‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 328 sur 432 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Ne peuvent m'Iblouir parmi ces lâchetés. Un généreux dépit , un courroux magnanime , Une noble fureur , s'obtiendroi^at mon estime , Et qui me peut soufifrir après tant de rigueur Ne peut beaucoup m'aimer avec si peu de cœur. Souf&e au deuil qui m'occupe, et dont tu m'as distraite , Dans cette solitude un moment de retraite , Et vois si le courrier qu'on attend chez le roi Sait que mon. frère arrive, et s'il n'a rien pour moi.

(Lucie sort.)

Reviens , cher entretien de ma triste mémoire ,

Appuyer ma constance et soutenir ma gloire :

Tout mort et tout sanglant , reviens dedans mon cœur ,

O mon cher don Louis , combattre ton vainqueur.

Il apporte au combat de dangereuses armes ;

De Tespoir d^un empire il emprunte les charmes.

U marche environné de toute la splendeur

Que d'un puissant monarque étale la grandeur :

Et toi , dedans la nuit éternellement sombre ,

Ne lui peux opposer qu'un fantôme et qu'une ombre :

Mais cette ombre en mon cœur efface son orgueil ;

Je ne puis préférer son trône à ton cercueil ,

Et je sacrifîrai , d'un dessein noble et ferme ,

Tous les feux de mon âme aux cendres qu'il enferme.

Son faste en vain prétend enchanter mes douleurs;

Rien ne plaît à mes yeux au travers de; mes pleurs ;

Tu fus toute ma gloire , et ma triste aventure

Enferma tous mes vœux dedans ta sépulture.

Mais , dieux ! le prince ici ! Quels assez sombres lieux

Sous ces arbres pourront me cacher à ses yeux ?

(Elle sort.)

' 5oo DON LOFE DE CARDONE,

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