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Tunivers, comme la pensée divine s'y est conformée pour le créer. Dans cette région élevée au-dessus de toute expérience intérieure et extérieure, on voit l'esprit systématique de Leibnitz se rencontrer avec celui de Descartes. Gomme Tun a cru pouvoir mettre la réalité de l'existence sous la forme d'une conclusion syllogistique, l'autre croit pouvoir la démontrer en appliquant le principe de contradiction ou de raison suffisante (1). Ces deux génies éminemment méditatifs saisissent le fait de conscience dans sa profondeur; mais ils ne savent pas ou ne veulent pas s'arrêter, et croient devoir remonter plus haut pour trouver le principe générateur de la science. Tout ce qu'ils ont voulu placer au delà est hypothétique, arbitraire, sujet aux doutes et aux illusions, comme étant non-seulement supérieur, mais de plus contraire au fait primitif du sens intime.
L'opposition de ce fait, avec les deux systèmes des causes occasionnelles et de l'harmonie préétablie ressortira des analyses ultérieures auxquelles nous procéderons incessamment. Il s'agissait ici seulement de montrer l'origine qu'ont eue ces systèmes
(1) Voici pourtant un passage de Leibnitz qui semble bien prouver qu'il a parfaitement connu la ligne de démarcation entre les deux espèces d'évidence :
« L'aperception immédiate de notre existence et de nos pensées « nous fournit les premières vérités a posteriori ou de fait, c'esl-à- « dire les premières expériences, comme les propositions identiques « contiennent les premières vérités a priori ou de raison, c'est- à- « dire les premières lumières. Les unes et les autres sont incapa- «bles d'être prouvées, et peuvent êti'e appelées immédiates: « celles-là, parce qu'il y a immédiation entre l'entendement et son « objet; celles-ci, parce qu'il y a immédiation entre le sujet et le « prédicat. » {T^ouveaux Essais^ livre IV, ch. IX, à la fin.)
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dans certaines excursions de Tesprît hors des limites du fait, qui peut iseul doûner une base réelle h h icience.
I>e diTers systèmes plas rëCÊuU et en parLieuUer ds celui de Kaat
C'est a Descartes et à Leibnitz, comme chefs de deux écoles célèbres, qu1l faut attribuer toutes les tentatives malheureuses faites depuis pour trouver l'origine de la connaîssanee» eu la cherchant où elle n'est point, sans rapercevoir où elle est, dans le phénomène de la conscience.
Il serait trop long et peut-être inutile, après les observations aussi profondes que judicieuses, déjà faites par deux hommes doués d'un vrai talent philosophique (1), d'entrer dans un examen détaillé des systèmes de métaphysique qui ont fait tant de bruit en Allemagne dans ces derniers temps. Nous remar^ querons seulement qu'en considérant ces systèmes sous le rapport qui nous intéresse ici spécialement, celui de l'analyse du fait primitif du sens intime, on voit leurs auteurs marcher à peu près sur les^ traced des maîtres qui les ont précédés, et tantôt réproduire les caractères ou les signes de ces faits auxquels s'at-
(i) Voyez VHUtoire comparée des systèmes^ par M. Degérando (1** édition], et les excellents Mémoires de M. Ancîllon fils, snr le premier problème de la phibsophie^ sur Vexistence et sur les derniers systèmes de métaphysique qui ont paru en AUemûgw^ tome Q âe ses Mélanges.
snrïoMœsMVERs DE pBnx)soraiE.^ca L^ 107
tache un sentiment d'évidence immédiate, tantôt s'enfoncer et se perdre dans les ténèbres inaccessibles à la lumière de conscience. Ces métaphysiciens, em* ployant tour à tour, comme Descartes et Leibnite ^ la réflexion et Tabstraction, ont dû rencontrer les mêmes données, s'arrêter aux mêmes difficultés, et souvent adopter les mêmes prestiges.
<• Kant, s'appuyant plus sur l'abstraction que sur la réflexion, s'occupe de la classification ou de l'ordre logique des instruments de la connaissance , plutôt que de l'analyse réelle des éléments de cette connaissance même. Se plaçant danâ un point de vue trèsH rapproché de celui de Leibnitz, il admet comme lui certaines formes inhérentes à l'âme humaine ou préexistantes en elle, comme de simples virtualités qui ne s'effectuent que dans l'expérience extérieure. Ne lui demandez point l'origine réelle de ces formes de la connaissance, puisqu'il vous renverrait à celle de l'âme même ou du nouniène pensant, qui ne peut être connu ou se connaître que dans l'expérience, quoiqu'il soit supposé exister avant elle. Ne lui demàndet pas non plus une analyse Vraie du fait de conscience, du de la dualité primitive, qui comprend avec lé Sujet un, identique, un objet multiple et variable. Ces deux éléments sont â ses yeux absolument indivises et indivisibles dans l'expérience intérieure et extérieure ; car l'objet ne peut être conçu que sous les formes d'espace et do temps inhérentes au sujet et dont il est revêtu par lui, et ce sujet, à son tour, ne peut se connaître primitivement par lui-même, hors de la représentation de quoique objet. D'ob il
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suit, comme Tavait déjà dit Condillac, que, nous transportant dans le monde extérieur et nous élevant jusr qu'aux cieux, nous ne contemplons jamais que notre pensée; de même qu'en descendant dans notre intérieur pour nous connaître nous-mêmes, nous n'apercevons les formes propres et constitutives de notre être, que dans leur union avec une certaine matière objective qui en est inséparable. Le sujet et l'objet ne sont donc que deux abstractions ; il n'y a point de connaissance réelle ou positive qui s'attacheà l'un ou à l'autre, et, chose inconcevable 1 toute réalité ne consiste que dans l'union de ces deux éléments abstraits.
Ainsi cette grande ligne de démarcation entre le sujet et l'objet, entre la forme et la matière, que Kant lui-même semble reconnaître dès son point de départ, et dont tout son langage suppose la réalité, n'aboutit en résultat qu à une distinction purement logique. N'en a-t-il pas altéré et compliqué l'expression vraie et naturelle? Les limites mêmes que la réflexion avait posées entre les deux classes de phénomènes externes et internes, paraissent renversées. L'analyse du fait primitif de sens intime, commencée par Descartes et plus avancée par Leibnitz, redevient impossible et se trouve découragée à jamais.
Mais Kant a-t-il vraiment pénétré dans la profondeur de ce fait? En se bornant à un coup d'œil superficiel, n'y a-t-il pas supposé ce qui n'y est pas, en négligeant ce qui y est? Cette forme d'espace qu'il y admet comme élément nécessaire, qu'il place dans l'àme antérieurement à toute sensation, est-elle bien,
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je ne dirai pas a priori^ mais même primitive ou contemporaine de la première connaissance? M'estelle pas plutôt abstraite de certaines sensations dont il a généralisé trop promptement les caractères particuliers? Enfin, toutes ces formes, ces catégories, ne sont-elles pas de purs éléments abstraits, absolument dénués des caractères qui conviennent aux principes de la connaissance humaine? Ces doutes pourront s'éclaircir dans la suite. Mais, sans insister davantage , nous dirons que Kant ne s'étant point arrêté au fait primitif, mérite, encore bien plus que Descartes et Leibnitz, le reproche d'y avoir supposé ce qui n'y est pas, sans y démêler ce qui y est.
SI* Les auteurs des systèmes plus nouvellement connus en Allemagne, sous les titres d'Idéalisme transcendantal et de Philosophie de la nature^ commencent, comme Descartes, par une réflexion toute concentrée sur le sujet de la pensée, séparé de tout objet ou terme d'action; mais, partant du même point commun, ils pénètrent bien plus avant dans ce champ des abstractions, dont le philosophe français avait ouvert l'entrée.
L'absolu de l'existence, conclu de la pensée dans le principe fondamental de Descartes, conservait trop l'empreinte du fait primitif individuel d'où il avait été déduit. Il a fallu efiacer entièrement cette empreinte individuelle et généraliser autant que possible pour atteindre l'absolu. Les auteurs de ces systèmes, en efiet,'le saisissent à l'extrémité d'une chaîne de notions abstraites, où l'aperception immédiate interne du moi disparait entièrement, pour faire place
m FOm ïm LA t>6fCBDL0GI& -^ t»Àfî¥. t fiÉWé L
à une intuition intellectuelle^ ott plutôt à un je ne sâid quoi qui ne tient plud aii sujet ni à Tobjeti mais A'bix l'un et l'autre ressortent eti même temps^ comttte par une création mystérieuse.
Que pourrions-nous dire de ces systèmes qui lais^ sent si loin derrière eux uU Fait que nous considé^ rons comme primitif, et qui, lorsqu'il s'agit dô trouver une base réelle à la science, débutent par s'ôter toute base même idéale dans l'existence? Si, en faisant ainsi abstraction du mot individuel, il reste encore un sujet idéal doué d'un sens supérieur approprié h l'existence absolue, comme je n'ai pas la puissance dem'anéantir ainsi, et néanmoins de continuer à penser ou à réfléchir, je me reconnais privé pour jamais sans douté de ce sens mystérieux, et en félicitant cent qui en jouissetat, je m'en tiens k celui qui est conlmun et intime à tout être pensant, sanà regretter la privation d'un bien à jamais inconnu.
Écartons tous les prestiges produits par cette sorte de dérèglement d'une faculté qui va toujours abstrayant et simplifiant, tant qu'elle trouve des matériaux dans les signes mêmes de sa propre création, et attachons-nous seulement à l'origine d'une réalité pratique, très-bien distinguée par les métaphysiciens mêmes dont nous venons de parler, sans prétendre à cette réalité absolue vers laquelle ils ont trop vainement dirigé leurs efforts. Nous trouvons que la première étant toute constituée dans le fait primitif de la conscience, doit ressortir d'une analyse exacte de ce fait, analyse indiquée, commencée, mais toujours demeurée incomplète dans les systèmes
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précédents. Ces systèmes s'accordent tous en effet à reconnaître et dénommer les éléments de la perception : le sujet et l'objet; mais ils les considèrent tantôt séparés Tun de l'autre par les actes de réflexion et d'intuition» tantôt comme indivisibles dans tout phénomène interne ou externe. D s'agit donc, pour compléter l'analyse, de reconnaître les éléments de la dualité primitive; de chercher d'abord jusqu'à quel point la distinction ou la séparation indiquée peut avoir lieu; de déterminer ensuite si chacun de ces éléments est une réalité, ou un mode constitutif de l'existence personnelle, ou si ce ne sont que de simples éléments abstraits, dont la réunion seule constitue l'existence sentie ou aperçue qui n*appar^ tient ni à l'un ni à l'autre isolément. C'est ce que nous pourrons rechercher après avoir examiné encore, sous le même rapport de l'analyse des faits primitifs, les doctrines philosophiques qui se fondent sur l'expérience extérieure.
hapports de li philosophie de l'expérïepîce avec l'analyse des faits primitifs.
L Si le mérite d'une doctrine pouvait s'évaluer u quament par ses résultats pratiques» par le nombre et rimportance de ses conquêtes sur la nature extè-j^ lieuie, surtout par la grande et utile impulsion cora-W muniquée à Tesprit humain vers les objets qu'il est toujours le plus intéressé à connaître, et aussi le plus curieux de rechercher, quelle autre aurait plus de droits à Tadmiration et aux hommages que cette philosophie de l'expérience, illustrée par le nom de Bacon et par cette honorable postérité qui le reconnaît encore pour son chef? C'est à l'influence de cette doctrine que vont se rattacher toutes ces belles découvertes qui ont changé la face des sciences naturelles, et successivement étendu leurs progrès depuis le siècle des Galilée et des Newton jusqu'à nos jours. Mais cette influence a-t-elle été également heureuse dans les sciences métaphysiques et morales (1) ? et les méthodes tracées par Bacon, pour le
(1) Nous avons déjà examiné cette question dans rintroduction de cet ouvrage.
StSrtMES INTERS DB PHILOSOraiE. — GR. IL i7S
perfectionnement de la physique, ont-elles pu ou dû trouver ici une application utile et bien entendue? Cette question, qui peut, je crois, être résolue a posteriori par les effets ou les exemples, le sera de plus et principalement a priori, si Ton réfléchit sur la nature, Tobjet et le but de deux espèces de sciences essentiellement diverses que l'on a vainement tenté d'assimiler, savoir : celle qui s'attache aux objets de l'imagination ou de la représentation extérieure, et celle qui se concentre dans le sujet de la réflexion ou de l'aperception interne. Cette comparaison approfondie, dont nous aurons à nous occuper dans la suite, prouvera que les deux sciences ne sauraient comporter l'application des mêmes méthodes, ni de la même sorte d'expérience, ni des mêmes procédés dans la classification des phénomènes, la position des lois et la recherche des causes. Sans entrer maintenant dans le détail de ces preuves, j'examinerai ici sous la forme d'un doute, qui n'en sera peut-être pas un pour les penseurs, la question de savoir si la méthode expérimentale de Bacon n'a pas été aussi contraire aux progrès de la psychologie, que la méthode réflexive et abstraite l'avait été aux progrès de la science de la nature.
Dans son ouvrage sur l'accroissement des sciences. Bacon proscrit en ces termes toute méthode d'expérience ou d'observation intérieure, et détruit ainsi l'unique base de la psychologie : a Lorsque l'esprit « humain applique ses facultés à la nature, en con- 4( templant assidûment l'œuvre de Dieu, ses idées se « conforment aux objets de cette nature et sont ré-
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« glées OU dét^rmii^ées par eux. Mais lorsqu'il f» n replie ou se tourne sur lui-même i comme Va* H raiguée qui fait sa toile, rien ne limite ou ne dé-^ 41 termine son point de vue; aussi les doctrines qu'il a construit en ce cas ressemblent à ces toiles remar- « quables par la beauté et la finesse du tissu i mais <i qui sont au rang des ouvrages frivoles et de nul ^ emploi (1). )> Ainsi cet acte de réflexion, ce point de vue intérieur ou du mot, où Descartes a trouvé la source propre et unique de toute évidence, ne serait qu'une sorte de tournoiement frivole, qt'un jeu de Dotions tout à fait vain et vide de résultats.
De même que Newton s'écriait : 0 physique I pré* serve^toi de la métaphysique I ne pourrioQS-nous pas iei» nous écrier à notre tour : 0 métaphysique! préserve-toi de la physique I Si l'on compare en effet les tendances opposées des deux méthodes de Descartes et de Bacon, ne serait-on pas fondé à croire d'abord qu'autant la première, en partant d'une réflexion concentrée, a dû se trouver en opposition avec le progrès des sciences physiques, autant la seconde, partant de l'expérience extérieure, devait nuire à l'étude propre des faits du sens intime, ou même dénaturer l'objet de la psychologie. Et vraiment si ces deux sortes d'études ou de connaissances se fondent sur deux facultés de l'esprit essentielle-
(1) Elenim mens humana, si agal in materiam (naturam rerum et opéra Dei contemplando) pro modo materiae operatur, atque ab eadem determinatur; sin ipsa in se vertatur (tanquam aranea texens telam) lum demum interminata est, et parit certe telas quasdam doctrinae tenuitate fili operisque admirabiles, sed quoad usum frivolas et inanes. [De Dignitate et aucjmentis scienliarium^ lib. primus.)
si^TilbfSB fknrsBS DR muxwi^ m
roant différent» par kiur patqre et ^ur objet, U dpU arriver natur^emeot que tout cq qui ^rt k dév^^ lopper ^u^0 ou qui est douuâ à $a culture exclusive, tend ^ affaiblir et en quelque i^orte à paralyser Tau^ tre. PluK rhomiue s'aiH^outume à a'éloiguer de luimQiue, plua U trouve de plaisir et de facilité k connaître tout, ce qui u'est pas lui, et plus il doit éprouver de peiue et de dégoûta s'étudier ou à retouruer $a vue vera le foud même de sou être; plus aussi il doit être porté k croire que cette étude est vaine» par cela même qu'elle n'a aucun résultat pal^ pable, aucune application matérielle, U est donc aisé de reconnaître dans lA direction impriinée aux eaprits par la méthode de Bacon, dans les habitude^ contractées en obiervant sans cesse la nature extô^ Heure, en la tourmentant de toutes les manières, enfin dans les succès prodigieux et toujours crois^ santf qui vinrent se rattacher à cette méthode d'ob* servatton ; il est aisé, dis^je, d'y reconnaître les oau* ses de Tindifférence ou de l'espèce de dédain qu'on dut concevoir dès lors, pour une science tout inté* rieure, dont on ne s'était peut-être pas encore éclairci les moyens, le but et le véritable objet. . Tout préoccupé des destinées de la science de la nature et du terme où il désirait la conduire, Baeon ne s'arrête point sur ses fondements théeriques« Il suppose bien de prime^abord que toute l'origine de la connaissance est dans Tetpérience extérieure, mais il ne s'attache pas à le démontrer ; et le prin*»' cipe tant discuté qu'il n'y a Hen dans l'entendemmt qui n'y soit venu par les sens, ne se trouve pas
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même énoncé dans sa doctrine. Mais il fait mieux dans son but que d'énoncer ou d'analyser le principe, il le prouve û;?ôJtenori par Tétendue et la fécondité de ses applications; il marche pendant que d'autres discutent sur la nature du mouvement.
Bacon part du fait de la représentation extérieure, ou d'un premier jugement d'observation, comme d'une donnée primitive essentielle. Il n'a pas besoin de l'expliquer ni même d'en distinguer les termes, A quoi lui servirait cette analyse? Pour lui, il ne s'agit point d'une science de principes, de la distinction du sujet et de l'objet, de leur nature, de ce qui dans la perception appartient à l'un ou à Tautre : en s'arrètant à de pareilles distinctions, on ne ferait, suivant lui, que tourner sur soi-même comme Taraignée qui fabrique sa toile, et sans faire un pas en avant. Ces distinctions trop minutieuses ne tendraient qu'à l'éloigner de son but, et peutêtre à diminuer cette confiance dont il a besoin pour l'atteindre. Ainsi, ces grandes questions sur l'origine de la science humaine, sur l'existence, sur la ma* nière dont nous parvenons à connaître d'abord la nôtre propre, et consécutivement celle des objets, ou enfin sur le mode et les conditions de ce lien, inefiable qui unit le moi à la nature ou la nature au moi; ces questions, dis-je, dont Descartes est le véritable promoteur, et qui ont tant exercé depuis lui le génie de la méditation, se trouvaient hors des limites prescrites par la méthode de Bacon, et ne pouvaient trouver de place dans sa doctrine.