‹ Œuvres inédites de Maine de Biran (volume 4)Chapitre 52 sur 63 · FOND. DE LA PSYCHOLOGIE. -- PART. L SECT, L · texte numérisé non relu

FOND. DE LA PSYCHOLOGIE. -- PART. L SECT, L

il liobeendéveloppemeot, eld'un autre côlét ea ^bû^ gBaut hors de cette âme, ou dans les objets extérieurs qui déterminent la sensation, les causes nécessaires ou le principe, non-seulement de la formation de$ idées, maiâ même de la génération de toutes les fa^ij cultes qui ^nt toutes hypothéliquement dérivées d^ h sensation.

Observons bien ici que pour concevoir la possibi-i lité de lamcner ainsi à une seule et commune origine les facultés de Tespril humain et les idées ou i images relatives au monde extérieur, il a fallu trans^ porter dans la psychologie la méthode des physij cieos, c'est-à-dire faire abstraction des causes ou des forces pour ne considérer que leurs produits. AussL rauteur dont nous parlons confond-il sans cesse les opérations intellectuelles avec leurs résultats ou même avec les matériaux sur lesquels elles s'exercent. Il dissimule jusqu'à Texistence des facultés actives, change arbitrairement la valeur de leurs ti^ très nominaux, et substitue aux idées ou aux faits positifs avérés par la réflexion ou le sens intime, les signe£| conventionnels du langage nouveau qu'il établit. Ainsi, j'aurais eu raison de dire que les analyses du Traité des sensations ne roulent que sur des éléments artificiels, logiques ou abstraits, et non point filUP des faits réels et primitifs de la nature sentante ou pensante. Entrons plus avant dans les preuves.

Pans cette opération logique qui a pour objet de

décomposer la faculté de sentir, Condillac confond

perpétuellement, je crois (1), deux modes de résolu? . — ■■■■ ' — -<

(i) Voyez sa Logique.

SYSTÈMES DIVERS DE PHILOSOPEpi. — GH. IL i9i

tÎQQ eu d'iMtialyae qu'il est de la plus haute inpo^m tauee de bien distinguer^ lorsqu'il s'agit wrtQUt (i'une acieucede principe^ (1)« Qas 49ux iDQdes fipi)t ;

4* Celui qui s'applique à des touts artificiel^ ou ^ des notions abstraites^ cpmplexeçi, commet soi^t celles de classes ou de genres, ou ppcoie ^ dçs idéea a^9 ehétypes que l'esprit ^ forcées lui-ipêine avec defi éléments de son choix; ici, il ne s'agit que de i^^ow dre la notion dans ses éléments conventioupela,

%"" Celui qui s'applique à des touts réels» compQséa de parties unies entre elles par la natqre même de ){^ chose que l'esprit considère et qu'il n'est pas en soq pouvoir de changer arbitrairement; ici il s'agit dfi décomposer le tout dans ses éléments constitutifs et réels.

La plupart des idées ou notions que Locke a dis-p tinguées sous le nom de modes mixtes, sopt suscçp-t tibles, selon lui, du premier mode de résolution. Le« objets ou les phénomènes composés de )a nature^ animée ou inanimée doivent être décomposés dp la seconde manière. Maintenant le terme sensation que Condillac emploie d'une manière si générale, si exr, clusive, exprime-t-il une notion abstraite, une idée de genre ou de classe, ou bien est-il employé à ^ésiT gner un phénomène réel composé, pris daps }a pâture organisée, vivante et pensante? Dan^ le premier cas, il ne s'agit que d'analyse logique, de vérité conditionnelle; dans le second cas on peut demander si

(i) Descartes et Leibnitz ont parfaitement établi cette dietinctioii. Voyez les Règles pour la direction de Pesprit dà Oeefiçrte^, et le wcond tome des (Muvres de Leibnitz,

in FO?*a DE LA PSyCHOLOGlB.-^PART. L SECT. U

k sensation que Tâme devient, ou avec qui elle sHdentifie, n*est pas tout aussi simple, tout aussi indécomposable que Tâme elle-même, puisque en effet une sensation quelconque n'est que le sujet sentant modifié de telle ou telle manière. Prétendre décomposer la sensation, n*est-ce pas vouloir décomposer Tâme elle-même €t aller directement contre la démonstration qui élablitsa simplicité essentielle (1)? D'ailleurs, il faut bien qu'on reconnaisse dans toutes les théories, qu'au sein de la plus grande variété des » modifications, il y a quelque chose qui reste et quelque chose qui est changé : ce qui reste ne se transforme pas, et ce qui se transforme ne reste pas. C'est donc à ce qui se transforme seulement, cVst-à-direà un mode on à une combinaison de modes purement abstraits ou séparés de leur sujet commun d'inhérence, que pourra s'appliquer l'analyse de décomposition; et alors le terme sensation n'aura plus que la valeur logique d'un signe, au lieu de la valeur réelle d'un fait de sens intime. Et vraiment il ne sera pas difficile de tout déduire du terme sensation par l'analyse, quand on y aura tout fait entrer par la synthèse ; il ne s'agit alors que de résoudre la puissance d'un signe qu'on a composé soi-même arbitrairement (2). N'est-ce pas ainsi que dans une équation algébrique d'un degré supérieur on transforme la valeur de X en la faisant successivement égale à A, B, C, D, etc. ?

Ainsi, lorsque j'ai défini à ma manière Vattentim,

(i) Voyez cette démonstration dans VEssai sur Corigine des connaissances humaines^ au commencement.

(2) Voyez la Logique de Condillac.

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