‹ Œuvres inédites de Maine de Biran (volume 2)Chapitre 30 sur 90 · CS EE · texte numérisé non relu

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LXVIII ŒUVRES DE M. DE BIRAN

autant que riches de celles qu'ils énoncent explicitement. Les amis de la philosophie en feront l’expérience, s'ils veulent entrer dans une voie qu'on leur indique en toute sécurité. Ces pages ne sauraient remplacer l'étude des textes qu'elles précèdent et n’en ont point la prétention ; je puis donc me borner ici à quelques indications rapides, relatives aux principales conséquences tirées par l’auteur des principes généraux qui viennent d'être exposés.

M. de Biran, dès ses débuts, avait été scandalisé de l’assertion de Cabanis que : « le cerveau digère « les impressions et fait organiquement la sécrétion « de la pensée. » Une fois en possession de sa théorie, il put apprécier complétement la valeur de la doctrine qui affirmait que : « le moral n’est que le « physique considéré sous certains points de vue « particuliers, » et élever une science nouvelle des rapports des deux éléments de la vie humaine, en opposition à celle de l'illustre médecin qui avait été l'un de ses maitres.

Il n'oublie jamais la part faite à l'élément physique de notre nature, mais il trace ses limites d’une main ferme, et ne permet pas plus à la science de l'esprit d'oublier le corps, qu'à la science du corps de méconnaître l'esprit. Solidement fondé sur le terrain de la conscience et de l'observation intérieure, il juge et écarte facilement : le mécanisme de Hobbes qui supprime l'objet même de la psychologie; l’enimisme de Stahl qui, attribuant à l’action de l’âme, les fonctions organiques inconscientes, de même que

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