‹ Œuvres inédites de Maine de Biran (volume 2)Chapitre 3 sur 90 · INTRODUCTION DE L'ÉDITEUR. VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION DE L'ÉDITEUR. VII

récent (1), le titre à peu.près uniqüe sur lequel reposait la renommée métaphysique de M. de Biran. C'est l'œuvre dont M. Cousin a si bien exposé la: nature et fait sentir l'impertance danis la préface qu'il a publiée en 4834.

Mais ce n’est pas là que s'arrête le développement du philosophe qui, le premier en Frence, a réagi : sérieusement contre la domination du -sénsualisme. Sa pensée paræourt une période nouvelle, dont les . monuments, malgré leur état incomplet et fragmentaire, n'er sont pas moins de ka ‘plus haute irportance. Les préoccupations qui produisent et carac- * térisent cette période ne permettent pas d'hésiter sur le nom qui doit Jui être donné; c’est‘la période de CR Philosophie de la Religion (1818 à 1824).

Passer en revue ces trois périodes successives, non pour en faire l’histoire détaillée qui demanderait un long récit, mais pour en saisir, s’il-est possible, l'esprit général et la portée saedtifique, tel est le « but de cette Introduction. Je me suis servi pour ce travail, non-seulement de tous e$ éerits publiés de l'auteur, mais de ses ouvrages encore inédits, de ses ébauches, de ses notes et du Journal intime dans lequel il enregistrait, avec les événements de sa vie; ses impressions et ses pensées dé ehaque jour.

Une remarque préalable est encore néeessaire. S'il y a quelque chose d’artificiel dans le fait de couper

(1) Maine de Biran, sa vie et ses pensées. La vie, placée en tête de ce volume, est le complément naturel de la présente introduction, J'y renvoie pour toutg la partie proprement biographique,

VIIL OEUVRES DE M. DE BIRAN

en un certain nombre d'époques déterminées, le mouvement continu de la pensée de M. de Biran, il est impossible, à plus forte raison, de donner une valeur rigoureuse à la désignation expresse de l’anmée qui commence ou finit chacune de ces époques. C'est en 4804 que M. de Biran aperçoit nettement le

.rôle de la volenté dans l’homme; c'est en 1818 que

Ja’ prévecupatien religieuse influe décidément sur

, Ses travaux. Mais les directions de sa pensée qui se

manifestent très-clairement à ces deux dates se trouvent en germe daps des écrits antérieurs ; et il

* n'est pas moins essentiel de remarquer que tel écrit **, rédigé dans une des périodes mdiquées porte le ca- ‘ ÿactère prédominant de la période précédente. Les

"mauvements de l'esprit humain ne se conforment pas

à la précisign d’une division chronologique. Deux courants de la pensée, dont l’un doit finir par absorber l’autre, coulent souvent dans le même lit, sans se confondre, pendant un certain espace de temps. C'est donc le cas d'appliquer ici, à l'histoire d’un seul philosophe {la suite de ces pages en fournira la preuve), ce que. le docteur Ritter a heureusement exprimé en vue de l'histoire générale de la philosophie: « Notre division ressemble moins à une « division mécanique qu'à la décomposition chi- « mique d'un compesé d'éléments divers. »

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