SYSTÈMES DIVERS DE PHILOSOPHIE.— CONCLUSION
C'est ainsi que diverses doctrines de métaphysique peuvent n'aboutir qu'à autant de systèmes de vérités conditionnelles, où il s'agit non plus de faits d'expérience intérieure, mais de signes et de définitions ; non plus d'observer, mais de classer, de bien faire sa langue et d'y rester fidèle. Certainement les signes ont une influence bien -essentielle sur les idées auxquelles ils se lient; mais, quand il s'agit d'une science de principes, ce sont les faits primitifs qu'il s'agit de constater avant tout, puisque eux seuls peuvent donner une base solide à la science et à la langue qui se forme en même temps ; et à cette occasion nous remarquerons que la langue actuelle de la psychologie est à peu près dans le même état où se trouvait celle de la chimie avant les belles découvertes de Lavoisier.
Comme on avait ignoré jusqu'alors l'existence du principe générateur des acides et des oxydes métalliques, l'omission de ce seul principe dans les analyses les rendait nécessairement toutes incertaines, incomplètes et trompeuses. De là le vague et la confusion de ce langage qui ne pouvait que se proportionner à l'indétermination et à l'obscurité des idées ellesmêmes. Souvent les composés se trouvaient désignés par des noms simples et les simples par des noms composés. Les substances les plus hétérogènes se trouvaient comprises sous le même terme générique, et les analogues séparées dans des classes différentes. Comment aurait-il pu exister quelque analogie établie dans les signes, lorsqu'il n'y en avait aucune observée dans les faits? Ceux qui connaissent l'his^
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toîre de la révolutiop pneumatiquCt savent eommeot la langue de la chimie e^t parvenue h ce degré d'exactitude, de clarté et de paifaitp analogie qui assure aujourd'hui tous ses titres à Tuniversalité*
Sans doute la science et !e langage de la paychologie sont bien loin da ces brillaptes destinées* et peut-être même la nature de son objet Ten éloignet-elle pour toujours? Mais, s'il était vrai qu'un priqçipe générateur des idées ou des faits qui servent de fondement à cette science, eût été également méconnu jusqu'ici dans sa valeur de principe, dans ^on influence générale sur tous les modes auxquels il s'unit, et enfin dans son c^ractèfe propre et réel, comme dans ceux qu'il communique aux éléments qui s'y associent ou en dérivent, on conçoit que Tomission d'un tel principe pourrait avoir occasionné autant d'incertitude, de vague et de mécomptes dans la psychologie, que celle du principe générateur des acides pouvait en avoir causé dans la chimie, avant Lavoisier. Si Tanalyse philosophique parvenait donc aujourd'hui à découypr un j;el principe, elle comu^epcçrait, ou préparerait par là même une révolulioiii ^uis^ï heufeuse pour la pbilospphie de |i'esprit ijumain que Ta été pelle de la chimie pneumatique. San^ pouvoir prétendre à un bi^t agissi éleyé, j'indiquerai, comïTie je le conçois, Ja ipanière ^o^^t ^^tte analyse «levf^it procéder pour déterminer Je principe dont il s'^gij;^ constater les titres des faits yrainiept primitifs et détermipjer les c?iractè.res auxquels pn peut les reep»-