‹ Œuvres [ed. by E.L.N. Viollet-le-Duc]Chapitre 416 sur 432 · ACTE IV, SCÈNE II. 63i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II. 63i

Et se tirer du feu qui bruloit sa maison* Mille soupirs lancés d'une flamme amortie Sembloient à tout moment lui marquer sa sortie , Et traçoient dans les airs , en s'évanouissant , Le chemin que leur flamme auroit fait en passant. Par ces sanglots de feu poussés sans aucun ordre , Cratère, ayant connu d'où venoit le désordre, Que le froid du poison n'avoit fait qu'échauffer La chaleur naturelle au lieu de l'étouffer , Il en prend le parti , soutient ces violences , Et , pour rendre sa tête à vos justes vengeances , Par le glaive puissant d'une douce liqueur Va contraindre la mort jusque dedans son cœur.

AMALON.

Je puis donc me venger et prolonger sa peine. Amis , achevez donc de consommer ma haiiie. Page , prends - en le soin ; fais vivre un ennemi Qu'une trop prompte mort ne punit qu'à demi. Toi , qui de tous les miens es le seul qui me reste , Généreux Ebroin , en ce jour si funeste Que le ciel contre moi corrompt tous mes amis , Et se fait de ma cour un parti d'ennemis , Qu'il arme , pour éteindre une innocente flamme , Esclaves, serviteurs, parens, sujets et femme. Puis -je bien m'assurer...

ÉBROIJSS.

D'un sujet si constant...

AMALOir.

Si tu me l'étois moins je ne craindrois pas tant ; Et c'est dans une main qui m'étoit la plus chère Que mon destin a mis le feu de sa colère.

63a L ILLUSTRE AMAZONE,

Ne pou voit -il dioisîr un autre que Flancat, Un autre pour troubler le repos de l'état ? Flaucat , Flaucat , le traître !

ÉBROIlf.

Eprouvez ma constance , , Et jugez par après de votre défiance.

Commandez que ma main parle aujourd'hui pour moi , Que dans le sang du traître elle signe ma foi , Et qu'elle fasse voir dans la mort des rebelles ^ Qu'il est de bons sujets , qu'il en est de fidèles. Qu'au crime de Flaucat le ciel ait consenti , Que tout l'enfer armé se range à son parti , Que de tous vos sujets il ait fait des complices y Remettez - moi le soin de vos justes supplices ; Commandez seulement , et j'irai de ce fer L'arracher de la main des dieux et de l'enfer.

F L AUG AT , paroissant, Ébroin !

£BROiN , portant la main à ïépée. Ah , seigneur !

FLAUCAT.

Sans forcer leurs puissances , Goûtez avec plaisir le fruit de vos vengeances.

AMALON.

Encor par sa présence irriter mon courroux I Immolons... Mais pour toi ce supplice est trop doux; Un bourreau doit frapper cette infâme victime.

FLAUCAT.

11 ne souillera pas la gloire de mon crime.

AMALON.

Quel étoil ton dessein , traître , ton attentat ?

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