‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 329 sur 432 · DON PÈDRE, OCTAVE · texte numérisé non relu

DON PÈDRE, OCTAVE

DON PÈDRE

Non , non ,* père importun , cet amour frénétique Ne prendra point de loi de votre politique : Pour en délibérer votre avis vient trop tard ; L'Amour et ses états ont leur police à part ; Contre ce qu'il prescrit vos maximes sont vaines , Et l'espoir de régner ne peut m'ôter mes chaînes.

OCTAVE

Cette obstination part d'un charme puissant. Vous voyez quel ennui ivotre père en ressent ; Et que , pour vous guérir et bannir de votre âme , Après tant de langueurs , cette fatale flamme , Il met à votre choix jusques à ses états.

DON PÈDRE

Quand l'âme n'est plus sienne ofi n'en dispose pas. Un ennui qui m'accable, un feu qui me consomme, A peine m'ont laissé les sentimens d'un homme ; Et je ne retiens rien, en cet aveugle amour, Du noble orgueil du sang dont j'ai reçu le jour. Hélas ! fut - ce ce cœur , esclave d'une fille , Qui brava tant de fois les forces de Castille ? Fut-ce lui qui me fit affronter le danger Jusque dedans les murs de Tunis et d'Alger , Promener la terreur du couchant à l'aurore , Sur le rivage grec et sur la rive more? Sont -ce là ces progrès qu'ont craint nos ennemis,

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