‹ Œuvres inédites de Maine de Biran (volume 5)Chapitre 13 sur 37 · II · texte numérisé non relu

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sente la forme d'un espace ou d'une étendue. Des deux parts, c'est une pression faite sur des parties nerveuses contiguês et juxtaposées qui sont plus ou moins à nu, et dont le contact, plus ou moins fin et délicat, ppi^t ètr^ 4épué de tout ç^raçtèfre a^ctif, et n'en est que plus distinct et plus parfait. Des deux parts aussi, ce sont des intuitions dont le moi doit se distinguer ou se séparer, aussitôt qu*il existe ou qu'il agit dans un temps.

En partant (}u simple degré d'eilbrt qui fait la veille, nous savons maintenant que oe mode fonda^ mental coïncide toujours avec une pression quelconque faite par des corps environnants oontigus pu nôtre. Faisons d'abord abstraction de tout oe qu^un caractère d'activité, ou d'atteintion proprement volontaire, ajoute à cette simple perception de tact non affectif. Nous avons vu, dans le système pi'écédent, comment cette sorte d'Intuition tactile, localisée dans un espace organique, étant sentie comme indé« pendante de l'effort actuel, peut se rapporter d'abord et par une induction très-précoce h une cause indéterminée n&n moi. Il ne paraît ici y avoir aucune différence entre les premières impressions du toucher et celles de tous les autres sens dont nous venons de parler. Mais la force positive absolue , qui se manifeste par une opposition à l'effbrt exercé par le sens du toucher, n'est-elle pas quelque chose de plus qu'un non moi indéterminé? la perception actuelle que nous avons ou que nous croyons avoir des corps étrangers, comme séparés du nôtre, n'est-elle qu'une nUe négative? Est-elle comme qpe sjmple

SYSTÈME PEUCtiPïlF. - Gli. IL 107

croyance enfantine qui tire de riiabitude toute 3a valeur et sa réalité? En admettant que la connaissance immédiate, ou le sentiment dç l'existence de notre corps comme terme de l'effort voulu, soit le seul fait primitif évidçnt par lui-même , et que la connaissance du corps étranger n'en soit qu'une déduction, comment s'opère ici le passage du fait primitif au déduit? Comment, et d'après quelles conditions, une résistance ^quelconque opposée à notre effort pourrat-elle se manifester comme étrangère, c'est-à-dire différente de l'inertie propre de nos organes , ou se compliquer avec celle-ci, de manière à fonder le premier rapport d'extériorité? Voilà le problème autour duquel la philosophie tourne depuis si long^ temps.

Supposons que le toucher soit isolé de tout autre sens» et de la vue en particulier, et que l'individu, réduit à la locomotion volontaire de ses membres , ne puisse pas faire un mouvement sans rencontrer un objet qui lui fasse obstacle et s'oppose à son effort : lorsque le mouvement est ainsi arrêté ou empêché, l'individu sent ou aperçoit bien immédiatement que ce n'est pas sa volonté qui l'arrête ou le suspend, et c'est là ce qui le conduit à attribuer, par une première induction, cet empêchement à une cause non moi opposée à sa volonté. Bflais comment saura-t-il que cette cause est étrangère à son corps propre; qu'elle ne tient pas plutôt à une disposition de ses organes, comme serait un défaut d'extensibilité, une paralysie momentanée, une suspension

tl'e^wpice du pouvoir m-moupfmtf déteralii^e par

une cause intérieure quelconque, et qui , pour être organique, n'en serait pas moins non moil

La même difficulté subsiste si nous supposons qu'un corps ayant un certain degré de pesanteur soit appliqué sur la main ou les épaules, et pèse sur elles en les pressant : l'individu sentira d'abord cette pression et ce poids comme un surcroît de l'inertie propre qu'il est accoutumé à attribuer à ses organes mobiles ; mais qu'a de commun ce surcroît d'inertie sentie avec la connaissance ou l'idée du corps étranger? Pour être ainsi accrue ou amplifiée, l'inertie en sera-t-elle moins perçue comme organique? N'éprouvons-nous pas un effet pareil dans certains états d'engourdissement de nos membres, où ils nous semblent avoir acquis un volume et un poids extraordinaires? Nous sommes ainsi autorisés à conclure de ces expériences et d'autres semblables que l'aperception interne de l'effort ou du mouvement volontaire, sur laquelle se fonde la connaissance première et immédiate de notre corps propre et de ses différentes parties mobiles, ne suffit pas pour donner une base à la connaissance des corps étrangers. De quelque manière qu'on suppose que le mouvement ou l'effort voulu, soit empêché, contrarié ou arrêté, tant qu'on ne supposera que la sensation du mouvement d'abord libre et puis contraint, on pourra trouver dans le sentiment de ce contraste l'origine de l'idée d'une cause non moi, mais non pas celle de la perception actuelle d'un corps résistant étranger au nôtre.

La sensation du mouvement n'apprendrait donc

rien de plus sous ce rapport que la simple pression de Tobjet sur l'organe, et si Ton considère, isolément Tune de l'autre , ces deux sortes de sensations, on ne saurait , je crois , y trouver la solution du problème.

Voyons si la réunion des deux éléments, telle qu'elle a lieu dans la nature, ne satisfera pas mieux à la question proposée.

Nous venons de voir un cas où la pression faite sur telle partie mobile et sensible se trouverait accompagnée d'un surcroît de résistance ou d'inertie organique. Ce surcroit de résistance, loin de se proportionner à l'effort voulu , lui est contraire , et les muscles sont forcés de se relâcher quand la volonté tend à les contracter, comme lorsqu'un corps pèse fortement sur la main ou le bras. De là résulte une sensation musculaire mixte, c'est-à^-dire en partie active, comme étant accompagnée d'effort, et en partie passive , comme excédant cet effort et ne s'y proportionnant pas. Si une telle sensation était seule, l'individu ne pourrait évidemment en déduire aucune connaissance étrangère à celle de ses organes, dont il sentirait l'inertie alternativement accrue ou diminuée. Mais l'accroissement d'inertie musculaire se trouve toujours et invariablement joint par hypothèse à la pression tactile , indépendante de l'effort moteur. Or, je dis que cette association d'une pression et d'une résistance senties simultanément et dans le même organe, hors de l'effort actuel, complète le rapport d'extériorité et fonde toute notre connaissance objective ou représentative des corps étrangers.

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Et d'abord, elle eBt objective la pression tactile ; car une surface étendue du corps est déjà perÇué objectivement, ou représentée dans cette pression, cômttie nous Tavons dit, en parlant des représentatîofis visuelles, coordonnées dans un espace dôfit le fnùi se sépare. Que faut-îl pour que cette représeùtation étendue devieiifie Tidéé complète de corps étranger, ou de la substance que nous appelons^ matière, hors de nous? car i! est évident que les couleurs, pas plus que les impressions tactiles, seules ou même associées entre elles, ne sauraient constituer cette idée complète de corps. Il suffit qu^elle contracte line fiaison intime et nécessaire avec Tîdée ou la conception première de la cause inconnue qui arrête oii est capable d'arrêter nos mouvements , de s'opposer à notre effort voulu. Dès lors, cette cause indéterminée comme non moi se détermine dans l'imagination, en se revêtant d'une forme sensible, en se mettant en quelque gorte sous l'étendue tactile qui lui sert de signe de manifestation et de reconnaissance. Dès lors aùssî, l'individu ne pourra plus éprouver une pression quelconque, faite sur une partie de son corps, ni voir un espace coloré , sans y joindre Fîdee â*\xne cause présente opposée à son effort actuel ou virtuel. Ùîdée d'une force vraiment substantielle, qui af, pour ainsi dire, une affinité plus particulière avec ïes représentations d*étendue, s'associant également avec toutes les modifications passives et non étendues (fe chaque sens , sera comme le noyau autour duq^iiel viendront se grouper toutes les sensations non affectives , pour former notre idée contposée des cdrps

SYSTÈME PERCEPTIF. — Cfl. IL lii

extérieurs, substantieTs et permanents quant a la tùfëe de rôsîàfàn'cé, muttipTes èf variables cjùant aux ttïodes qiiè /'expérîenôé de chac^ùe sens associé au gi^oupe objectif.

Êû effet, dès qu'en vertu d'une telle association, là cause (^ui nous fait éprouver iin mode involontaire âë pression est jugée ou sentie comme identique h celle qui contracté les mùséles sans la participation defa i^oloilfé où cofitre son effort, cèftépremièrè cause indéterminée comme non moi rfèvîehf positivé et déterminée comme force absolue, antagoniste de la voïônté et toujours capable de lui résister. Cette force qui résiste absolument , qui ariniliîle tout l'effet dé Timpulsion motrice, qui suspend ou arrête le môùvertfiént que là vofonté a déterminé, diffère tien essentiellement de la simpfe résistance musculaire, résîàtance qui otéit ou cèd'e toujours à l'effort voulu qui constitue ie moi, cause d'un effet qui lui est toujours proportionné : la côntraclion mùscuràifé. Or\ comme cefté-ci fait Fessericé du corps propre , térine tfnmédiat dé l'effort voulu, Faufré fera l'essence du corps étranger, terme médiat du même effort.

La force.de résistance absolue, qui fait pour ffoùs féssencé du corps étranger , n'est pas immédiatement aperçue ou sentie comme notre force constitutive. L'existence de celle-ci se manifeste par elle^ même ou à elle-même, en se déployant éuï son terme organique propre dont eHe est inséparatl'e. L'existence de la forcé étrangère a besoin d'un signe pour se manifester. Ce signe naturel est la représentation d'étendue tactile, associée au surcroît d'inertie ou de

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résistance invincible, que l'individu ne peut attribuer à ses organes, ni sentir comme le résultat direct de son effort. En effet, dans l'exercice du toucher actif, le sens même de l'effort, le seul par qui se manifeste une résistance, est le même qui reçoit l'impression, et qui contribue à se la donner, en agissant sur l'objet qui presse , comme cet objet agit sur lui. Dans les autres sens externes, les deux fonctions sensitive et motrice sont plus ou moins séparées ou indépendantes l'une de l'autre. Quand il n'y aurait aucun exercice de motilité volontaire , l'impression n'en serait pas moins reçue et transmise; la sensation ou l'intuition externe n'en aurait pas moins lieu d'une manière plus ou moins obscure, ainsi que nous l'avons vu dans les fonctions passives de l'odorat , de l'ouïe et de la vue. Mais dans l'exercice le plus naturel ou le plus habituel du toucher, il y a toujours quelque degré d'effort et un mouvement quelconque £ipontané, s'il n'est pas expressément volontaire, qui non-seulement coïncide avec l'impression ou l'intuition tactile , mais de plus la précède et s'unit avec elle dans le même sens, de la manière la plus intime, la plus immédiate.

Aussi, comme toutes les sensations qui suggèrent l'idée première d'une cause indéterminée non mai peuvent être considérées comme signes de cette idée, de même la pression du toucher, associée d'une manière immédiate à un sentiment de résistance absolue, est bien particulièrement le signe de l'existence d'une cause ou force positive déterminée, qui presse l'organe en même temps qu'elle résiste à l'effort.

Cette identité de force impressionnelle et résistante, ou plutôt cette association ou union intime de la résistance avec l'étendue tactile ne peut évidemment être primitivement reconnue que par le sens du toucher. Nous ne sentons point, en efifet, la pression des rayons lumineux sur la rétine, et quand nous éprouverions cette sensation particulière, comme on dit que réprouvait Taveugle de Cheselden, immédiatement après l'opération qui lui rendit la vue, du moins elle serait dénuée d'un sentiment de résistance absolue à l'eifort. Quant aux sensations de l'ouïe et de l'odorat, il n'y a rien de pareil; nous ne parlerons point du goût , qui n'est qu'une sorte de tact afifectif.

Concluons que si chaque espèce de sensations fournit un signe particulier au premier rapport d'extériorité, c'est en vertu de ces associations de l'habitude par lesquelles telles perceptions propres à un sens se trouvent représentées et comme traduites dans la langue de tous les autres sens , quoiqu'ils n'aient aucun rapport naturel avec cette perception particulière. Ici les signes de la langue mère ou primitive, au moyen de laquelle une nature extérieure s'annonce ou se fait entendre sont directement fournis par le toucher. Les autres signes sont secondaires et dérivés ou traduits de cette langue primitive (1).

(1) Reid nie formellement que le jugement d'extériorité , ou oe qu'il appelle la perception, puisse se fonder primitivement sur Texpérience d'aucun sens particulier. Il considère ce jugement comme naturel, ou, pour me servir d'une de ses expressions favorites, comme un apanage de notre nuiure. Suivant ce point de vue aussi, toutes l«s espèces de sensations font également les fonc-

itt FOND. M LA PSYCHOLOGIE. —PART. IL SECT. IIL

Remarquez aussi (fae toui^ les organes de nos sènaations éttetnes àtit onr mode de séfùSibilîté spécifique qtrt lé» apprc^prîe aux divers âgètï^s où flûidies plus 00 moins stbtifô de runitêri?. ta Vue différé dé fôiiîe, |>ttr ^etjfiple, httti-iieatettiéM par sa conformation physique appèrfeiitè, maîô èih*tôii( par là contextùre mtkne du réseau ftervcfdx, sfége immédiat rfe llmpreSsiOBl des rayons lumineux, tellement qtfe si ton SDpptose que le nerf atidîtif ou la portion molle rfont se forme fe ïarnfe spirale soit substituée à la rétine, tout h reste demeurant égal , il n^y aura point de tisfon, et vieevetsû. Supposez, au contraire, d'ans ifa contexturé' de là pedu toutes les Variétés pôlssîèïés d'anudation , ou de disposition des nerfs qui éri tapissent îes surfaces: les sensations tactiles d'e chaud, de froid, de poli, de rude, changeront sans dôùté en pi'ô^ôrtion ; léi? signes accessoires du rapport aéxtériorité ou de la perception de résistance pourront varier; mais Te rapport detneùi^era fixe dans tes deux éermèii qui ïe constituent : le signe immédiat et la chtfse signifiée resteront les mêmes. La nature n a ptkxït vouîtf ({né ce rapport fondamental fût sujet aux câprîeés d^une éeusibilité organique, sujette à tant de ééfasesf înte^n:és et externes de vicissitudes et de per-

.n'.Tirrfin-

tions de aignea, par rappért à ce jugement ou à ceUe espèce de croyance nalurelïe qui nous est suggérée par des sensations quelconques, saris avoir plus de rapport avec aucune d'elles, que le ià^ écrit otf ^arlé if tri a avec K chose où TMée qu^iï signifie.

Cette tWôi^ièf Aie' pài'aîï ôtre renversée par une anal^^e plus Htit^ *îs forictittris' du touchci* actif, qui dîfTfere bien spécîalemen.t rfé tous lèS' autres sens, moins par la manière dont Tobjct tangible VieWf s'apjiliquer à lui que par la manière dont if s'applique i cet

SYSTÈME PEUCBPTIb\ — GH. IL 115

turbations. Aussi, est-ce vers les moyens d'une motilité plus parfaite, plus détaillée, plus exclusivement subordonnée à la volonté, que ses intentions semblent s'être dirigées , et c'est par cette fonction que le toucher actif est le sens propre du jugement et de la connaissance.

Ce toucher, dont l'exercice spécial manifeste la résistance étrangère et ces qualités vraiment premières constitutives de ce que nous appelons corps extér rieur ^ n'est pas non plus limité , comme les autres sens, à Un seul organe spécial ; mais il comprend tous les instruments ou organes locomobiles que la volonté peut appliquer aux résistances ou inerties étrangères. Ces inerties et les propriétés qui en dépendent n'en seraient pas moins perçues ; quoique d'une manière moins distincte et moins détaillée quand Têtre moteur y appliquerait, au lieu de la main, toute autre partie mobile, telle que les pieds, les genoux, le pïi des aisselles, les lèvres ; c'est toujours le même rapport fondamental qui se reproduit constamment sous son signe propre et unique, quels que soient les organes divers que la volonté y applique.

On voit par tout ce que nous venons de dire comment ce premier rapport d'extériorité se fonde sur un exercice particulier de la faculté d'attention, dont les caractères déjà retracés dans d'autres sens ressortent bien expressément dans celui-ci. Si , par une sorte d'abstraction que l'habitude semble réaliser jusqu'à un certain point, on siipposait que les intuitions tactiles» fassent séparées de toute perception de résistance, elles se trouveraient ramenées S la

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condition sur laquelle se fonde le système sensitif précédent, et à cet état d'une simple intuition, que Lucrèce avait surtout en vue dans le passage déjà cité :

Necesse est Cansimili causa iactum visumque maverû

Ce sens subordonné à la sensibilité, aussi mobile que celui de la vue, ne ferait alors que glisser sur les surfaces. Il serait tout en images ou représenta^ tions spontanées plus ou moins confuses qui, pour n'avoir pas été soumises à l'exercice d'une première attention concentrée, ne laisseraient aucune trace distincte dans le souvenir. Tels doivent être les sontges de l'aveugle.

Les limites du fnoi et de l'objet se prononcent plus fortement dans l'exerciee de l'attention; elles se confondent dans l'exercice passif du loucher. Autant l'attention active les phénomènes de la motilité propre de ce sens, et se rend expressément présente à leurs résultats, lorsque l'effort arrêté à la surface du corps qui résiste, tend, pour ainsi dire, à pénétrer sa masse; autant le sujet de l'effort se sépare du terme résistant et connaît ses propres limites. Le tnai apprend à se connaître par opposition non-seulement à ce qui n'est pas lui, mais de plus h ce qui n'est pas son corps. Ainsi, comme le premier jugement personnel énoncé dans la formule affirmative f existe se fonde sur l'aperception immédiate d'un effort libre qui a pour terme une simple résistance organique , le rapport ou jugement d'extériorité

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énoncé par la formule négative ce nè'st pas mai, se fonde sur Taperception d'un effort contraint, qui a pour terme médiat une résistance absolue, invincible, étrangère.

Ces deux rapports se fondent sur un même exercice de Fattention. Descartes est parti du premier comme d'une sorte d'absolu, et sans y voir l'expression nécessaire d'un rapport. Locke et ses disciples ont pris le second rapport pour l'origine de la science; et plusieurs, après Condillac, ont demandé comment le premier terme du rapport, le moi (ou la sensation identifiée avec lui) étant posé, le second terme, l'objet ou la cause de cette sensation, venait s'y joindre ou commençait à être connu. Mais, en admettant le fait de conscience dans sa vérité, c'est-àdire l'existence du moi distinct de toute modification sensible, ne fallait-il pas s'informer d'abord de l'origine propre de ce mot, ou de l'existence personnelle, et savoir comment il se distingue de toute modification sensible? C'était ici vraiment la question première, puisque l'autre, telle que nous venons de la présenter, en est une dépendance ou une déduction immédiate; en d'autres termes, pour dire comment nous parvenons à former ce jugement : ce n'est pas moi, il fallait d'abord pouvoir dire comment nous formons celui-ci plus simple : moi, ou /existe, car le négatif suppose un positif antérieur et s'y réfère.

Entrons maintenant dans l'analyse expresse des diverses formes que prend le premier jugement d'extériorité, ou des divers jugements qui le composent à partir de cette origine.

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