‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 400 sur 432 · ACTE II, SCENE IV. 6ii · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV. 6ii

SIGISMOND

Un tyran.

GLOTILDE.

Un époux.

SIGISMOND

Un bourreau.

GLOTILDE.

Mon mari.

SIGISMOND

Vous chassant de sa cour, Test -il encor, rinfâme?

GLOTILDE.

Mais je ne saurois pas le chasser de mon âme.

SIGISMOND

Considérez l'affront qu'il vous fait aujourd'hui.

GLOTILDE.

Faut -il être perfide etJâche comme lui?

SIGISMOND

Vous me parlez en femme , et moi je parle en frère.

GLOTILDE.

Si ce nom ne peut pas fléchir votre colère ^ Ce n'est plus qu'une sœur...

SIGISMOND

Bien loin de l'étouffer, Ce nom et cette voix viennent de l'échauffer.

GLOTILDE.

Voyez qu'un même nœud lie et suspend nos vies : Que d'un même tranchant elles nous soient ravies.

SIGISMOND

Mais souffrez que je voie , afin de m'animer , Mon sang qui vit en vous et qu'on veut diffamer ;

6ia L'ILLUSTRE AMAZONE,

Et vous , considérez que la gloire ravie , Pour un cœur généreux , est bien moins que la vie, Et qu'après tout , à part cet amour suborneur , Il est d'autres hymens et n'avons qu'un honneur.

GLOTILDE.

Malheureux sentimens !

SIGISMOND

Généreuse maxime !

GLOTILDE.

Dont vous voulez enfin que je sois la victime. Immolez donc...

SIGISMOND

En vain vous troublez mes desseins.

Allons , cher Adélaire.

( n sort avec Adélaire. ) GLOTILDE.

Arrêtez, assassins.

Cruels, que faites -vous? O destin trop sévère! Voulez -vous ajouter ce comble à ma misère. Que , pour lancer sur moi de plus sensibles coups , Vous empruntiez la main d'un frère et d'un époux? L'amour en chacun d'cîux ne m'a - 1 - elle engagée Que pour croître les maux de mon âme affligée ? Je meurs en chacun d'eux , et prête de souffrir Mille morts à la fois avant que de mourir.

GASSANDRE.

Consolez - vous , madame.

GLOTILDE.

Hélas! chère Cassandre, Lorsqu'on me va blesser par l'endroit le plus tendre , Quand il faut que je voie ou mon frère aujourd'hui

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