‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 410 sur 432 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

Qui ne vous obéit se fait une injustice ; Qui veut qu'on lui commande , il faut qu'il obéisse.

LÉVIGILDE.

Le peuple est inconstant ; et qui veut se mnger , En cent mille partis il se doit partager ; Vouloir , ne vouloir pas , flotter sur ces tempêtes Que l'on voit se former par cent diverses têtes , Qui sur leurs intérêts règlent leurs sentimens , C'est le premier mobile en tous leurs sentimens : D'oïl l'on voit sur l'état naître tant de chimères , Enfans d'un même sein , quoique toutes contraires.

iSROIN.

Ne vous étonnez pas , seigneur , si vos désirs

Rencontrent des sujets jaloux de vos plaisirs.

La duchesse en son sort a des amis encore ;

Mais l'intérêt en elle est le seul qu'on adore ,

Et cette idole enfin de son ambition

N'ayant plus rien de quoi flatter leur passion,

Verra ces apostats , par un soudain caprice ,

Rendre à d'autres autels leurs vœux et leurs services ;

On verra chanceler ces esprits incertains ,

Pendant qu'ils ne verront le sceptre en d'autres mains

Et le trône rempli d'une autre souveraine.

Présentez -leur , seigneur, montrez -leur une reine,.

Et vous verrez bientôt ces esprits obstinés

Porter à ses genoux leurs esprits enchaînés ,

Et , suivant les appas d'une grandeur frivole ,

De votre propre ouvrage en faire leur idole.

AMALOir.

Ne différons donc plus. Peuple qui m'écoutez , Unissez vos esprits, réglez vos volontés,

6^4 L'ILLUSTRE AMAZQNE,

Joignez vos cœurs au mien , et souffre^ (ju'une reine Dont je suis le vassal soit votre sotty^raine.

(11 présente le sceptre a Judith.)

Madame , recevez , recevez de ma main

Ces titres éclatans d'un pouvoir souverain

Que vous exercerez sar eux et sur moi-même;

Car je ne prétends point porter de diadème

Que pour faire aujourd'hui , par ce nœud fortuné ,

Votre premier sujet un sujet couronné.

Achevons.

(H prend la coupe.) LE PAGE.

Ah ! seigneur , arrêtez.

AMALOir.

Léonice , Quelle est ton insolence?

LE PAGE

Il faut que je périsse Quand il s'agit de vous.

AMALON.

De moi ? quel attentat !

LE PAGE

Oui , seigneur , on en veut à vous , à votre état , Et peut-être en vos mains cette coupe fatale... Mais...

AMALOK.

Parle.

LE PAGE

Un cavalier , en la première salle , Vous veut communiquer un important secret.

AUROiTTE, au page.

Téméraire, ton zèle un peu trop indiscret

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