‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 324 sur 432 · ACTE V, SCÈNE. V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE. V

Yoyez en quel état son malheur -^a réduit , Et prévenez les coups du ciel qui le poursuit.

GLiAIfTC.

O céleste aventure !

FLORIMONDE

o divine journée , Par qui de tant d'amans la peine est terminée ! Timante est de retour.

THÉASTE.

Tu parois à mes yeux AFayant voulu ravir ce trésor précieux , Frère cent fois ingntt!

TIMANTE, montrant Cléonie.

Quand ma belle geôlière N'aura point rejeté ma timide prière, Je vous contenâ tout , et par quel attentat Je parois en ces lieux en ce honteux état«

(n se met â genoux.)

Criminel , mais saisi d'un repentir extrême ,

Je ne veux ni témoin ni juge que vous-même.

J'ai rompu mes liens , il est vrai , je l'ai Êdt ,

Et je ne puis trouver d'excuse à mon forfeit ;

Mais le temps , qui me rend mes premières pensées ,

A dans mon souvenir vos grâces retracées ,

Et j'ose à vos genoux implorer la pitié

Que me peut accorder votre rare amitié.

Ainsi que mon forfait cette Êiveur est gr^Hide , ^

Mais le courage est grand à qui je la demande.

J'ose encore espérer , et ne me lève point

Que votre affection ne m'accorde ce point.

nciijJoNiE.

Je souflfre ta présence après ta perfidie ! Traître , tu m'as charmée , il faut que je le die ; Gouverne mes desseins , dispose de mes yœux , Et prends comme il te plaît le pardon que tu veux; Tu sais trop ton pouvoir , et ta moindre prière Suffit à désarmer ma plus juste colère.

CLÉANTE

O rare affection !

FLOBIMONDE.

. o véritable amour [

TIMAKTE.

Je doute si je vis et si je vois le j^ur. ,

Vous m'aimez, Cléonie! O bonté sans seconde^

Et dont le seul récit étonnera le monde !

Oyez en peu 4ç mots une confession

Que rien n'excuseroit que votre affection.

Vous savez que je fus , sur certaine nouvelle ,

A Lyon , où mon frère avoit vu cette belle ;

Il m'avoit estimé cette rare beauté ,

Et sa vue en effet surprit ma liberté ;

Ma raison fui troublée , et d'un ferme courage

Ses yeux et votre absence en firent un volage ;

J'oubliois Cléonie , et Félicie enfin

D'un empire absolu gouverna mon destin.

(A Félicie.)

Quoique je vous trouvasse à mon dessein contraire^ J'espérai m'avancer aux dépens de mon frère , Et je vous dis , madame (insigne trahison ! ) , Qu'une autre depuis peu captivoit sa raison. Lui , s'apprêtant d'ailleurs à partir de Florence y Reçut de votre mort une fausse assurance.

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