‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 323 sur 432 · ACTE V, SCÈNE *1V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE *1V

TIRSIS

Dieux ! que de lâcheté , [nfidèle, tu joins à ta lég^té !

Sous quel teiat , de quel front oserois - tu paroitre ?

(A ÉTtadre. ).

3 Taveugle défense! Épargnez -vous un traître^ Soufifrez que par l'effet d'un combat glorieux De ce perfide esprit je délivre ces lieux. .

THiASTE.

Te vois ce beau sujet des tourmens qijie j^endure ,

te revois Félicie ! O divine aventure !

Vous viviez , ma déesse , et ces chastes appas

Se sont donc point sujets à la loi du trépas !

Portez le coup fatal , ô divine adversaire ,

Et vengez- vous sur moi dça' mensonges d'un frère

[^ui m'écrivit ma perte en la fin de vos jours.

0 ciel ! vois si mon cœur s'ac^rde à mes discours ;

Punis ma trahison d'un trépas légitime ,

Si tu m'as vu jamais capable de ce crime.

Quel dessein cringincl , ô frère injurieux ,

Put obliger ta miun à démentir tes yeux ?

Vous viviez , Félicie , ailleurs qu'en ma mémoire 1

Vous respiriez le jour !

TIRSIS

O dieux! dois -je le croire?

Un juste fondement tient mes sens ébahis ,

(Timante traverse la icéne et se cache dans le bois.)

Et limante en effet nous peut avoir trahis ;

Car il m'aima long - temps , mais oette amour fut vaine.

l^HÉASTE.

Elle ne le fîit pas , elle causa ma peine ,

^t ce lâche imposteur , me mandant votre mort ,

^init fiure pour son bien un nécessaire effort.

486 *FLORIMONDE

CLÉOiriE.

O le perfide esprit !

TIRSIS

Tu blâmes 9on offense y £t par lui4autefois j'appris ton inconstance \ Il me dit qu'une dame engageoît tes esprits , Qui rompoit ma prison et causoit tes mépris.

THIÊASTE.

Je mourus mille fois lorsque je vous crus morte ; Le temps n'éteignit point une flamme si forte; £t ma seule raison , après ce vain tourment , Enfin m'a fait chercher du divertissement. J'ai forcé ma douleur et j'ai revu les dames, Que je hantai long -temps sans brûler de leurs flammes Mais Floriilionde enfin me faisoit depuis peu , Il le faut avouer , brûler d'un second feu. Je feignis pour la voir de servir Cléonie , Parce que cette belle aimoit sa compagnie. Mais puisque je revois vos aimables appas , Leurs plus douces faveurs ne me toucheroient pas.

CLÉONIE.

Vous nous obligez fort.

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