OPINIONS DE M. DB BONALB
L'auteur commence par faire un tableau séduisant
des peuples qui ont été heureux et sages quoiqu'ils ignorassent le nom de philosophie, à partir de ce peuple choisi par Dieu même qui fut en effet le plus
sage €L ie plus savaul de tous, puisqu'il puisait iiumédiateiuent à la source de la science et de la sagesse. Mais d^abord tout ce qui concerne le peuple de Dieu est surnaturel et ne prouve rien pour Tétat social ordinaire. £n second lieu, qui est-ce qui a jamais nié que les hommes ne puissent vivre sages et heureux sans aucune science métaphysique, sans théorie morale? avoir atteint dans la pratique le but d*une véritable philosophie, et jouir de la sagesse et de la science sans songer à les réduire en théorie, sans avoir une science de la science ou de la sagesse, comme on jouit de la lumière sans avoir une science de la lumière ou une théorie de la vision? Qui estce qui peut contester des faits d'expérience si simplcs, si évidents? Et la philosophie ell(»-mèiiic duuL la principale et la plus utile fonction consiste à bien marquer les limites qui séparent nos facultés diverses, à ne les appliquer jamais hors de leur sphère respective, cette philosophie qu'on n'atteint point par des calomnies, ne Saurait prendre pour elle les diatribes dirigées contre la science qui a usurpe sou nom, et nous appreqd à ne pas confondre avec la science les croyances nécessaires fondées soit sur le seatiUJcuL uitinie, soil sur l'autorité d une révélation qui, pour être entendue de tous les hommes, a dù s'adresser à ce sentiment même. Telles sont les questions qui tiennent à Texistencede la cause pi emière.
DÈFEtm DE Ul PUlLOâOmiË. 98
ail libre arbitre, à l'origiae et à la nature du bitu et du mal, etc., etc.
Dans la intlaphysique, ou dans le domaine du raisonnement seul, les preuves pour et contre s'oppOMDt et se neutralisent jusqu'à un certain point, et antiuouiics, dont les sceptiques ont cru tirer m ai grand parti, serrent uniquement à nous apprendre la chosCj il est vrai, la jilus utile, la [ilus néceaaaire à connaître : savoir, que la métaphysique »V rien à nous apprendre sur les objets ou les croyances qui surteut des bornes du monde visible et qui ii*€il sont pas moins universelles ou communes à toui ee qui est homme; que la conviction ou la prescience même de ces vérités appartieut, soit immédiateuieut, aditpar dérivation, à la conscience ou au sentiment intime^ altriljul caractei i^liqui^ dt notre nature même, es qtâ D^empécbe point de croire à une révélation su* pMBiiTe qui, pour être entendue par Tliomme, par tout iiomoie, a dù s'accorder avec ce seutimeat ou le léieiller, car ce sont là deux moyens de croire ou de savoir qui, loin de s'exclure, correspondent pai failAiMeBt i un avec l'autre, et peuvent s'identiiier jusm certain point. La conscience en eflTet peut
élit; cuu&idtiiét; cuiiiiiiu uik; surir fie mamiestaliou
atirieare, de révélation divine, et la révélation ou l«*p«<olede Dieu peut s'exprimer par la voix même de ia conscience. Toute vente [ii emiere religieuse ou #ilÉle ainsi manifestée ou révélée à Thomme inté* rieur est hit^u cci lainement en principe hors du doninde la raison ou du raisonnement, car cette fa- «dMtfavgumentation qui s'appuie toute sur lesmots
(qui ont biea pu oe pas être par eux-ioômes oih jets ni même les moyens nécessaires d'un« révélation divine), la raison, dis^je, qui argumente et déduit, est ua iostrumeat qui s^ ploie en tout sens et opire à ?ide sur les croyances quand le sentiment ne vient pas à son secours. D'ailleurs la faculté de raisonner n'^Ai pas également développée chez tous les hom^ If^es; mais le sentiment est le mènie poui lous.
^ Les belles époques de lespèce humaioe ont été « celles ob les vérités premières de Tordre moral et <( religieux» n'étaient poiut encore sorties du domaine « intérieurpourétresoumisesaucreusetd*upe science
«de raisonnement, qui n'a sur elles aucune prise di^^ a ve^t« de fait m de droit. Rendons grâce au piuloso*' 4( pbe qui le premier a interdit rentrée du saneluaira « à la science qu'il pruiessait, et employant toute la a puissance de l'abstraction métaphysique» a moptré « qu'ily avait telle région d où la métaphysique devait « être expressément et nécessairement bannie, w
Quel dommage. Monsieur, que vous n'ayes pa$ songé à étudier un peu iiiit ux ia [>liilubupiue de kant
et d'autres productions modernes de cette éoole al* temiinde que vous traitez si durement. Kant fait le
procès à la raison, à son propre tribunal. Dieu, la liberté, Timmortalité, sont hors des atteintes de ia raison; le système de Kant les met à rabii des attaques du raisounemenL Les armes vous seraient probablement tombées des mains en voyant toute voUe docti'ine ressortir sous une autre lorme du sein même de cette métaphysique qui doit trouver sa force et sa véritable utilité loi54U elle parvieuL à de-
vêntKÊÊ 08 iiA wïïnjoBCÊnoL 9h
larmiatr »m linitM et à démoalrer la Déeesiité de fl*y oireoDicrire*
VouloDfr-iiouë eœpàcker la raison d& s égarer dans 4«i ftelieMkie Yiines ou dangeTooees, iaisone en
sorte qu*elle s'impose k elle-même ses propres bor- Bei« «il eachaut bien cequeile bit, ce qu'elle peut al M peut pas. Que ai nous touIods employer une autorité quelconque, autre qu elle-même, à la limikratà lui donner dea loiat à lui interdire Texamen de certains sujets, soyons siirs que nous ne ferons (}iia. i e^uutfir davantage à aatirancbir de cea entrawnà.81 eftatnt Ui dea vérîtéa eonstatéea par notre expévMMe, il faut en cuaciure, Muiiéteur, que les phikaa|iM attaoHuida ont mieux connn qne vous le afaiiaUa intérêt de la cause qu» Toaa aontenes atec eux. ont fait mieux. Au lieu de tourner en ridiaaA»k mitapkysicpie, de renier et de proscrire toute philosophie à cause des (iiftérences et des contradictiaaa dea ayatèmea aiir les vérités qii*il importe le plus kflMnm de reeonaltre et de pratiquer, tia ont appelé la pkilo80f)bie au secours même de ces vérités, ëiiiaanâat d'ellea pour trouTer, hors de la raiaon et du ayatème de la connaissance, le vrai principe ou la source ind^iendanlede nos croyances morales. -^Sàwtm SêmmM sur ee modèle Tidée fixe que nous (levons avoir de ia philosophie, nous ne nous livreaiMfiMà dea décbuoationa oiaeusea contre la pbiiM^piMen fénéiat k eanse dea aystèmea divergents deoiitndktoirea; noua jui^erons plutôt les systèmes <É'lii aaiiniiiiiint an type de la vérité, noua verra» pféciiémeat en quoi et pourquoi ils ditlèrent; nous
distingueroos les erreurs qu il faut rejeter des vérités précieuses et généralement adoptées qu'il ne s'agit que de compléter et de mieux systématiser; ainsi nous aurons mérité le vrai titre de philosophe, tout en conservant les croyances révélées que la phikwo^ phie elle-inêine nous aina aj)pns à respecter et que rétude bieu laite des opinions de l'homme, toutes vainies, toutes contradictoires qu'elles sont, n'aura fait que rendre plus inébranlables. Il me semble, Monsieur, que vous avez commis une grande erreur et causé sans le vouloir beaucoup d'injustices graves, faute d'avoir l'ail une étude suffisante de la |)hiIosophie, ou de vous être fait une idée un peu neite de la nature et de l'origine des questions qu*ont élevées en divers temps ceux qui ont mérité, et à qui nous conservons encore justement le nom de philosophes:.
Il y a deux sortes de révélations: l'une eitérieure, de tradition orale ou tente, l'autre intérieure ou de conscience. L'une et l'autre viennent de Dieu, comme tout en vient d'une manière médiate ou immédiate, naturelle ou surnaturelle. L'une et l'autre ont leur base et leur domaine hors de la raison et excluent de leur sphère le scepticisme religieux et philosophique. L'une et l'autre se servent des mêmes armes. ^
Vous dites bien que les Juifs, entre autres peuples, ne connaissaient pas de nom la philosophie ni les philosopiies, et vous en donnez la véritable raison. Les sociétés auraient été heureuses sans doote^ si, aux mêmes conditions, la philosophie avait pu ne germer jamais sur leur sol, si les honuiiis trouvaient leurs lois, leurs devoirs, les règles de leurs mœurs.
J3Èmm DE hk PBILOSOPfllS.
tous leurs besoins iuteUeciuels et moraux écrits daas tous les mcottinents, dsos les souvenirs les plus rapprochés, dans la constitution d une société établie par Dieu même, s'ils n*aTaieot jamais eu besoin d'études, d'observatioDS, de raisonnements, de réflexion sur eux-iuèiues, enfin d'exercer toutes les facultés Dieu leur a données pour connaître les devoirs, le» lois morales et politiques les plus propres à assurer le bonheur des individus, l'ordre et le repos des sociétés.
Si les hommes avaient été toujours dirigés ainsi par { évidence de Caulorité supretne, ils n auraient pas connu notre philosophie, ou ils auraient été bien mieux que philosophes. Lors même que les eon** naissances preuiictes, pratiques et non spéculatives, se fussent altérées par le temps et la dispersion des peuples, il suffisait que les traditions en eussent conservé des traces, que la grande idée de la cause première et Thistoire véritable quoique altérée de la genèse, perpétuée par les mêmes moyens dans la suite des génératious, commandassent encore le respect et entraînassent une croyance d'autorité, dont la raison n'était pas ju^e; cela suffisait, dis-je, pour fermer l'accès à la philosophie et éloigner sa naissance. L'origine de la philosophie date de l'époque où les hommes et les sages à la manière des liumuies, songeant à s'éléver à la connaissance d eux-mêmes et de la nature morale, rejetèrent toutes ces images vaines ou puériles qui avaient deliguré les vraies croyances primitives et cherchèrent dans la raisou humaine ce ^a*ils ne pouvaient « reconnaître dans les croyances
n oj^mom ûoma
de la société. )è Mais observons bien ioi que si ces sage»» au lieu de oonaulter la raiaoa, ou de chercher dans riatimité du aenUment ou de la réflexion la oon-
naissance d'eux-mèincs et de la Datui o moi aie, se fus^ seul uoiqueiueut attachés aux croyances de la soeiélé« et qu^Us les eussent dégagées des images qui lesaltépai' des additiotii» bucces^ive», ils eu.s.^tiii j>u les ramener à leur véritahle source et constater réfidence de rauteritè divine d'od elles étaient émanées; ils eussent enfin ramené la société à cet étal primitif OÙ hi lumière luit d'elle-même. Ces hommes, restaurateurs de la morale divine, n'en auraient été que plussageâ et u auraient pu être appelés lilnbiNoplies^ quoiqu'ils eussent éminemment mérité le titre de sages.
Je vous prie. Monsieur, de vous arrêter quelque )MU snr cette observation qui est capitale entre non», cuiiiiae ^tiuvaiit .>tii vii- a lixcr les bornes de la raison el de la foi, de la philosophie et de la révélatton, de la scicnee et de la croyance, limites qui n^onl jamais été bien posées et que votre ouvrage tend à coniondre eotièremeiit : c'est que la philosophie ne cmnmenee pour Tbomme ifo'à ilnsfant oè if fiût usage de sa réÛexioo, de sa raison, de toutes les iacuiics intuitives que Dien lui a données pour suppléer rax connaissances qoHI a pu révéler immédiatement an prcmiei' homme seiou les livres sacrer, dont li a jugé à propos de retirer bcoanaissance h ses descendante, eaqn*il nous a eondamaés à ne savoir qu'apr»^ les avoir étudiée» dans toute la peine et la fatigue de l'esprit : fmrana m mmui^Ên mifimttf é$ ûwmi
D&KinsK oft i«à muoÊom^ , m
Mit, fier /Ktml iuèi êolê (1). Faites que ce que i'honw me peaae ou croit por l'èvidenoe de la rûiOD à la
suite d'un ^rimd travail dt; l esprit, îl le croie ou le voie iiiimciiiaUuufiut par i évidence seule <ie 1 autorité, et voua aurez èlé la matière d'uQO meuoe, (l'une philosophie quelconque. Alors, sans doute, dis-* paraiiroDt de6 oppositioQS qui voua parai^aeoi un ai grand déaordre loctal, maia aotsi voua aurea rendu inutiles, et même paralysé toutes les iacultés actives que Dieu ne noua a donnéea aans doute que pour les eiercer. Reste k aavoîp ee que deviendraient les erojauces isolées, séparées de toutes les couaauisaU' eea qui sont trèa*évidemnient les produite de nœ facultés actives et non pas des inspirations ni des révélations comme dans Tàge des miracles; reste à savoir ai les sociétés humaines, si la vraie religion même y gagneraient beaucoup.
Partout où la révélation parle, la raison humaine peut ou doit se taire; mais si elle s'abstient de a'exer* cer hors de son domaine légitime, n'est-elle pas nécessitée à agir, à prononcer dans sas limites Et comment les reconnaître ou les fixer sana son inter* vention? Comment des ci oyauces propagées d'âge en âge par les traditions, i'ùt-ce même par des signes écrits dont le vrai sens peut varier à l'infini, ne s*altèreront-elles pas si, à défaut d'une révélation permanente, la raison commune ne conserve pas la véritable valeur des premiers signes? Comment enfin, quand une imagination toute matérielle ou sensible
(1) Uvrc de VËcclétioite^ diap. i, verset 13.
tend toujours à corrompre ou à déguiser les premières connaissanceB ou croyanees révélées, les sages
pourraient-ils se dispenser de faire encore ce qu'ils
oût fait au sortir «if**? «^ii m h s d ignorance ou de superstition, savoir de chercher dans la raison de l'homme ce qu'il leur était impossible de reconnaître dans les croyances de la société, ou au sem des Lcucbres et des illusions grossières du paganisme?
Comme l'àire des révélations immédiates ou le temps des uaracles est passé, ((ue les ^cncralioûs coupables ont perdu leur flambeau extérieur, leur guide ûU^Hi uie; que Juvlciidi ont-elles si vous éteigne/ encore cette lumière intérieure destinée à le^ conduire dans les ténèbres, si. vous interdises à rihuinne l'emploi même légitime des moyens qui lui ont été donnés pour reconnaître ce qu'il doit croue, ce qu'il peut connaître? Comment empècberes-vous que les piLiiiières croyances révélées ne se défigurent ou ne s'aitèrent par les traditions successives des âges et ne soient défigurées entièrement dans leur meiaiige avec les pt utl ti une imagination qui s'en empare pour les revêtir de ses couleurs matérielks ou anthropomorpliiques? Les premières croyances ou vérités rcvckes fussent-elles meiiic iixées par rÉcriture Sainte, si la main toute-puissante qui traça ces premiers signes écrits n'est pas encore pré* sente pour eu conserver le viai seus, cornaient la valeur des signes ne serait-elle pas exposée dans les traditions à toute la mobilité des âges, aux capi ices de i imagmalion I Lniïa ue dcvrail-il pas arriver necessairement une époque plus ou moins éloignée de
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B&FENSE DE LA PHILOSOsPHO. iOi
celle des révélations où les sages se verraient obligés de chercher dans U raison de l'homme ce qu'ils ne pourraientplus reconnaître dans les croyances de la société? Or, quels que soient cette époque et les lieux cAbj^Ultei^eeherche ait commencé et ses fondements, il est certain que la philosophie date du monient précifiiQiil.les premiers sages ont senti le besoin de s'élevwrfav leur raison ou leurs réflexions intérieures k ia connaissance d'eux-mêmes et de la nature morale, sans chercher dans aucune autorité révélée ce <fa-jla devaient croire ou penser.
C'est à ces études réfléchies sur Thomme et la na- IHIi^ jporale qull faut assigner Torigine de la philosophie ; je dis plus, c*est là que pour justifier son titre eUe.«devait s arrêter sans aller plus loin et sans sortir 4MKitt sujet. Si des imaginations sans règle et sans frein, ou guidées seulement par quelques traditions fftgued, ont enfanté dans le même temps des systè- 4MI44ii»;Ott moins bizarres et contradictoires de cosmogonie, ces systèmes n'avaient pas plus de rapport avec la philosophie que la folie n'en a avec la sagesse» IMM4e délire avec celui de la raison, Tenfance avec la motui'ité de l'â^e. C'est par corruption ou par .4j|^4cvS t( I mes que ie litre de philosophe, juste- ^IliiWattnbué aux premiers qui, suivant le grand pré- :cepte de l uiacle (îiosce le ipsum] , s'attachaient unit^mypnlt à Tétude d'eux-mêmes ou de la nature movrale, a pu passer aux auteurs de ces bizarres cosmo- I gonies inventées par l'imagination seule avec les ma* ;i|^pytyi?eile fournit, et sans voir, sans consulter uWtWIlftillr mopde réet. Ces hommes ardents et aveu-
mmm» de h di mfum
gl6s qui élevaient de vaines hypothèses sur le soi même que la révélation s'était approprié, qui eonn
mençaient leurs systèmes par où la religion avait
éemmeiicé son enseîgnedient et ses livres, loin de penivoh* s*arroger le titre de philosophes ou démêlages, abdiquaient au contraire ce titre de la manière la plus fermellOi soit par leurs e^teursions hors du dôHiàiiié
de la connaissance intérieure de Thomme où roracle avait placé le sanctuaire même de ia sagesse, soit par leur if^orâueé et leur aveuglemeut prouvél^ pat» là
naliire même de leurs Systèmes et l'objet fantastique de leurs recherches.
SI par sa nature d*étre intelligent, l'honime éBî hé^
cossité, ou du iiioiiis amené à croire qu'il y a nécessairement un principe ou une origine des choses et du mondêi la détermitiatiOfl de ce principe^ d« eelfè origine, est évidemment hors du domaine de toute philosophie» hors des limites de toute faculté* et lorsque le fdtidatëur de Técole Ionique eherehall ne
principe dans la matière dont Texistence Kiipp<^
elle-même une cause ou un principe hors de la tière, ce Ibndateur abjurait par là même scm^ Itoub
les rapports, le caractère de philosophe. Cela s'appliqiie évidemment à tous les faiseurs de eoam^gliH nies m d'hypothèses physiques qui, depuis Th#tla jusqu à la naissance d'une véritable physique d'ob* servitiUd, otit dû se multiplier et varier k TiiiflUi comme les songes de la nuit dans ce sommeil de k raison.
L'application même la plus régulière et la plus légitime des facultés de l'esprit aux choses du dehors
oÉnmai is la vBDMMnxL los
en ftux pbéBomèiies de i* nature ne penl rester dene le cercle de la philosophie, ear ce geiire d*étude n'est
propre qxx k uous distiaire de nous-mêmes et à nous iTiiigler rtnr notre nature morale, lotil de fournir sur nUefqnrlqntMi lumières ; noue aurons peut-être oeea-< aioià d'en voir des exemples assez éclatants. .iCoiaefaltins dès à présent de ces observations que Tbistoire de la philosophie proprement dite devrait et pourrait être très-utilement abrégée cl simpliiiée ai on la réduisait à n'être que le précis et le tableau comparé des doctrines de ces sages qui, depuis Torigîae» ont cber< lu dans l'exercice de la réflexion et dft'Iàiaiion, des lumières qu'ils ne trouvaient plufi
à'iàu^ les croyances de la société on dansTaiitorité bien évidente de quelque révélation médiate. Ainsi en rédauaat à ses limites propres une histoire de la philosophie, loin de représenter rimage du chaos et celte BMilAitudA^oonfuse d'oppositions ou de contradictions des systèmes, cei disputes interminables exagérées encore par un scepticisme destructeur et par une aoile de frivolité dédaigneuse qui YOUt se justifier à elle««ièmèson mépris affecté ponfune science qu elle ignore et qu elle devrait au moins s'abstenir déjuger, F^kiitiîfB de la philosophie offrirait aux vrais sages un taMmn régulier et assez uniforme de vérités pre- 10101^ fraies ou inteiiectuelies, reconnues de tout tnpp8|w«l des erreurs systématiques de Tesprit bu^ main, dans cette courbe rentrante où Ton aura sans doute à tracer des ndlexions et des reluoussements, flÉMMkm les deux pôles fixes, immuables, ont été etstfont toujours Dieu et Fâme pensante, daus Toi**
m OHNIOMS DB M. DC BONAia
dre dea essences^ ia peraonne moi et la persoime IMm dans Tordre de la connaissance.
Hors de ce grand cercle, les anomalies et les aberrations des systèmes cosmogoniqaes, physiqueSt naturalistes ne comptent plus, et Ton ne peut vouloir eu charger ou en embarrasser Tbistoire de la philosophie que pour faire une parade d'érudition, ou dans le dessein prémédité de tout mélanger, tout confoudre, pour tout critiquer, tout proscrire en masse.
Vous voyez bien, Monsieur, comment je suis conduit par vous-même à prendre une marche tout à fait opposée à celle que vous avez choisie, dans Tespoii' de faire retomber sui la philosoplia", eiilendue de toutes les manières les plus opposées, tous les coups dirigés précisément contre tout ce qui n'est pas elle. J aurai besoin de mettre en évidence ce que vous dissimulez ou confondez, dans le tableau varié de tant d*opinion8 qui ne touchent en rien le sujet pi iun|)al, et ne prouvent ni pourui contre votre thèse antiphilosophique.
Je choisis dans votre exposé historique Ic^ points saillants relatifs à la queslion, et je rattache à Socrate d'après vous ou d'après M. Degérando, le premier anneau de la chaîne de Thistoire de la philosophie. Socrate est vraiment le premier des philosophes ou des sages, non parce qu il fit descendre, comme on a dit, la philosophie du ciel, mais parce qu'il sut lui assigner son propre domaine, la vraie connaissance de rhomme, de la nature de ses facultés morales, de ses rapports nécessaires avec Dieu et avec ses sem-
Df:F£.N⣠DE LA PHILOSOPHIE. 105
Mibles. Quand mdme Socrttte aurait trouvé dans les livres des Hébreux plulol que dans ses propres médilatiooa les Dotions de ces vérités premières que la
Traie philosuphie constate sans les prouver, 11 [iouritil éiV6 dit les avoir découvertes, car lorsqu'il s agit ihs^vMlés morales ou religieuses, la tradition, laré- YeUtion même ne peuvent qu'éveiller dans Tàme une iolio» cfoi était en elle et ne la créent pas, observation importante que nous aurons besoin de !cij)pt'ler daus iine autre occasion. Si Socrale sut distinguer la vMlé dans les livres des Hébreux et se Tapproprier Milajrendre sienne, c'est que cette vente était en lui, atsMinseD état de germe, et qu'il avait la faculté de Pivrailer et de la rendre sienne; autrement il ne l'aurait pas comprise. Ceci est général el s'applique à Wviention des signes.
Socrate, dites-vous, aurait affermi sur la terre la ttOB^ qu'il avait fait descendre du ciel, ^ si le gé- «Attftin homme quel qu*il soit pouvait être une
autorité fiouv Thonimeet une garantie pour la soe4M^ » Certes le génie d'un Socrate constatant des vérités telles que Ynnité tfun Dieu créateur, rémunérateur et vengeur, l'immortalité de l'âme et la loi éamtfmiêfç. eêie.^ devait exercer, comme elle exerce encore et exercera a jaioais sur tous les êtres inlellipMMl'inorattXt l'autorité complète de l'évidence, ikMnii àf» sentiment, de la conscience, de la rai*, sou universelle, c'esl-a-dtre l'autorité et la garantie ériBiillBèine, qui est la lumière et la source suprènie (le toute raison.
^^ésnatJ'Mtendait le premier disciple de Socrate, le
in. s