ACTE II, SCÈNE III
ADELAIRE.
J'espérdis , mais en vain , avoir tantôt surpris Quelque place en son cœur après tant 'de mépris , Et que l'amour enfin à son âme changée Pouvoit représenter une épouse affligée.
Je l'avois sur la langue alors que plein d'effroi Il eut le fer en main pour la poursuivre en moi. Quoi , traître, me dit -il, tu porte en ta pensée Une idole orgueilleuse à mes pieds renversée !
SIGISMOKD.
Barbare , je saurai former de ses débris
Des armes à venger tes insolens mépris ;
Je saurai t'obliger d'adorer cette idole ,
Et lui rendre en mourant l'honneur que tu lui vole,
Et dresser sur ton sein , de mille coups percé ,
L'autel qu'injustement ta main a renversé.
Enfin nos conjurés...
ADELAIRE.
Contre le prince infâme Semblent en plusieurs corps n'avoir qu^me même âme , Et venger comme vous l'intérêt d'une sœur.
SIGISMOND
Que je suis redevable à leur sincère ardeur !
ADELAIRE.
L'amour et les respects que. leur âme fidèle Conservera toujours et pour vous et pour elle Portent tant de douleur sur leuBS fronts désolés , Que tous dans son exil semblent être exilés.
6o8 L'ILLUSTRE AMAZONE,