A. ANTIQUITÉS
£CLAIRCISSEMENTS SUR LE CAMP DE GALBA, EN VALAIS, ET SUR LE RETRANCHEMENT QUE CÉSAR OPPOSA AUX SUISSES ENTRE LE LAC DE 6EN£TE ET LE MONT JURA.
(licieii peiples 4i Valais. — Il l'eiisle aocine trace 4a eaap de Galba, qii a (M être à lar%iy. — Erreors de Sneeti, (wckeiM el Gollei — Le relraiekeBeit 4e César éuit sor la rive gaache du IbAie; il l'en reste fas trace.)
{Journal Helvétique, Juin 4740, et Octobre 1744; Bibliothèque Française,
1744, tome XXX Vm, 2« partie.)
On lit avec beaucoup d'utilité et de plaisir les Mémoires de littérature de l'Académie des Inscriptions et BellesAettres : c'est un riche amas de recherches souvent intéressantes et toujours
savantes et curieuses. On voit dans le tome X une dissertation de M. Tabbé de Fontenu , lue à cette Académie en 1733, sur quelques camps connus en France sous le nom de Camps db César. L'auteur s'^nd beaucoup sur le camp de Péqtignj sur h Somme, à (rois lieues d'Amiens, qu'il croit ancien, et du temps des Romains. Après avoir établi son sentiment par diverses preuves, ilse&it une objection fort naturelle; c'est que les boulevards de ce camp sont bien conservés, avec des fossés au Ym\ qu'il semble que l'ouvrage n'étant que revêtu de gazon, n'aurait pu se maintenir si longtemps. U répond à cela que, quoique ces ouvrages ne fussent que de terre , ils étai^t construits avec tant d'art, que cela les mettait en état de lésialer à toutes les injures du temps et des saisons.
« C'est, ajoute-t-il, ce dont nous sont garants les prédeux restes de plusieurs monuments aussi anciens que le peut être le camp de Péquigny, qui néanmoins se sont maintenus jusqu'à présent en assez bon état. Elntre ces monuments , n'admire-tH» pas encore aujourd'hui dans le Valais les anciennes fortificatioitt du camp de Galba, lieutenant de César, et ne voit-on pas aussi maintenant avec surprise, entre le lac de Genève et le mont Jura, une partie des retranchements que César y fit élever pour fermer aux Sqisse& le pasaag)^ àam les Gaules? Quoique ces onvraies surpvena^ts^ n'aient été Esiits (yie de simple» levées de terre revêtue de gazon, ils se soutiennent néanmoins toujours, de manière qu'il Êuit encore bien des siècles avant qu'on \» voie rédnflB au niveau du terrain des environs. » (Page 4i8.)
Ce qui surprend véritablement les gens da pays , c'est œ qu'avance M. l'abbé de Fontenu , quand il donne pour si bien conservés des retranchements qui leur sont absolument iocoonus. U est étonnant que cet habile antiquaire ait été si mal informé, et qu'il ait hasardé un fait aussi paradoxal que l'existence de ces deux retranchements.
Pour prononcer là-dessus avec connaissance de cause, pour pouvoir dire précisément si les retranchements du camp de Galba
sdbsîsteiil encore en partie , ou s'il n'en reste rien du tout, il semble qu'il £wit commencer par bien fixer la position de ce eamp. n importe avant toutes choses de comiaitre au juste l'endroit où il finit le chercher. Jules-César nous y conduira comme (MT la mam. Dès le comasencemenf du livre m de ses CornmmUair» iur les guerrei des G<mk$^ il nous dit que, pour s'assurer le transport des marchandises d'Italie dans les Gaules par les Alpes pennines ou Grand Saint-Bernard, il envoya Galba, Tuo de ses lieutenants, avec la 12* légion, vers les .Yanluoies, les Vérone et les Sédxmom^ peuples qui étaient les maîtres du passage, tX qui s'étendent, ditril , dè$ ks fronliérei éh$ AUobr(H gnet k lae Lémam^ U long du Rhùne^ jusqu^aux hautes Alpes. Cette situation se confirme par le récit de l'expédition de Galba, qai n'ayant pu se maintenir dans son camp k Octodurum^ baurfade dm Viragrtt , nommé k présent Martigny^ sur la rivière de Dranse, prit le parti de se retirer par le même chemin, de li chez les Nantuates, et des Nantuates chez les Allobroges.
Les Nantuates occupaient donc pour le moins les gouverneméats de Monthev et de Saint-Maurice dans le bas Valais, dès le bout supérieur du lac Léman jusqu'au territoire de Martigny. Leur Ken principal était Saint-Maurice, nommé autrefois Agaumm, qui en langue celtique signifie un roc. On sait que Saint- Maurice est situé au pied d'un rocher qui resserre fort le Rhône <ies deux côtés. Cet endroit était aussi nommé autrefois TarnadtL L'Itinéraire d'Antonin , et la Table ou carte de Peutinger, lui donnent ce dernier nom* On voit k Sainl-Maurice une inscription dédiée à Auguste par les Nantuates, qui ne permet pas de diercher ailleurs leur situation.
Pour ce qui est des Véragres , Tite-Live (liv. XXI, ch. 38) les roet« comme César, k la gorge des Alpes pmntnei, au pied du Grand Saim^^Bemard. Leur capitale Octodurwn est, selon les anciens itinéraires, à 12 milles de Tamadœ ou d'Agaunum, et ï 25 du Grand Saint-Bernard, summo Pennino, ce qui cadre parfaitement avec Mariigny. On a encore une Vie de saint Mou-
rice où ce caulon est parfaitement décrit , et le booi^ appelé Octoduru$^ de sorte qu'on ne saurait s y méprendre.
Aunlessus, en remontant le Rhône qui £iit ici oo angle droit, étaient les Sédunoiê^ qui sont ceux de Sion. On voit sur le mor méridional de la cathédrale une inscription qoe leur communauté dédiait à Auguste. On y lit GivrrAs Sedunorum pa-