DES FAITS PRIMITIFS
Il est, je crois, assez généralement reconnu (et personne ne peut le nier) que toute perception complète ou actuelle, comprend, avec le sentiment du tnoi\ simple, un, et constamment identique à luimême , la représentation ou l'intuition de quelque chose, soit objet, soit impression sensible, variable et multiple, diflTérente de ce moi.
De quelque manière qu'on puisse expliquer l'union intime ou l'association des éléments de perception, toujours faut-il reconnaître que ces éléments sont deux. C'est là un fait, une donnée actuelle, un point de départ d'où l'analyse pourra partir pour décomposer encore, ou pour s'assurer qu'il n'y a plus lieu à aucune décomposition ultérieure. Mais la dualité constatée, reconnue d'une manière aussi générale, est-elle bien le fait primitif? et ce fait est-il vraiment indécomposable? C'est ce que nous affirment des philosophes dont l'autorité est du plus grand poids, et qui ont même attribué toutes les illusions et les écarts des systèmes abstraits aux vaines tentatives faites pour expliquer et analyser la dualité qu'ils admettent comme primitive et par là même inexplicable. Néan-
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moins, ce point de vue qui s'applique à notre expérience réfléchie actuelle, peut-il s'appliquer égalenTent à rorigine de dos facultés et de ûotre existence aperçue? Le sentiment du wiof a^t-il été unî d*une manière aussi intime, aussi indivisible aux impressions affectives? i*est-il même toujours ègalenjent à toutes les affections que nous pouvons é|>rouver dans notre manière actuelle de sentir et de percevoir? N'y a~t-il pas des degrés de variation en plus ou en moins, et, de cette expérience môme, ne pouvons-nous pas induire avec fondement que le sentiment du moi ou d*individualité personnelle n'a pas nécessairement commencé avec les impressions de la sensibilité, ou ne leur est pas essentiellement inhérent? Ne pouvonsnous pas conclure par suite que l'espèce de dualité, qui constitue notre perception complète actuelle, n'est pas réellement primitive» mais que ses éléments oui pu être réellement séparés dans Torigine et peuvent être conçus ainsi Tun hors de l'autre, non pas seulement dans un point de vue purement abstrait^ mais dans certains modes réels et positifs de notre exis* tence?
En attendant que nous puissions fournir des ex^ emples propres à confirmer la séparation, admettons d^s à présent comme hypothèse, Fun des éléments de la perception complète sous un titre quelconque, qui exprime sa simplicité, tel que l'effet d'une impression sensible séparée de tout sentiment du moi ou d'individualité personnelle. On pourra demander si le second élément, proprement nommé ^ti6;>c^i/, peut aU93i m^t^v à partt ou plutôt si le moi, dès ^u'il