LOUIS, DUC DE SAVOIE
(FwtttBe de Bolomier. — Véritable cause de sa condamnation. — Snpplice de Timmersion. — Tombeau de Bolomier à Poncin. — Prétentions de quelques familles nobles de descendre des Romains — Hôpitaux St- Joire ou Bolomier et Tersonai, à Genève. — École fondée à Genève, en 1429 par Versonai.)
(Journal Helvétique, Avril 1750.)
Yous me demandez. Monsieur, que je vous éclaircisse un endroit de Y Histoire des Suisses de M. le baron d'Âlt , qui vous a fait quelque peine ; c'est dans le tome lY, où il rapporte un événement qui intéressait toute l'Europe. Il s'agit de l'accommodement qui se fit entre Nicolas V et Félix V, par lequel ce dernier, qui avait été élu par le concile de Bàle , céda le pontificat à son rival sous certaines conditions. L'auteur nous apprend que le projet de cet accommodement se fit d'abord à Genève , où résidait Félix. L'afiaire traîna en longueur ; mais enfin ce duc de Savoie , élevé k la dignité papale, en fit une entière cession, et par là rendit la paix à l'Ëglise. Ce schisme étant fini , la joie fui générale par tout le monde chrétien.
Jusque-là tout est aplani, mais l'historien ajoute une particularité qui vous surprend. c< Louis, duc de Savoie, dit-il , craignait tellement que l'affaire ne manquât , qu'informé qu'un certain Bolomére tâchait de dissuader Âmédée son père, de donner sa cession , il le fit prendre et jeter dans le lac , avec une pierre
au cou* . x>
Vous avez reconnu, au travers de ce nom estropié, qu'il s'agit là de Bolomier, dont il est parlé quelquefois dans notre
* Histoire des Suisses, tome IV, page i67.
histoire de Genève , et qui avait eu des emplois considérables sous Amédée VIII. Mais vous ne pouvez pas concevoir, ditesvous, que le duc Louis, son successeur, sans autre forme de procès, eût fait prendre et no)er Bolomier, dans le lac Léman, pour avoir donné à son mailre un conseil qu'il jugeait apparemment convenable; c'était de ne pas se dessaisir si facile* ment de la thiare , dont le concile de Bâle l'avait décoré. Ce fait vous paraît narré d'une manière obscure et même peu vraisemblable. Si l'on nous disait que le Grand Seigneur a fait noyer ou étrangler son grand vizir, parce qu'il avait donné à quelqu'un des conseils qui avaient déplu à Sa Hautesse, nous n'en serions pas surpris ; cette rigueur est dans la nature du gouvernement de ce pa}'s-là. Mais vous avez raison d'être surpris qu'on attribue a un duc de Savoie un despotisme poussé si loin ; il s'agit donc de débrouiller ce fait.
Une autre question que vous me faites dans votre dernière lettre, c'est de savoir si ce n'est pas ce même Bolomier qui avait fondé autrefois à Genève le couvent des religieuses de Sainte- Glaire, où est aujourd'hui notre grand hôpital.
Guillaume de Bolomier était seigneur de Yillars dans le Genevois, premier maître des requêtes et grand chancelier de Savoie ; voilà d'abord ses titres. Sa fortune fut rapide. De simple gentilhomme il parvint à être le premier ministre du prince ; mais sa fin fut des plus tragiques. M. le baron d'Âlt la rapporte d'une manière si concise, qu'elle demande nécessairement d'être un peu développée et éclaircie.
Il y a apparence que Bolomier avait un peu abusé de son autorité. Le seigneur de Vareuibon ayant éié nommé en 1445 pour un des réformateurs généraux de l'Etat de Savoie, il avait reçu diverses plaintes contre Bolomier. Le chancelier, pour affaiblir les accusations qu'allait faire contre lui le réformateur, essaya de le perdre ; il l'accusa d'avoir lui-même des intelligences secrètes avec les ennemis de son maître. Le duc nomma des commissaires pour examiner les preuves qu'alléguait Bolo-
mier; elles se trouvèrent insuffisantes, et il fut condamné à mortf comme calomniateur. La sentence. est du 13 août 1446. n en appela au conseil du duc : cet appel traîna l'affaire en longueur; mais enfin l'arrêt de mort fiit exécuté; Bolomier fut jeté dans le lac à Thonôn , avec une pierre au cou : on montre encore la tour d'où il fut précipité. C'est ainsi que Guichenon rapporte cette affaire dans son Histoire de Savoie. Il finit cet article en disant : « Bolomier, par un supplice étrange, fut jeté vif dans le lac de Genève * . »
L'historien de Savoie qualifie cette mort de supplice étrange \ il me semble que ce n'est pas s'exprimer exactement. J'avoue que le sort de cet infortuné gentilhomme est des plus surprenants et des plus tragiques ^ mais le genre de mort qu'on lui fit subir était le supplice le plus usité dans ce temps-là. On voit dans cette même Histoire de Savoie , que Philippe , fils du duc Louis, fit condamner, une vingtaine d'années plus tard. Valpergue, chancelier d'Anne de Chypre, sa mère, a être noyé dans le lac à Morges. J'ai lu quelque part la raison qui a fait abandonner ce supplice, qui était fort commun avant le règne de François P^. Ceux que Ton pend aujourd'hui étaient presque tous noyés. Voici ce qui a fait changer cet usage, à ce que l'on prétend : le peuple est depuis longtemps dans ce préjugé, que ceux que l'on noie meurent presque tous désespérés, et par conséquent en grand danger pour le salut, au lieu, disent-ils, que ceux que l'on pend sont presque tous sauvés.
Le procès criminel de Bolomier roula donc sur sa fausse accusation de trahison contre Varembon. C'est cette noire calomnie que l'on voulut laver dans les eaux du lac Léman. Cependant, je ne voudrais pas nier que quelque autre cause secrète^ comme celle qu'en donne l'historien des Suisses , n'ait pu con^ courir aussi à la perte du malheureux Bolomier ; il avait été longtemps le secrétaire de Félix V. Le conseil qu'il lui donna
* Tome I, p. 508.
de se maintenir dans le pontificat fut regardé comme partant d un mauvais principe. On sait que le poste de secrétaire d'un pape est fort lucratif. Il parut sans doute à bien des gens que celui-ci voulait sacrifier la paix de l'Ëglise à ses intérêts particuliers; il y avait là de quoi le rendre odieux.* Il avait amassé des richesses immenses, qui contribuèrent encore k sa perte. La confiscation de ses biens put entrer pour quelque chose dans sa condamnation. Un historien doit bien insinuer ces motifs cachés du triste sort de Bolomier, mais, en rapportant son supplice, il doit parler comme la sentence , je veux dire qu'en rapportant le jugement, il faut établir qu'il fut condamné à ce genre de mort pour avoir calomnié Yarembon.
Mais ce qui peut justifier M. le baron d'Âlt, c'est que quelques historiens avaient parlé de la mort de Bolomier a peu près comme lui. Voici ce qu'en a dit Paradin dans sa Chronique de Savoie : il rapporte d'abord que le duc Louis avait fort à cœur que son père fit la cession. « En quoi, ajoute-t-il, lui était entre autres fort contraire Bolomier, chancelier de Savoie , qui empêchait que Félix ne se démit de la dignité papale , pour le profit et gain particulier que faisait le dit Bolomier. C'est pourquoi les choses étant accomplies et pacifiées , le dit duc Louis, ayant opinion que cette cession avait été différée par le conseil de Bolomier, et que lui seul avait été cause de ce trouble pour son avarice et rapacité, conçut si grande haine contre lui, qu'il lui fit faire son procès, par lequel se trouvant convaincu de plusieurs cas à lui imposés « fut enfin condamné d'être jeté dedans le lac une pierre au cou. Et ainsi fut exécuté, au grand plaisir et contentement de toute la noblesse, que le dit Bolomier avait irritée. Son avarice le ruina, car il avait amassé de grandes richesses *. »
Un autre auteur, encore plus propre k justifier ou à excuser le laconisme de notre historien des Suisses, c'est le père Favre
^ Ckrjonique de Savoie^ livre m, chapitre 42.
de rOratoire, continuateur de YHisloire ecclésiastique de Fleury. Il a rapporté la mort de Bolomier d'une manière aussi sèche, et c'est apparemment la où le baron d'AIt aura puisé ce fait.
<ï Charles VIII, roi de France (dit le père Favre), avait tout acheminé à la paix entre Nicolas V et Félix V. Louis de Savoie craignait tellement que TaiTaire ne manquât, qu'étant informé qu'un certain Bolomere tâchait de dissuader Amédée son père, de donner la cession , il le fit jeter, une pierre au cou, dans un lac *. » Vous voyez, Monsieur, que ce continuateur et l'historien des Suisses sont parfaitement à l'unisson.
L'un et l'autre ont trop abrégé celte histoire, mais ce défaut est plus excusable que celui de quelques autres auteurs, qui, en voulant trop l'étendre, l'ont chargée de circonstances non-seulement douteuses, mais même fausses. C'est ce qui est arrivé à Eneas Sylvius , qui, étant devenu pape, prit le nom de Pie II ; on a de lui une Cosmographie ; il y fait l'histoire de Bolomier, à peu près comme les autres auteurs, mais il ajoute cette particularité, qu'il se trouva coupable de trafiison*. Cet habile homme, quoique contemporain, s'est visiblement trompé. Bolomier, comme nous l'avons vu , fut condamné , non pas pour crime de trahison , mais pour en avoir accusé faussement un autre.
Je ne dois pas oublier. Monsieur, de vous faire part d'une singularité curieuse, et bien propre à fortifier le pyrrhonisme historique, c'est que l'on voit dans l'église de Poncin, petite ville du Bugey, le tombeau et Tépitaphe de Bolomier, dressés d'une manière à donner le change à la postérité sur sa mort ignominieuse. Sur sa pierre sépulcrale , il est représenté en marbre dans toute sa longueur : dans l'épitaphe, il est décoré de tous ses titres , et on y a anticipé de trois ou quatre années le temps de sa mort. Cependant il est douteux qu'il ait été enterré à Poncin , et il est certain que sa sentence de mort est du mois d'août i 446 ; l'épitaphe le fait mourir en 1 443, et on a son
* Continuation de Y Histoire Ecclésiastique de Fleury, sur Tan 1449, p. 491.
* Proditiimit reus factus, cap. 38.
testament daté de décembre 1444 ^ N'admirez-vous pas qu'on homme puisse faire son testament plus d'une année après sa sépulture? Anne de Dortans, sa femme, mourut à Genève en avril 1443. La mort lui épargna la douleur que lui aurait causé le supplice ignominieux de son mari.
Après avoir rapporté la noire action de Bolomier, qui lui coûta la vie , et les autres plaintes que l'on avait faites contre lui , l'équité veut que nous examinions s'il n'avait rien fait de bon pendant sa prospérité, rien qui pût un peu compenser le mal. Outre plusieurs legs charitables que contient son testament , on lui attribue la fondation a Genève d'un monastère de religieuses de l'ordre de Sainte-Glaire. Ce couvent devint un hôpital k la Réformation.
Guichenon dit que Guillaume de Bolomier fonda l'hôpital de Poncin, le Chapitre et le chœur de l'église du dit lieu. Il fit restaurer et rebâtir l'hôpital de la Madeleine de Genève, et en augmenta la dotation , en témoignage de quoi il y laissa cette inscription , laquelle se voit encore aujourd'hui sur la porte de cet hôpital : Pàlronm noster miles Gutliernius Bolomerius , in nnno 1443, nos funditùs instauravit. Au-dessus est l'écu de ses armes , qui sont de gueules k un pal d'argent '.
Spon rapporte cette inscription d'une manière même plus exacte. Dans sa copie, ce fondateur ou bienfaiteur, conformément a l'original, est appelé Bolomerius Fabius^ comme dans son épitaphe. Dans le quatorzième et quinzième siècle, on trouve des familles nobles qui prétendaient être venues de quelques anciens Romains, des Lentulus, des Fabius, etc. Celle de Bolomier se disait originaire de Rome , et de la noble et ancienne
* Voici répitaphe, où Bolomier est si bien caractérisé, qu'on ne peut pas avoir pris un autre pour lui.
GuiUelmus Bolomerii Fabius Miles, Gancellarius et Primus Magister Requestarum Sabaudiae, hujus loci Fundator, obiit XII Septembris 1443. Anna uxor, fUia Domini Dortenci, prœdecessit, die Martis Paschse 7 Âprilis, Gebenpis, bue delata 3 die Natalis Domini sequentis.
' Guichenon, Histoire de Bresse et de Bugey, tome II, page 40.
famille des Fabiens ; ils produisent des titres de l'an 1315, par où il parait qu'ils descendaient d'un Gérard Fabius.
Mais si l'historien de Genève a rapporté fidèlement l'inscrip* tion , il y a lieu de douter qu'il l'ait bien entendue. « Cette inscription nous apprend, dit-il, que noble Guillaume Bolomier avait fondé le couvent de Sainte-Claire à Genève en 1443. Il avait des possessions près de ce couvent, et il prit de là occasion de le rebâtir * . »
L'autorité de cet antiquaire nous avait imposé , et le sentiment général à Genève était que Bolomier y avait autrefois fondé le couvent de Sainte-Claire. Quand nous lisions dans Guichenon qu'il y « avait fait restaurer et rebâtir un hôpital , » voici l'explication que nous donnions à ces paroles : cet historien a voulu dire que ce gentilhomme avait réparé le monastère de Sainte- Oiaire, qui est aujourd'hui un hôpital. J'ai été dans celte pensée assez longtemps^ avec bien de nos gens de lettres; mais, après un mûr eiamen, on a trouvé que Guichenon avait raison, et que c'était Spon qui s'était trompé dans l'explication de l'inscription.
Il y est fait mention d'une réparation totale d'un édifice , qui devait être tombé en ruines. Nos funditàs instauravit. Ceux qui habitaient cette maison disent qu'elle a été rebâtie de fond en comble par leur bienfaiteur. On sait qu'avant Bolomier, les religieuses de Sainte-Claire n'avaient point eu d'établissement à Genève ; il n'a donc pas pu faire des réparations à leur monastère.
L'inscription est encore aujourd'hui dans la même place où elle avait été mise originairement, nonobstant les changements arrivés à cet édifice. Et la portion de bâtiment où elle est enchâssée n^a jamais appartenu au couvent de Sainte-Claire, mais était un hôpital tout à fait séparé du monastère. On a fouillé dans nos archives pour savoir ce que c'était anciennement que
* Histoire de Genève, tome IF, p. 3i9.
icette maison de charité. Une ancienne reconnaissance de Tan 1414 rappelle Y hôpital de St-Jotre * ; il portait ce nom, parce qu'apparemment il avait été fondé par Âlamand de St-Joire , évêque de Genève, qui vivait cent ans avant Bolomier. Quand ce second bienfaiteur l'eut entièrement renouvelé , il porta son nom et fut appelé \ hôpital Bolomier. Ces anciennes reconnaissances nous apprennent que dans cet hôpital il y avait une chapelle dédiée à la sainte Vierge , qui faisait quelquefois appeler cette maison de charité Y Hôpital de la bienheureuse Vierge. Une des colonnes de la porte de cette chapelle subsistait encore eu 1749, et l'inscription se voyait au-dessus; mais la caducité de l'édifice obligea h le rebâtir cette année-là , et trois mois après il souffrit un incendie qui l'endommagea beaucoup.
Une autre reconnaissance nous apprend qu'en 1477, un Guillaume Bolomier était recteur de cet hôpital ; il était neveu .et apparemment filleul du Chancelier. Il y a apparence qu'il hérita des fonds que son oncle possédait k Genève , qui étaient fort considérables, soit en maisons, soit en terres. Les biens qu'il avait en Savoie furent apparemment confisqués ; ceux de Genève , se trouvant sous une autre domination , durent passer au neveu , parce que le Chancelier ne laissa poiat d'enfants.
Yoilk donc Guichenon réhabilité sur ce qu'il a dit, que Bolomier avait été le réparateur et le bienfaiteur d'un hôpital de Gepève ; il s'est seulement trompé sur le nom. Il l'appelle de la Madeleine , il fallait dire de la bienheureuse Vierge Marie. La méprise est des plus légères.
Il est bien vrai qu'il y avait eu autrefois a Genève un hôpital dans le quartier de la Madeleine , mais Bolomier n'y avait point contribué. Le fondateur était François de Yersonai , et la date est de 1452. Cet hôpital était principalement destiné pour les femmes malades et accouchées.
Il y avait encore à Genève deux ou trois autres hôpitaux,
^ In favorem Rectoris Hospitalis Sancti Jorii.
dont il ae s'agit point ici ; mais je ne saurais me résoudre à passer sous silence un autre bel établissement du fondateur de Tbôpital de la Madeleine. Voici ce que je trouve dans une histoire manuscrite de Genève \ et qui mérite bien de trouver ici sa place :
c( L'an 1429, un riche marchand de Genève, et homme sans doute éclairé, qui s'appelait François Yersonai, se signala par un établissement qui doit lui faire honneur. Il fonda une école, dans laquelle on devait enseigner la grammaire, la logique et les autres arts libéraux. Il fit bâtir, pour cet effet, une maison tout près des Cordelîers de Rive, c'est-k-dîre à une petite distance des bords du lac. L'acte de cette fondation , que l'on a dans les archives, contient diverses clauses; il défendait, par exemple, •aux maîtres qui seraient appelés à enseigner, de prendre aucune récompense, ni d'exiger aucun émolument des écoliers, et que ceux-ci , en reconnaissance de l'avantage qu'ils avaient d'être enseignés gratis, seraient obligés de se rendre tous les matins près de l'autel bâli dans cette maison , et de réciter là un Pater et un Ave Maria ^ pour le repos de l'âme du fondateur de l'école, et de ceux qu'il aurait dans l'intention. C'est dans cette maison que l'on a enseigné la jeunesse dans Genève , non-seulement jusqu'à la Réformation , mais encore jusqu'au temps que le collège fut construit dans le lieu où il est aujourd'hui. L'an 1558, Calvin représenta que l'ancien collège n'était pas bien situé, qu'il n'était pas assez spacieux, et n'avait pas un nombre suffisant de régents ; il fit sentir qu'il fallait le placer dans un lieu plus agréable, plus aéré, plus éloigné du bruit. La nouvelle place que l'on choisit s'appelait les Hutins de Bolomier^ et était contiguë à l'ancien couvent de Sainte-Claire. »
Bolomier a-t-il été fondateur du couvent de Sainte-Claire? On le croit communément à Genève , après Spon , qui l'a dit ainsi dans son Histoire de Genève^ mais sur l'inscription mal expli-
' Celle de Jean-Antoine Gautier, liv. II.
in
quée ou plutôt mal appliquée. Il est vrai qu'il ajoute une demipreuve, c'est que c( Bolomier ayant des possessions près du couvent de Sainte-Glaire, il y a apparence qu'il prît de là occasion de rebâtir le dit couvent * . » Mais Guichenon attribue la fondation de ce monastère à Yolande dé France, duchesse de Savoie et sœur de Louis XI , roi de France ; elle doit l'avoir bâti environ l'an 1470.11 se pourrait que Guillaume Bolomier, neveu et héritier du chancelier, qui vivait dans ce temps-là et qui avait des possessions dans le voisinage, ait donné l'emplacement, et que la princesse ait fait construire le monastère. Après tout, il ne nous imporle pas beaucoup aujourd'hui de savoir précisément qui avait fondé ce couvent ; c'était l'affaire des religieuses qui rhabitaient , dont la principale fonction était de réciter des prières pour le repos de l'âme de la personne qui les avait £0 ndées.
Vin