SCÈNE IL
Les mêmes, cachés dans un coin du théâtre ; AMALON, ÉBROIN, uh Page.
AMALON.
Cruels, traîtres , ingrats , que prétendiez -vous Êdre?* O trahison conçue au sein d'une mégère I
63b L'ILLUSTRE AMAZONE,
Malheureux avorton d*un attentat si noir, Que le ciel a détruit sdtot qu'il l'a pu voir ! Pendant qu'entre vos bras tout mon état respire , Que mon cœur trop crédule y gémit et soupire , Mon cœur entre voç bras s'est vu presque percé , Mon état sur le point d'en être renversé.
Grâces aux dieux , seigneur , le coup de la tempête
Près de tomber sur vous a crevé sur leur tête ,
Et le perfide Auronte a fait voir à nos yeux
Qu'on ne peut vous toucl^er sans s'attaquer aux dieux ,
Que le trône appuyé dessus leur maîn divine
Est un écueil pour ceux qui cherchent sa ruine.
AMALO]V.
Crime trop impuni ! Perfide , ton trépas Est la peine du crime et ne le punit pas. D'un supplice trop doux ta fureur est suivie. Ah ! puisse -je aujourd'hui te redonner la vie , Et , soutenant ton sort au milieu des rigueurs , D'une mort dure et lente assouvir mes douleurs !
LE PAG£
Le ciel vous a laissé le choix de son supplice , Seigneur , il vit encore.
AMALON.
Est -il vrai , Léonice ?
LE PAGE
De l'escalier à peine étois-je descendu. Que dessus le carreau je le vois étendu ; Des assauts de la mort son âme combattue Cherchoit de toutes parts à se faire une issue : Elle frappoit partout pour rompre sa prison