‹ Œuvres FablesChapitre 109 sur 131 · LB CROCODILE ET L'ESTURGEON · texte numérisé non relu

LB CROCODILE ET L'ESTURGEON

un la rire du Nil un jour deux beaux enfants

S'amusoient à faire sur l'onde , Avec des cailloux plats , ronds , légers et trancliants

Les plus I)eaux ricochets du monde.

Un crocodile affreux arrive entre^ deux eaux , S'tdance tout ii coup, happe l'un des marmots, Qui crie , et disparoit dans sa gueule profonde. L'autre (tiit, eu pleurant son pauvre compagnon.

Un honnête et digne esturgeon ,

Témoin de cette tragédie , S'éloigne avec horreur , se cache au fond des flots ; Mais bientôt il entend le coupable amphibie

Gémir et pousser des sanglots :

Le monstre a des remords , dit-ii : à providence !

Tu vengea souvent l'innocence ;

Pourquoi ne la sauves-tu pas ?

Ce scfflérat du moins pleure ses attentats;

L'instant est propice, je pense ,

Pour lui prédier la pénitence :

le m'en vais lui parler. Plein de compassion ,

Notre saint homme d'esturgeon

Vers le croco^le s'avance :

Pleurez , lui cria-t-il , pleurez votre forfait ;

Livrez votre Ame impitoyable

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