‹ Œuvres inédites de Maine de Biran (volume 2)Chapitre 28 sur 90 · INTRODUCTION DE L'ÉDITEUR. LI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION DE L'ÉDITEUR. LI

née, n0n-mdi, qui la produit ; mais cette croyance n'est pas une connaissance. Ce n'est que par l'exereiee du toucher proprement dit, résultat d'une activité expresse, que le ‘corps étrangar se manifeste dans sa nature propre, comme résistance externe à l'effort. Dès lors le corps étranger est connu dans son essence, il devient le support substantiel da tous les modes sensibles, et la science de la nature s'ouvre à l'esprit humain.

L'attention ne permet pas seulement l’aceès à la science de la nature, elle fournit encore à l’ordre moral des garanties nécessaires. Tant qu'il ne sort pas de la sphère des pures sensations, l’homme obéit à tous ses entraînements, et sa conduite dépend tout entière de l'équilibre des penchants naturels qui se combattent librement, sans qu'aucun principe étranger vienne troubler la prépondérance des plus énergiques. Mais l'attention a le privilége de donner une vivacité proportionnelle à son intensité, aux idées sur lesquelles elle se fixe. Par ce moyen, l'activité personnelle intervient dans la lutte des penchants, oppose des fées qu'elle avive à des passions immédiates, et donne à la conduite de l’homme une règle autre que ses instincts.

Telles sont les conséquences importantes de l'attention, qui n'est rien autre que la volonté mème en exercice. Toutefais, dans le système perceptif, si le moi exerce son initiative, sil n'est plus le simple spectateur et l'esclave des impressions du dehors, il n'agit que sollicité par ces impressions. Le monde sensible prévaut encore, en ee sens qu'il est toujours

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l'occasion et le point de départ des phénomènes. Aussi la science ne pourra être que celle des modes et des qualités variables qui dépendent de notre sensibilité, la description et le classement des objets extérieurs, la formation des idées générales qui s’y rapportent. Îl n’y aura pas encore de place pour les notions purement intellectuelles, pour la théorie des ètres, considérés indépendamment de leurs modes ; une science de cet ordre n'appartient qu'au système suivant.

Ce dernier système, le système réflexif, est le résultat du plus haut degré de l'effort, par lequel le moi s'abstrayant lui-même de tous les éléments adventices, se connaît et se contemple dans sa pureté. L'acte de réflexion est l’acte dernier de la conscience. Le sujet s’isole de tout ce qui n’est pas lui; la connaissance purement intérieure est alors réduite au fait primitif et aux notions qui s’y rattachent. Le sujet trouve en soi, la source des deux sciences de raisonnement pur, qui ne dépendent en rien des modes variables de la sensibilité. La conception pure de l'espace, manifesté intérieurement dans le continu résistant, est la base des mathématiques; l'effort en lui-même est, avec tout le système des idées intellectuelles qui en dérivent, l’objet propre de la psychologie. La réflexion enfin donne à l’âme la conscience claire de son pouvoir d'agir, et cette conscience, combinée avec l’idée du temps, rend possible la prédétermination des actes futurs, complément de la liberté morale.

Le système réflexif ayant son fondement dans le

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