TRONC
Après avoir déterminé le pays qu'occupaient ces peuples, revenons au camp de Galba. Par la description exacte qu'en dit César, il parait que ce camp occupait la moitié d'Octoduntm^ et vraisemblablement, si l'on en juge par la retraite des Romains, la partie qui est en deçà de la Draose, nommée les iUs d'Otan^ que cette rivière forme avec le Rhône, quand elle se déborde. Tout le terrain deçà et delà est fort uni , et cependant fort resserré, par des montagnes assez proches pour que Galba ait pu être attaqué inopinément « ou que, de la montagne qui domine le plus Martigny, les Véragres aient pu décocher des flèches jusque dans son camp.
Un savant de notre ville, très-habile antiquaire, M. le bibliothécaire Abauzit, alla sur les lieux en 1739, accompagné d'un de ses amis qui est aussi un homme fort intelUgent» je veux parler de M. Arlaud , peintre. Ds cherchèrent ce camp avec kmle l'exactitude possible, et n'en aperçurent aucune trace. Non contents d'avoir examiné la partie en deçà de la Dranse, ils visitèrent de même celle qui est au delà, et toutes les deux ensemble l'espace d'une bonne demi-lieue , jusqu'à l'endroit où la petite vallée de Martigny foit un angle presque droit avec odk qui mène au Grand Saint-Remard. On ne voit de part et d'autre qu'une plaine si unie, qu'elle va joindre les montage, non comme d'ordinaire en s'élevant peu à peu, mais par une ligne droite et horizontale , effet , à ce qu'il semble, des inondations successives de la Dranse ([ui ont aplani le terrain, et, par conséquent, effacé tout vestige du camp de Galba, surtout au quartier à'Otan^ plus sujet à l'inondation. Ces deux messieurs allé-
reol ensuite k Sien, et, à leur retour^ ils firent encore de nouvelles recherches avec quelques chanoines de Saint-Maurice, et d'autres personnes qui connaissaient bien le pays, mais avec aussi peu de succès que la première fois. — Voilà à quoi se réduit ce camp de Galba, qui, au dire de l'abbé de Fontenu, exciterait encore aujourd'hui l'admiration des voyageurs !
Il était nécessaire d'édaircir ce fait, le nom et la réputation de cet académicien pouvant imposer au public. Si l'on relève ici cette erreur, ce n'est point par la petite malignité du cœur humain , qui se plaît à trouver d'habiles gens en faute ; ce n'est point non plus pour prendre , à cet égard , quelque supériorité sur lui. Je me garderai bien de me mesurer avec de semblables experts sur la géographie ancienne , et encore moins sur ce qu'on appelle, en général, antiquités. Je déclare humblement que je suis fort novice sur ces matières. Tout l'avantage que j'ai sur lui sur l'article en question , c'est d'avoir eu un bon guide, tandis qu'il en a eu de mauvais qui l'ont égaré. Je ne parle que d'après notre savant Abauzit, qui a été sur les lieux, et je ne suis que son écho.
Je viens encore de consulter, depuis peu de jours, un habile Commissaire du Valais, qui a passé dans notre ville : c'est un homme d'esprit, et qui a poussé assez loin l'étude de l'histoire naturelle. Nous nous sommes entretenus sur le prétendu camp de Galba , et il m'a entièrement confirmé le témoignage de notre ami antiquaire. Il m'a dit qu'il avait travaillé autrefois dans tout le territoire de Martigny, qu'il en a mûrement examiné tous les environs, et qu'assurément il n'y reste aucune trace de camp ; que les inondations auxquelles ce pays est sujet doivent nécessairement les avoir effacées depuis bien longtemps; qu'on curieux ay^t foui la terre assez avant , et avec quelque attention, il y a deux ou trois années , remarqua fort distinctement dans la profondeur que l'on creusa , cinq couches différentes, qui marquaient visiblement autant d^inondations successives ; qu'en général le sol a été considérablement exhaussé par là
dans tout ce canton , et q«e Ton trouve quelquefois des masures anciennes, mais ibit avant dans la terre.
Ces éelaffcissements donnés, il ne sera pas inuûie de tàeber de découvrir sur quelles informations M. de Fonlenu a souteus si positivement le cootraire. Les mauvais (;wdes qu'il a suivis peuvent être, ou Gdbriel Simeoni, antiquaire florentin, ou Guichenon, ou enfin CoUet qui nous a donné les Sêatuts de Brensf. Ces auteurs se sont ^^arés tous trois en cberdiant le pays des NanUMe$, et ils ont pris pour le camp de Galba des retranchements qui en étaient bian éloignés* Simeoni crut avoir troufé les Nantuates dans le Bugey, et le camp de Galba assez bieo conservé sur la route de Genève à Lyon. Il est bon de copier ses propres termes : « Ayant souvenance, dit-il, d'avoir fait mention dans mou livre des Ob$ervatians mUiieùnn , d'une castramétation £iite par Galba , lieutenant de César, en la vallée que le dit Empereur décrit entre Sainl-Hanrice-le-Romaia et Saint- Jean4e-Vieux, que les villains du pays appellent la MoUf de$ Smranm^ j'en vis encore les doubles fossés, et la masse de la terre tout entière. » [Observation* antiques ^ elc. Lyon, 1558, p. 95.) Il en donne ensuite la figure, qui est à peu près circulaire. Le mal est, que cette vallée est bien lom de celle que César décrit. Quelque rapport de nom de Saml-Jtfaurtice-fe-tt^ main avec Saml-Mauriee en Valais , ou de iVonCiia, ville du Biigey, avec les Nantuates^ aura brouillé les idées du voyageur florentin. D est vrai qu'un camp romain bien conservé dans le Bogey, ferait preuve tout de même en faveur de l'abbé de Fontenn. Mais il est fort douteux que ce camp soit un ouvrage si ancien. La tradition fo donne avec autant de droit aux Sarrasins, qui , de la Provence oà ils s'étaient établis, vinrent foire des courses jusque dans le Bugey. Le sentiment des vitkins, c'estinlire des habitants du lieu, est beaucoup plus vraisemblable que celui du voyageur.
Il n'est pas surprenant que Simeoni s'y soit mépris. Les antiquaires de ce temps-là ne foisaiast presque que tàtonoer.
Ihift que dire de GuicheMn, célèbre historien ^ géographe du ptys, qui, vivant dans vn ûède plus édairé , n'a pas laissé de se Kvrer sans réflexîoii h la Biéprise de Simeoni? Il nous assoie <fe même qu'entre Siiint-Jean*4e-Vieui et Saint^Aburice-le-Ro* main, « on voit encore aujowrd'huî une castramétation entière de Sergios Galba, lorsqu'il alla faire ta guerre aux Nantuates, Sédonois.et Yéragrois. » {HiM. fie Bresse^ part. I, ch. 5.) Si ces anciens peuples revenaient au monde , ils seraient bien surpris de se voir ainsi dépaysés !
Un troisième auteur, encore plus récent , a commis la même firale, et a renchéri sur les deux awtres. Je parle de Collet, qui, frisant de cette méprise une position, et réglant les limites sur ce fiiux principe , place les NanUuUe$ à N&ntua^ les Viragres ao Val'R&mey^ et les Sédunois dans la Michaille, Il est difficile de se persuader que l'abbé de Fontenu ait voulu suivre un si mauvais géographe. Il faut même rendre k cet académicien la justice qu'il place bien le camp de Galba , et qu'il reconnaît qu'il faut le chercher dans le Valais; mais, par cela même, ceux qui ont cru le trouver ailleurs , ne sauraient lui servir de ga** rants.
Venons à l'autre preuve de ce savant antiquaire, et voyons si elle sera de meilleur aloi. « Ne voit-on pas aussi maintenant aîec surprise, ajoute-t-il, entre le lac deGemve et te mont Jwra, tme pmiie des retranchbxbkts que César y fit élever, pour fermer aux Suisses le passage des Craules? » — Oui, on voit avec la même surprise ce secmd exemple qu'allègue notre aca*^ déroicien d'un monument ancien assez bien conservé, puisqu'il n'en reste pas plus que de l'autre. Il a encore suivi ici de fort mauvais guides. Les restes de ce retranchement ne paraissent que dans quelques cartes qui tirent une ligne de Nyon au mont Jura , et qui y ajustent cette légende : Ruine$ ou restes du mur de César. Jacques Goulart, dans sa carte du lac Léman, a mis sur cet alignement : Reliquiœ mûri perantiqui a J, Cœ^ swre facti. Cette carte a été copiée bien des fois : on la trouve,
par exemple, dans Tatlas de Haeu, et Ton a pris soin d y conserver toujours ce prétendu retranchement. GInvier, cet excellent géographe, s'y est trompé comme les autres. Il dit, « qu'en^ Ire Nyon et le Jura on voit les ruines d'un ancien mur, que les savants croient être celui de César, pour s'opposer aux HeWé* tiens. » H parle, en particulier, d'un ancien château qui était a l'extrémité de ce mur, et qui le terminait, qui s'appelle, dit-il, le Château de la Patelle {Germama orKiftio, p. 348). Des curienx qui ont été sur les lieux, et qui y ont bit une recherche exacte» n'ont rien trouvé de semblable; mais quand ce château antique subsisterait , cela ne prouverait rien. Tous les habiles gens cooviennent aujourd'hui, qu'il faut entendre le mur à la hauteur de 46 pieds que fit &ire César [murum in allitudinefn%\i pednm), d'un simple retranchement de terre : murus se prend souvent dans ce sens-là, et la nature de la chose le demande. D'ailleurs l'abbé de Fontenu l'entend bien ainsi. Par conséquent, les anciens murs que l'on pourrait encore trouver dans ces quartierslà ne lui serviraient à rien pour prouver que son camp de Picardie, qui était une levée de terre revêtue de gazon, a pu se conserver si longtemps en bon état.
On peut regarder comme certain que Ion ne trouve, de Nyon au Jura , aucune trace du retranchement de César. Ces prét^h dues ruines ne se voient plus, et peui-étre n'ont-elles jamais existé que dans l'imagination de ceux qui ont mal entendu ces endroits des Commentaires de César. Ce qui rend ce soupçaa fort vraisemblable, c'est que ce n'est pas là où elles devraient être , quand elles auraient résisté à l'injure du temps. Le Ueu où passaient les lignes que César fit faire pour s'opposer aa passage des Helvétiens , n'est plus contesté. Depuis un certaa temps, tous les bons commentateurs les ont transportées près de Genève, au bord méridicmal du Rhône. Il s'agissait de diispoter le passage de celte rivière. Pour s'y opposer, ce général romain fit faire un retranchement qui commençait dès le bout in- Cérieur du lac Léman, vers l'endroit où ses eaux se déchargent
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dans le Rhône , c'est-à-dire un peu au-dessus de Genève, e( il le contiBua le long de cette rivière jusqu'au mont du Vuacbe, qui est vis-à-vis du pas ou fort de la Cluse. César donne k cette D)ontagne , où se terminaient ses lignes, le nom de Jwra, parce qu'il en peut être regardé comme la continuation. On trouve dans cet espace les 1 9.000 pas, qui est l'étendue que César donne à son ouvrage , ce que Ton ne pourrait trouver de Nyon au Jura . où il n'y a que 5 ou 6,000 pas en ligne droite. Plusieurs autres raisons aussi fortes démontrent cette position du retranchement de César le long du Rhône. Louis Vossius, dans ses notes sur les Commentaires de César ^ l'avait déjà placé de cette manière, sur les mémoires d'un gentilhomme allemand fort intelligent, et qui avait été sur les lieux.
Collet, dans ses StatxUs de Bresse, que nous avons trouvé en &ote sur la position du camp de Galba, a bien placé ce retranchement de César , et on doit lui rendre justice à cet égard. 11 dit que ce général se fortifia le long du bord méridional du Rhône, jusqu'au delà du Vuache. Il est vrai qu'il a une opinion bien singulière sur la situation de l'ancien (jenève. 11 le place au pied du Credo, proche des gués du Rhône, d'une manière h peu près aussi hardie que le pèreDunod, jésuite, voulait transporter Avenches dans son pays de Franche-Comté.
Dans la magnifique édition des Commentaires de César que Clarke donna en 1712, il place aussi le retranchement le long des bords du Rhône , et on y voit une estampe qui en donne une idée fort nette. Il donne une seconde figure qui suit immédiatement la première, pour représenter la tentative que les Suisses firent pour passer le Rhône , et la manière dont ils furent repoussés ; mais cette figure brouille tout, parce que le graveur ayant oublié que l'impression met à gauche ce qui était à droite sur la planche , tout se trouve à rebours, et (ait que le lecteur est entièrement dépaysé. On trouve aussi une carte avec la vieille erreur des lignes de César placées de Nyon au Jura. Il y a longtemps que l'on a remarqué que la beauté de l'impression et la
justesse de l'ouvrage ae vont pas toujours de compagnie. Voifii de quoi consoler les gens de lettres ^i ae sont pas assee riches pour se procurer ces belles éditions : ce sont des armes brillaates qui parent fort un arsenal, mais qui ne sont pas tes plos propres pour l'usage ordinaire : on peut avoir k peu de frais des commentateurs plus uûles pour éclaircir cet auteur romain.
Ceux qui voudront examiner cette question de la position des lignes de César, pourront consulter là-dessus une dissertation que l'on trouve dans la dernière édition de XUiMmre de Genève de Spon (1730) : le sujet y est parEutement édairei. Nous devons cette dissertation à M. Jean-Robert Butini, médecin de notre viUe, qui mourut assez jeune il y a quelques années. Elle (ut imprimée, pour la première fois, dans les Mémoires de Trévoux (juillet 1713, p. 1230). L'auteur, après avoir démontré son sentiment par plusieurs raisonnements convaincants, aurait bi^ soubaité de pouvoir le confirmer par quelques restes de ce retranchement, s'il avsût pu en découvrir. Il remarqua un jour, en se promenant le long du Rbdne, un tertre qn'il crut être ce qu'il cherchait ; mais l'ayant examiné plus attentivement, il reconnut qur ce n'était point un ouvrage romain, et il avoua de bonne foi qu'il était plus sur de l'attribuer a la pure nature. De quelque côté que nous cherchions donc ces restes du retranchement de César , il n'en parait pas plus de vestiges que du camp de Galba dans le Valais, c'est-à-dire aucune trace de part ni d'autre. U y a bien des siècles qu'ils sont réduits ao niveau du terrain des environs.
Cq)endant M. l'abbé de Fontenu, pour repousser les attaques auxquelles il prévoit bien qu'il serait exposé dans son camp de Péquigny, s'était jeté successivement, et dans le camp de Galba, et dans le retrandiement de César près de Genève , les croyant encore tous deux en assez bon état. Mais au lieu de gagner quelque poste fortifié , il se trouve en rase campagne, et tout ï fcit découvert. Ni d'un côté, ni de l'autre la place n'est plus tenable. Il est fort à craindre que son camp de Picardie manquant de
ces deux appuis, ne soit enlevé aux Romains, e( que quelque Mtre peuple ne s'en empare.
A4^Uoa MM éclalrelMements ci-dk»smi, !•' Avril 1944.
Dès que nous avons vu à Genève la dissertation susmentionnée de M. Tabbé de Fontenu , nous pensâmes de faire avertir Fauteur qu'il avait été mal informé. Dans cette vue, je fis visite à M. de Champeaux, notre Résident de France. H a l'esprit fort cultivé, beaucoup de goût pour la littérature, et il se plait k la conversation des gens de lettres. Je lui exposai le fait, et la méprise de l'académicien de Paris : je lui demandai ensuite s'il ne trouverait point à propos de l'en faire avertir. La réponse fut que cela n'était pas absolument nécessaire, que l'amour-propre souffrait toujours un peu de ces sortes d'avis, qu'il ne s'agissait que de quelques périodes glissées incidemment dans la dissertation , que la politesse voulait qu'on laissât tomber la chose. On s'en tint lii, dans la pensée que l'erreur de M. de FoDtenu ne devait pas avoir de suite , car il n'y avait pas lieu de soupçonner qu'il dût remanier ce sujet , et donner une dissertation complète sur le camp de Galba. Si la pensée nous en était venue dans l'esprit , tous les égards de politesse aiuraient cédé à l'obligation indispensable de l'avertir qu'il allait travailler sur un être imaginaire.
Ce silence, dont nous ne saurions être blâmés, n'a pas bien tourné ; il a donné lieu â ime fâcheuse récidive de notre savant, qui a repris ce sujet dans une Addition à Vliistoire des anciens camps connus en France sous le nom de Camps de César \ et, toujours guidé par les mêmes faux renseignements, il a persévéré dans son erreur.
* Mémoires de l'Acad, des Inscr. et Belles-Uttres, tome XIV ; Journal des Samnit, Août 1743.
Il aarak été bien k souhaiter qoe M. de Footena eût vu les Eclaircissements insérés à ce sojet dans le Jowrttal HelvéUqHe de juin 1740 : cette lecture lui aurait épargné bien des méprises. Je ne saurais rien faire de mieux que de renvoyer à cette dissertation.
Puisque Terreur de M. de Fontenu vient de ce qu'il a suivi Simeoni, qui, k défont de connaissances géographiques suflfisantes, croyait trouver le camp de Galba dans la Motte des Sarrasins en Bugey, cela m'a fait naître la pensée de m^informer de ce qui reste actuellement de cette ancienne fortification. J ai écrit pour cela à Nantua , au Supérieur d'un Prieuré de Tordre de Cluny : c'est M. de Montillet de Pérès , gentilhomme des plus polis, et qui a des manières assorties à sa naissance. Il m'a répondu qu'il n'a rien négligé pour me satisfaire , mais qu'il n a jamais ouï parler dans le pays de ce prétendu camp de Galba, ni de rien qui en approche tant soit peu ; qu'il s'est informé, dans tous les environs, de ceux qui auraient pu lui donner quelques lumières là-dessus ; qu'il s'est d'abord adressé au Grand-Prieur de Saint-Rambert, qui est encore plus à portée que lui du lieu où ce monument devrait être, mais que quelques recherches que son ami ait faites , elles ont été inutiles. Il ajoute qu'il est allé enfin au supérieur d'Ambournai, abbaye des Bénédictins réformés de la congrégation de Saint-Maur, qui sont situés fort près du lieu en question. On sait que ces religieux ont du goût pour tout ce qui s'appelle antiquités ; cependaut aucun d'eux n'a eu la moindre connaissance de ce qu'on souhaitait de savoir. Le Supérieur, après ces informations prises dans le monastère même, a mandé un habile Commissaire, qui a fait la rénovation de leurs terriers, et qui a levé le plan d'une assez grande étendue de terre du voisinage. Tout ce qu'on a tiré de lui, c'est qu'il connaissait parfaitement les environs, qu'il n'y avait pas la moindre élévation de terre, la moindre buite qui lui eût échappé, mais qu'il n'avait jamais rien remarqué qui eût tant soit peu Tair de fortifications anciennes ; que s'il y avait eu autrefois quel-
yies levées de tenre, il y a bien lougtemps qu'on les aurait mis IQ niveau du reste de la campagne , pour les mettre à profit et y semer du grain. — Enfin , on a ai^si consulté liMlessus la mémoire des vieillards : les plus âgés ont déclaré qu'ils n'avaient jamais ouï parler qu'il y ait eu autrefois rien de semblable dans le pays. La tradition est donc entièrement muette sur ce prétendu camp de Galba.