais que deux jours ont fait un triste changement !
Que de clarté succède à cet aveuglement!
Qu'un différent état déçoit mon espérance !
Et que de passion suit cette indifférence !
•le jure à vos genoux l'agréable clarté
De ces charmans auteurs de ma captivité ,
Que tous les traits d'Amour ont mon âme blessée ,
Que votre seul objet occupe ma pensée ,
Que je sais seul aimer, et que tous les amans
^nt, en comparaison, souffert de doux tourmens.
FLORIMOWDE.
ît moi , par ce tyran de mes jeunes années ^us qui je vois enfin mes peines terminées , e jure de vous voir avec tant de dédain , ^ue je puijs croire seule un mépris si soudain ; e jure de fermer et l'oreille et la bouche L tous vos intérêts , à tout ce qui vous touche, idieu, ne doutez point du dessein que je fais, X , pour votre repos , ne me voyez jamais.
(Elle sort avec Clëonic.)
464 FLOJIIMONDE,
GLÉAlfTE Seid. '
Je ne puis accuser cette belle inhumaine ; Un mépris raisonnable a fait cesser sa peine , Et moi-même, insensible à ses chastes appas. Je l'ai mise en ce point où je ne la veux pas. Un malheur si sensible est conjoint à mon crime , Que je me suis rendu la plainte illégitime ,
(Tirsb ëcoute.)
Que la raison préside à l'arrêt de ma mort , Que je reçois justice et me plaindrois à tort. Au moins en ce malheur une injuste vengeance D'un juste châtiment sera mon allégeance : Théaste, qu'elle estime et qui vit sous sa loi, Cet heureux possesseur du bien qui fut à moi , Doit au prix de ma vie acquérir sa maîtresse , Et servira d'objet au courroux qui me presse.