ACTE III, SCENE V. ôaS
Impose à mon honneur une injuste infamie.
(A Amalon.^
Mais , seigneur , permettez que je m'en justifie.
(H prend la coape et boit. ) *
Si la coupe est fatale , elle ne l'est qu'à moi.
AMALOir.
L'un et l'autre me marque et son zèle et sa foi. Mais il faut empêcher que ce jour si célèbre Ne serve à mon état d'une pompe funèbre. Arrêtons , s'il se peut , ces rebelles sujets , Dont l'injuste fureur s'oppose à mes projets.
( Ils sortent , excepte Auronte et Flaacat. ) FLAUCAT.
Trop infidèle ami , pour m'être trop fîdèle , Devrois-je recevoir cet affront de ton zèle? Ah ! que tu me sers mal pensant me bien servir ! Rends -moi, rends- moi le bien que tu me viens ravir. D'un crime glorieux , trop infidèle Auronte , Tu m'en ravis Fhonneur et m'en laisses la honte. Ce n'est pas partager en véritable ami ; Cette façon d'aimer me traite en ennemi.
AURONTE.
Il n'est rien de honteux dedans un homicide Dont la gloire est le prix et la vertu le guide. La fortune peut mettre à faute de bonheur Notre vie en péril , mais non pas notre honneur. Vivez , vivez , Flaucat ; et si le ciel inspire Aux esprits moribonds un secret de prédire , S'il est vrai que la mort est un miroir savant Qui leur rend le futur et le passé présent , J'espère que pour vous cette nuit fortunée Sera le plus beau jour de votre destinée ,