‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 415 sur 432 · SCÈNE IL · texte numérisé non relu

SCÈNE IL

Les mêmes, cachés dans un coin du théâtre ; AMALON, ÉBROIN, uh Page.

AMALON.

Cruels, traîtres , ingrats , que prétendiez -vous Êdre?* O trahison conçue au sein d'une mégère I

63b L'ILLUSTRE AMAZONE,

Malheureux avorton d*un attentat si noir, Que le ciel a détruit sdtot qu'il l'a pu voir ! Pendant qu'entre vos bras tout mon état respire , Que mon cœur trop crédule y gémit et soupire , Mon cœur entre voç bras s'est vu presque percé , Mon état sur le point d'en être renversé.

Grâces aux dieux , seigneur , le coup de la tempête

Près de tomber sur vous a crevé sur leur tête ,

Et le perfide Auronte a fait voir à nos yeux

Qu'on ne peut vous toucl^er sans s'attaquer aux dieux ,

Que le trône appuyé dessus leur maîn divine

Est un écueil pour ceux qui cherchent sa ruine.

AMALO]V.

Crime trop impuni ! Perfide , ton trépas Est la peine du crime et ne le punit pas. D'un supplice trop doux ta fureur est suivie. Ah ! puisse -je aujourd'hui te redonner la vie , Et , soutenant ton sort au milieu des rigueurs , D'une mort dure et lente assouvir mes douleurs !

LE PAG£

Le ciel vous a laissé le choix de son supplice , Seigneur , il vit encore.

AMALON.

Est -il vrai , Léonice ?

LE PAGE

De l'escalier à peine étois-je descendu. Que dessus le carreau je le vois étendu ; Des assauts de la mort son âme combattue Cherchoit de toutes parts à se faire une issue : Elle frappoit partout pour rompre sa prison

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