MORTE PHILOSOPHORUM
5 Paye 84. Et brise les chaînes de fer, etc.
Ce roi de Navarre était Sanche VIII , surnommé t.e Fort. Ce fut en mémoire de ces chaînes brisées par lui à la bataille de Toloza , qu'il fit ajouter aux armes de Navarre les chaînes d'or qu'on y; voit 6ur le champ de gueules.
6 Page 89. Cousin germain de saint Louis, etc.
Blanche, mère de saint Louis, était fille d'Alphonse Le Noble , roi de Castille. Elle avait une sœur nommée Bérengère , mariée au roi de Léon , et mère de Ferdinand m. Plusieurs historiens , entre autres Mariana et Garibai, soutiennent que Blanche était l'aînée de Bérengère; par conséquent, saint Louis eût été l'héritier direct du trône de Castille. La France a conservé long- temps cette prétention. D'autres disent que Bérengère était l'aînée. 11 est étonnant que ce point d'histoire n'ait pas' été éclairci : mais il est simple que les droits de Ferdinand aient prévalu, puisqu'ils étaient soutenus par l'amour des Castillans.
NOTES
QUATRIÈME EPOQUE
r Page 106. Alphonse le Sage. . . . monta sur le trône.
C'est cet Alphonse le Sage qui disait en badinant que , s'il avait été du conseil de Dieu dans le temps de la création , il lui aurait donné de bons avis. Cette plaisanterie lui a été durement reprochée par les historiens. Alphonse le Sage était grand astronome. Ses Tables alphonsines lui ont acquis beaucoup de réputation. Son recueil des lois, intitulé Las Partidas, prouve que le bonheur de son penple l'occupait autant que l'étude. C'est dans ce recueil qu'on trouve ces mots remarquables , écrits par un roi dans le treizième siècle : Le êtes pote arrache l'arbre , te sage monarque l'émonde.
3 Page 108. De se faire élire empereur, etc.
Alphosse le Sage avait été élu empereur en 12^7 ; mais il était trop loin de l'Allemagne, et trop occupé chez lui pour soutenir cette élection. Il fit pourtant , en 12^3, un voyage à Lyon, où le pape Grégoire X était alors , pour plaider sa cause devant ce pontife. Le pape décida pour Rodolphe de Habsbourg, tige de la maison d'Autriche. Ainsi les papes donnaient les couronnes.
(Révolctiomd'Espàgm, tome J, Uv. in.) '
INOX ES. 189
3 Page 109. S anche. . . . n'en régna pas moins après lui , etc.
Ce Sanche, surnommé le Brave, qui porta les armes contre son père, et parvint au trône après lui, n'était que le second fils 'd'Alphonse le Sage, l'aîné, Ferdinand de la Cerda , prince 'doux et vertueux, était mort à la fleur de ses jours, laissant au berceau deux enfans qu'il avait eus de son épouse Blanche , fille de saint Louis , roi de France. Ce fut pour priver ces enfans de leurs droits à la couronne que l'ambitieux S anche fit la guerre à son père. Il réussit dans ses criminels desseins : mais les princes de la Cerda, protégés par la France, par l' Aragon, et ralliant autour deux tous les mecontens de Castille, furent la cause ou le prétexte de longues et sanglantes divisions.
(Mariana, tome I, livre XIV, Garibai, Ferreras , etc. )
4 Page 1 1 8. Ferdinand IV , surnommé l'Ajourné, etc.. ♦
Ferdinand IV, fils et successeur de Sanche lé Brave, était encore enfant lorsqu'il monta sur le trône. Sa minorité fut très orageuse; mais le génie et les grandes qualités de la reine Marie, sa mère, vinrent à bout de calmer les factions. Il fut surnommé l'Ajourné, parce qu'ayant, dans uni accès de colère , fait précipiter du haut d'un rocher deux frères du nom de Carvajal , accusés et non convaincus d'un assassinat, ces deux frères, au moment
HOTES
de mourir, protestèrent de leur innocence , en appelèrent aux lois et à Dieu, et ajournèrent l'emporté Ferdinand à comparaître dans trente jours devant le juge des rois. A cette époque précise, Ferdinand, qui marchait contre les Maures, se retira pour dormir après son dîner , et fut trouvé mort sur son lit. Les peuples d'Espagne ne doutèrent point que ce 1 repas subit ne fût un effet de la justice divine. Il eût été utile que les rois ses successeurs, et surtout Pierre le Cruel, en fussent persuadés.
( Mariana , tome I , liv. 1 5 , enap. Xï. ) #
5 Page 118. Retiré dans le» mur9 de Tari fie , etc.
Après que Snnclie le Brave se fut emparé de Tariffe , les Africains vinrent l'assiéger. Ce fut pendant ce siège qu'Alphonse de Gusraan , gouverneur de ta ville pour les Espagnols, donna un exemple d'héroïsme digne de l'ancienne Borne , mais qui ne peut pas être jugé par les coeurs paternels. Le fils de tusman fut pris dans une sortie. Les assiégeans le conduisirent sous les murailles, et menacèrent le gouverneur d'immoler ce fils, s'il ne se rendait sur-. le<-champ. Guanvra, pour toute réponse» leur jette un poignard, et se retire des créneaux. Un moment après, il entend les Espagnol» pousser de grands cri» : il accourt en demandant la cause de cette alarme : on lui dit que les Africains Tiennent d'égorger son fils. Dieu soit loué, répondit-il} j'avais pensé que fa ville était prise,
(Révolutions d'Espàgbe, tome I, liv. 4-
NOTES. i 9I c Page ia5. La célébré Inès de Castro , etc.
La passion de Pierre de Portugal pour Inès de Castro fut portée à un tel excès , qu'elle excuse peut-être les atrocités que Pierre exerça contre les meurtriers de sa maîtresse. Ces meurtriers étaient trois principaux seigneurs portugais , nommes Gonzalès , Pachéco et Cocllo : ils l'avaient poignardée eux-mêmes entre les bras de ses femmes. Pierre , qui n'était alors que prince de Portugal, sembla dès ce moment perdre la raison; et ^ vertueux et doux qu'il avait été jusqu'alors , il devint féroce et presque insensé. II prit lès armes contre son père , il mit à feu et à sang les provinces où les assassins avaient des biens ; et , dès qu'il fut monté sur le trône, il exigea du roi de Caslille, Pierre le Cruel , qu'il lui livrât Gonzalès et Coeilo* qui s'étaient réfugiés chez lui. Pachéco était en France, où il mourut Pierre, maître de ses ennemis , leur fit subir les supplices les plus douloureux, leur fit arracher le cœur fendis qu'ils étaient encore vivant, et voulut assister lui-même à cet horrible spectacle. Après avoir assouvi sa vengeance, cet amant forcené, de douleur et d'amour, exhuma le corps d'Inès, le revêtit d'habits magnifiques, posa sa couronne sur es* front livide et défiguré, la proclama reine de Portugal , et força les grands de sa cour à venir lui readrr leurs hommages.
(Hist. de Portugal, par Lequien de la ïfeuviH», livre IL)
102 NOTES
7 Page ia8. La plupart des ouvrages de
ces auteurs grenadins périrent , etc.
Après la prise de Grenade, le cardinal Ximenès fit brûler tons les exemplaires de l'Alcoran qu'il put se procurer. Les soldats, ignorai» jou superstitieux, prenaient pour l'Alcoran tout ce qui était écrit en arabe ; v et jetèrent au feu une foule d'ouvrages en prose et en vers.
8 Page i44« Les" ALencerrages , tribu puissante , etc. *
Les babitans de Grenade , et tous les Maures en général , étaient divisés en tribus, composées des rejetons de la même famille. Ces tribus étaient plus ou moins nombreuses, plus ou moins considérées, mais elles ne se confondaient point et ne se divisaient jamais. Chacune de ces tribus avait un chef, qui était le descendant en droite ligne masculine de la première tige de la famille. A Grenade, il y avait trente-deux tribus distinctes. Les plus renommées étaient celles des Abencerr âges , des Zegbis, dont il est beaucoup parlé dans cet ouvrage, des Alabez, des Almo rades, des Vàsegàs, des GoKzles , des Abidbars , des Gauzuls, des Abenamars, des Aliatajis, des x Reduans , des Aldobadibs, etc. Elles étaient souvent ennemies les unes des autres, et cette haine se trans-. mettait de père en fils, ce qui rendait si fréquentes, les guerres civiles.
NOTES. i 9 3
9 Page it\6. Isabelle... épousa le roi de Sicile, Ferdinand, etc.
Le mariage de Ferdinand et d Isabelle se fît d'une manière singulière. Isabelle, après avoir été accordée avec le prince de Viane , don Carlos , frère aîné de Ferdinand , et dont la vie et les malheurs sont si intëressans dans l'histoire d'Espagne, après avoir été promise àu grand-maître de Calatrave Pachéco , recherchée par Alphonse, roi de Portugal, par le duc de Guienne, frère de Louis XI, roi de France, par le frère d'Edouard, roi d'Angleterre, Isabelle se décida pour le jeune Ferdinand, héritier du trône d'Aragon, et déjà roi de Sicile. Il fallait tromper le roi de Castillc, Henri IV, qui s'opposait formellement à ce mariage. L'archevêque de Tolède Carillo, qui consuma sa longue vie dans les intrigues et dans les factions, se chargea de tout arranger. Il enleva d'abord Isabelle de la cour du roi son frère, et la mit en sûreté â Valladolid. Ensuite il fit arriver dans le plus grand secret le jeune Ferdinand, déguisé, suivi seulement de quatre cavaliers. Le mariage se fit tout de suite , le plus simplement et le plus secrètement possible. Les nouveaux époux, qui devaient un jour être maîtres des trésors du Nouveau-Monde > furent obligés d'emprunter à leurs serviteurs de quoi payer les modiques frais de leurs noces. Il se séparèrent peu après , et dès que le roi de Castille eut appris cet événement, les troubles, les factions, les guerres civiles éclatèrent.
Oonzalve. I. 17