INTRODUCTION
La difficulté qu'il y a à bien saisir le principe de la connaissance dans sa primauté et sa réalité de fait, si bien prouvée par l'histoire des opinions et des divers systèmes des philosophes, l'est de plus par les tentatives infructueuses qu'on a faites jusqu'ici pour analyser ce principe ou l'exposer d'une manière précise, nette, et à l'abri de toute attaque, enfin pour élémenter la science de l'esprit humain.
Ceux qui s'attachent d'abord et uniquement à une expérience extérieure, comme ceux qui chicanent sur la réalité de cet objet, se montrent également faciles à admettre certains principes ou certaines formes de nos connaissances, qu'il faudrait peut-être éclaircir, vérifier ou constater dans leur source même, avant de les appliquer comme données, ou de les employer comme hypothèses. Cette remarque aussi judicieuse que profonde (1 ) a donné lieu aux recherches fondamentales dont nous nous occupons. Il sera utile de la confirmer par un examen rapide des doctrines de philosophie, considérées sous le rapport des principes sur lesquels elles s'appuient, ou des faits qui leur servent de point de départ.
(1) Voyez le programme de l'Académie de Berlin.