SCÈNE V
Les mêmes ; THÉASTE.
[lÉASTE accourant Tépée a la main pour les séparer. lel spectacle d'horreur se présente à mes yeux? >prochons , séparons ces esprits furieux, 'rêtez !
TIRSIS
Le voilà cet esprit infidèle !
"ends ta défense, ingrat, et soutiens ta querelle.
(A part.)
^n plus grand ennemi t'a daigné secourir , Tome V. . 3o
Mais je t'ai défendu pour te faire périr ; Car ma perte fatale auroit suivi la tienne , Si la main de Cléante eût prévenu la mienne.
( Tirsis sort. )
GLÉAifTE à Théaste.
C'est trop délibérer.
THÉASTE.
O dieux ! que vois -je ici ?
CLJÉAXfTE.
Deux mots termineront ton doute et ton souci ; Ma raison, si long -temps d'amour sollicitée. Se fend à* la beauté qu'elle a tant rebutée ; Mais madame à son tour a refusé ma foi , £t son esprit changé n*a des vœux que pour toi ; Sensible à ses mépris y je parlois en ces plaines Du dessein de finir et ta vie et mes peines , Quand ce jeune inconnu , vain et débile appui , M'a dit que t'attaquer est s'attaquer à lui. Il défendoit ta cause , et ta seule venue A son âme insensée en son corps retenue. Donnons , et , sans chercher de discours superflus , Défais -toi de Cléante ,, ou Théaste n'est plus.
THÉASTE.
Pour la possession de cet objet aimable ,
Je ne refuse point ce combat honorable ;
La peur ne peut loger qu'au sein de tes pareils,
Et voici de ta mort les tristes appareils.
Ne délibérons point , et reçois le salaire
Que demande à ce bras ton aveugle colère.